jeudi, 09 avril 2009
L'ouïe. [part V]

“UNDER THE SEA (subarashii)
Under the sea (its wonderful)
UNDER THE SEA (subarashii)
Under the sea (its wonderful)
akarui BIGIN no RIZUMU watashi no tame (minna no tame)
The cheerful beguine rhythm is for me (is for everyone)
ningen ni wa suna SANDO minna ni wa iki na JAZZ BAND
The humans have sand, we have a spirited jazz band
iki na JAZZ MAN itsumo SESSION subarashii
the spirited Jazzman's sessions are always wonderful
kawai DANSA FURIRU yurete subarashii
the cute dancer shakes with frill, its wonderful
WAIRUDO ni kimete HAPPY dakara saikou umi no soko
we've decided on wild and we're happy thats why its the best under the sea
koko wa saikou umi no kurashi UNDER THE SEA
here is the best, the liveliness of the sea under the sea”
[Under the Sea /アンダー・ザ・シー, The Little Mermaid]
~
Un monde musical ondule au logis de Petite Scheharazade. Les notes se glissent, ondoyantes et souples, dans chaque interstices. Serpents sinueux, elles s’enroulent et s’écoulent dans le boudoir.
Certaines – aux origines féeriques – glissent et rebondissent sur les vitres, les vitraux, les verres. Elles se sont échappées du conte Peau d’Âne et réinterprètent à leur fantasque façon cette histoire d’antan. Harpe, célesta et luth pénètrent avec grand fracas au palais de la jouvencelle. Valses et ritournelles ne sont plus alors des fariboles et le conte prend vie sous les yeux ébahis de la damoiselle.
Certaines viennent de fort loin. Ayant naquis dans un décor de carton de couleur rose bonbon, elles se métamorphosèrent sous les âpres coups de katana : de petites chenilles américaines elles devinrent papillons nippons. Onctueuses et suaves, incongrues mais charmantes, les mélopées nippones d’essence Disney coulent dans les oreilles comme du miel.
Au logis ces nouvelles mélodies ont établi leur nid. Petite Scheharazade n’a plus qu’à saisir sont filet à papillons et s’en aller quérir d’autres notes.
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lundi, 16 mars 2009
La vue. [part II]

« - Quelles sont vos qualifications ?
- J’ai fait Lettres, diplômé d’Harvard et j’ai beaucoup voyagé, j’ai traversé la Grande Peste Noire et ça m’a bien éclaté. J’ai vu l’Exorciste 2747 fois ! À chaque fois je me marre comme un bossu, qu’est ce qu’il est chouette ce film nom de Dieu ! Sans oublier que vous parlez à un type qui est complètement mort. Alors ça vous va ? J’ai les qualifications ? »
[Beetlejuice, Tim Burton]
~
Une odeur de soufre, un complet rayé et de la vermine grouillante, point de doute Beetlejuice est là !
Pour Petite Scheharazade le plaisant faquin était une vieille connaissance. Lorsqu’elle était fillette le drôle occupait l’étrange lucarne chaque mercredi matin. Ses noirs desseins et ses obscures extravagances ravissaient la demoiselle et l’entraînaient dans un monde bien fantasque.
Quelques printemps passèrent. Le spectral scélérat prit un jour figure humaine et s’échappa des limbes pour divertir de nouveau la belle. Petite Scheharazade avait alors adopté les bas rayés : réminiscence de l’enfance ou fantaisie de jouvencelle ? Nul ne sait. Un pendard lui en fit pourtant la remarque un jour. Un sourire cruel lui répondit et il ne dû son salut qu’à une bienveillance temporaire.
Un matin le sieur Beetlejuice abandonna sa tombe pour investir le logis de la damoiselle. Il s’en trouva fort aise et y resta. Petite Scheharazade retrouva ses funestes divertissements avec délice.
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lundi, 16 février 2009
Rencontre avec Mana

« Ringo no doku wa
Chiisana hagata ga ubai
Shojo no uso wa
Bansan no seki de nemuru »
(“The apple’s poison
Robbed by tiny teeth marks
A young girl’s lie
Sleeps at the banquet seat”)
[Kagami, Kanon Wakeshima]
~
Petite Scheharazade soupira, le cours n’en finissait point. Dans la petite salle lambrissée l’atmosphère était étouffante : une odeur aigre exhalait des corps entassés là depuis trois heures ; la buée obscurcissait les grandes croisées ; une moiteur étouffante oppressait les esprits. Les questions de plus en plus saugrenues fusaient.
Enfin Chronos secoua ses trois têtes, s’ébroua et fit retentir la petite cloche d’airain. Le cours était terminé.
Beaucoup plus tard, après avoir erré dans d’infâmes souterrains, Petite Scheharazade sillonnait de petites ruées serpentées qui montaient, ondulaient, perdaient les quidams dans des impasses sombres. Les tavernes allumaient leurs lanternes et les matrones remuaient leurs galimafrées avec de grosses cuillères de bois.
La demoiselle parvint enfin à destination. La petite salle de concert était encore fermée. Ses portes n’ouvraient que deux heures plus tard. Seuls trois cent élus pourraient pénétrer dans le saint sanctuaire. L’attente commença. Dans le froid.
Il semblait à Petite Scheharazade que la Reine des Neiges soufflait sa bise glacée sur tous ceux qui patientaient piteusement.
Enfin les lourdes portes furent ouvertes. Frissonnante, glacée, transie, Petite Scheharazade se réfugia dans l’antre obscur et faiblement éclairée, où émanait une douce chaleur. Lorsque les adeptes furent tous à l’intérieur du petit temple de musique, ils se regroupèrent autour de simples tréteaux de bois.
Soudain sous l’éclairage blafard apparut une silhouette sombre. Efflanquée avec une crinière sombre et un visage blafard semblable à un masque de nô, elle s’assit sans un mot. Mana, musicien nippon, ne parla qu’avec de lents gestes théâtraux. Une étrange aura émanait de son extravagante personne.
La maigre silhouette s’en fut sans un mot aussi promptement qu’elle était apparue. Une petite poupée désarticulée la remplaça. Elle était vêtue d’une longue toilette vermillon. Sa chevelure auburn auréolait son doux visage rond. Elle était accompagnée d’un magnifique violoncelle blanc. La mignonne mousmé empoigna son bel instrument et bientôt des notes mélodieuses subjuguèrent l’assistance.
Les vocalises de Kanon se turent peu après. Petite Scheharazade rejoignit Dame Sayà et les deux damoiselles s’échappèrent du petit sanctuaire, avant de s’évanouir dans la nuit rejoindre leur demeure respective …
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vendredi, 28 novembre 2008
" The Duchess "
“High rouged, unfortunate female of whom
it is not proper to speak without necessity.”
[Thomas Carlyle]
~
Il faisait froid et gris. Les souliers neige de Petite Scheharazade effleuraient à peine le pavé glacé. Sa pèlerine ébène voltigeait autour de ses jambes. Arrivée devant le sanctuaire des salles obscures elle patienta en rêvant tandis que les petites aiguilles de sa montre de gousset trottaient inlassablement. Deux de ses compagnes la rejoignirent, et les demoiselles entrèrent dans le petit sanctuaire. A l’intérieur, la pythie – certes un peu défraîchie – souriait.
Petite Scheharazade & ses compagnes pénétrèrent dans une salle sombre, faiblement éclairée par de modestes candélabres. Des fauteuils de velours cramoisi se dressaient en rang, fiers comme de petits soldats de plomb. Les jeunes filles s’y installèrent et le spectacle put débuter.
Il les emporta en Grande Bretagne, en 1774. Alors que sur le continent le Bien-Aimé trépassait dans d’atroces convulsions, dans un parc anglais de jeunes ladies & gentlemen folâtraient ensemble. Ainsi débuta l’histoire contée à Petite Scheharazade et ses compagnes.
Les toilettes et les parures de the Duchess enthousiasmèrent la Princesse. Pendant deux heures de tragédie, ce ne fut qu’une débauche de couleur pastel, de broderie satinée, de ruchés de dentelle, d’engageantes, de plumes et de perles, de rubans de satin, de fleurs de soie, de camées et de joyaux scintillants. Les décors charmèrent Petite Scheharazade avec leurs boiseries, leurs tentures chamarrées, leurs drapés soyeux, leurs corridors sombres, leurs multiples chandeliers, leurs coiffeuses sculptées, leurs immenses bibliothèques où dormaient des ouvrages dorés, leurs carrosses et chevaux fringants.
Le spectacle s’achevait tandis qu’une irrésistible envie de fête tourbillonnante, de vin de Champagne, de menuets, de jeu de pharaon ou de cavagnole, s’emparait de Petite Scheharazade.
La Princesse et ses compagnes quittèrent le sanctuaire des salles obscures l’esprit à la fête. La nuit venait de tomber sur la ville glacée. Les réverbères étaient allumés un à un. A Saint-Germain, les demoiselles allèrent d’échoppe en échoppe – l’une destinée aux étoffes du XVIIIe siècle, l’autre consacrée à la porcelaine, celle-là aux bougies, celle-ci à l’argenterie – rêver à leur future demeure …
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mercredi, 06 août 2008
"La Princesse-Grenouille"
‘Pendant qu'Ivan dormait, la princesse quitta sa peau de grenouille et se transforma aussitôt en une belle jeune fille. Elle ouvrit la fenêtre et vit une araignée qui tissait sa toile dans l'embrasure. Elle demanda:
« Araignée de la nuit,
S'il te plaît, donne- moi
Un peu de ton fil de soie. »
Et l'araignée lui donna du fil de soie. Puis elle dit à la lune :
« Lune de printemps
S'il te plaît, donne-moi
Un rayon d'argent. »
Et la lune lui donna un rayon d'argent. Puis la princesse-grenouille prit des fleurs dans un vase et avec tout cela elle tissa un tapis.’
[La Princesse Grenouille, Folklore russe]
~
Il était une fois une Petite Scheharazade qui s’en allait quelques jours dans un royaume lointain, un royaume aux mille églises et aux demeures moyenâgeuses, la terre de ses ancêtres.
Pour le voyage en carrosse rien de mieux qu’un beau et vieux livre de contes ; un de ces livres qui s’ouvre comme par enchantement, un de ces livres dont les pages se tournent seules dans un nuage de poudre scintillante, un de ses livres qui aiment vous conter ce qu’ils dissimulent.
En ces temps où le soleil luit avec abondance, il est agréable de se rafraîchir en esprit et de s’envoler dans la toundra enneigée. Rien de mieux que d’anciennes histoires russes qui parlent de grenouille, de magicienne, de princes et de princesses pour s’évader le temps d’un voyage …
Ici le Prince n’est point grenouille, mais s’il rechigne à embrasser sa promise verte l’hyménée est quand même célébré.
Ventre Saint Gris ! Monseigneur Disney a transposé l’histoire d’une drôle de façon ! Plouf !
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jeudi, 10 juillet 2008
" Into the Well "
Il était une fois une Princesse d'humeur bien sombre ; tout éclat avait quitté ses grands yeux. Deux mauvaises fées s’étaient invitées dans son palais et, depuis ne cessaient de la tourmenter. L’odieuse Anxiété et la démoniaque Fatigue lui susurraient les plus funestes présages. La Princesse était prête à tomber dans la plus terrible des apathies, sa bonne étoile même semblait avoir disparu.
Pourtant un soir, une petite étincelle de gaieté s’alluma en tremblotant. Un fruit enchanté –rouge, brillant, juteux à souhait – emporta Petite Scheharazade au Pays d’Andalasia, là où les fleurs parent la chevelure des demoiselles ; là où les plus belles des toilettes se confectionnent en une nuit ; là où on terrasse les dragons et autres vilénies avec une épée.
Pour s’évader quelques instants point besoin de plonger dans une bouche d’égout …
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mardi, 10 juin 2008
The Return of Indiana Jones
« L'archéologie est bien la plus noble des recherches, par sa minutie elle nous inculque la patience, par l'interprétation que l'on doit faire de nos découvertes, la sagesse. »
[Savino Di Lernia]
~
Le temps était triste et gris. Mais qu’importe ! C’était un temps d’aventure, de mystère et d’effroi.
Petite Scheharazade chaussa ses bottes, attrapa sa veste et remplit sa besace d’un grimoire, d’un carnet, d’une plume et de pièces d’or. La voilà parée pour une chasse au trésor effrénée.
Au cœur de la jungle urbaine les fauves de métal grondaient tour à tour, pressés de s’enfoncer dans cet enfer vert gris. Les indigènes se bousculaient vers la hutte du sorcier, qui semblait leur donner une mixture noire et fumante comme les Enfers, dans de minuscules récipients blancs. La Princesse arrêta un énorme pachyderme de fer, le dompta et s’installa sur son dos. En route pour l’Amérique du Sud, là où l’attendaient le Docteur Jones – un peu vieilli certes – et le séduisant Mutt, aux allures d’un Danny Zuko.
Et les voilà tous les trois en quête d’un fascinant crâne au cœur d’une jungle plus ou moins hostile que celle que Petite Scheharazade venait de quitter, et jusque dans une somptueuse cité inca. Petite Scheharazade apprit à se méfier des fourmis voraces ; à conduire un véhicule amphibie et à voler de liane en liane. Mais surtout, elle pût contempler le plus beau crâne qui fut et toute les merveilles archéologiques qui existent depuis la nuit des temps.
La quête achevée, il fallut bien rentrer. Petite Scheharazade quitta à regret Mutt et le Docteur Jones, puis regagna ses appartements.
Une pause thé était la bienvenue !
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mercredi, 23 janvier 2008
" Never forget, never forgive "
There's a whole in the world like a great black pit
And the vermin of the world inhabit it
And its morals aren't worth what a pin can spit
And it goes by the name of London .
Petite Scheharazade & Dame Gertrude se sont enfoncées, en fin d’après-midi, dans les bas-fonds londoniens, là où grouillent la vermine et des esprits bien plus diaboliques. Invisibles comme des créatures spectrales, elles se sont assises dans un coin sombre de la boutique de Mrs Lovett pour observer le drame sanglant qui se déroulait sous leurs yeux.
Le temps sembla suspendre son envol tandis que se jouait cet opéra macabre et sanglant à souhait. L’atmosphère glauque, sombre et magnifique donnait de délicieux frissons ; les tableaux en clair-obscur créés par les personnages étaient tout simplement magnifiques ; les toilettes et les costumes n’auraient pas dépareillés dans les garde-robes des deux demoiselles ; et les pie si savoureuses, si appétissantes semblaient avoir un succulent fumet d’interdiction.
Quant à leurs hôtes involontaires, Mr. Sweeney Todd & Mrs Lovett, ils furent grandioses dans leur machiavélisme, ironiques et sublimes dans leurs mélodies : deux souverains du Mal dont on partagerait bien le funeste sort.
Princesses de la Nuit et Marquis des Ténèbres prenez de la poudre de cheminette, d’escampette ou de fée, et envolez-vous voir cet opéra incomparable. Vous ne le regretterez point.
dimanche, 20 janvier 2008
The Princess & the Frog
Il était une fois dans un royaume de froidure et de neige un roi sage et très âgé. Il avait trois fils qu’il adorait, même si sa préférence allait au cadet : Ivan. Un jour, le roi fit venir les trois princes et leur dit :
« Mes fils, le temps est venu de prendre une épouse. Voici trois arcs, prenez-les et tirez chacun une flèche dans une direction différente. Là où elle tombera, votre fiancée sera. »
Chacun des princes tira sa flèche et s’en alla voir où elle était tombée. L’aîné pénétra ainsi dans le jardin d’une belle demeure. Elle appartenait à un général. Sa fille ayant ramassé la flèche, le prince aîné lui demanda de l’épouser. La flèche du puîné était tombée un peu plus loin, dans la cour d’un marchand. Sa fille ayant ramassé la flèche, le prince puîné lui demanda de l’épouser. La flèche du prince cadet était tombée fort loin, dans un marécage. Il la chercha fort longtemps et se lamentait de ne jamais trouver femme dans un tel lieu. Soudain il entendit une petite voix :
« Prince Ivan, voilà ta flèche. »
Il regarda autour de lui perplexe. Personne.
« Prince Ivan, regarde à tes pieds. »
Il regarda par terre et vit une petite grenouille qui tenait sa flèche.
Et la suite ?
C’est simple gente dame, gentil damoiseau, il suffit de trouver dans votre bibliothèque ce livre de conte russe et de vous plonger dans l’univers fabuleux d’Ivan & de Vassilissa, ou bien de patienter jusqu’en deux mille neuf pour connaître l’adaptation disneyienne …
Mais pour votre culture personnelle, pourquoi ne point faire les deux ?
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jeudi, 10 janvier 2008
" Rapunzel Unbraided "
Raiponce: « … And, I don’t believe in fairies … »
Il y a déjà fort longtemps que les fées avaient soufflé à l’oreille de Petite Scheharazade la venue prochaine ou pas de la Princesse Raiponce au Royaume de Disney. Et puis, le temps avait passé et cette perspective enthousiaste s’était estompée. Demoiselle Raiponce semblait tarder à montrer son joli minois et son opulente chevelure coûteuse en en onguents quand même ( !).
Et puis, un soir de janvier voilà qu’une messagère ailée du Petit Peuple vient trouver Petite Scheharazade dans sa Caverne pour lui annoncer que Raiponce daignerait sortir de sa tour enchantée au mois de juin de l’An deux mille neuf. Elle serait d’ailleurs une fervente admiratrice des œuvres du peintre Fragonard et en particulier de sa Balançoire.
Comment ça Mademoiselle c’est fort long à attendre ? Eh bien oui, c’est connu les Princesses savent se faire désirer voyons …
17:00 Publié dans Théâtre, Etrange Lucarne & Cabaret | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Princesse Raiponce, Princess Rapunzel, Disney movie, juin 2009, conte de fées, fairy tales




















