jeudi, 30 avril 2009

Un peu d'Extrême Orient

 

 

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« Insouciants et taciturnes,

Des Ganges, dans le firmament,

Versaient le trésor de leurs urnes

Dans des gouffres de diamant. »

 

 

 

[Rêve parisien, Baudelaire]

 

 

 

~

 

 

 

 

 

 

Un parfum d’Extrême Orient répandait ses arômes épicés dans le grisâtre ordinaire de Petite Scheharazade. Une pincée d’élégance nippone et un souffle de panache indien régalèrent la Demoiselle d’un peu de magie bigarrée.

 

 

 

Il y a quelques matinées une créature de bois, toute corsetée dans son yukata turquoise, fit son apparition au logis de Petite Scheharazade. A peine introduite par Monsieur Papa, la poupée kokeshi se nicha nonchalamment dans le petit musée de la Demoiselle. Moult curiosités nippones s’amoncelaient en un bizarre bazar. Les ouvrages dédiés au Pays du Soleil Levant côtoyaient un netsuke esseulé,  des baguettes échappées d’une taverne reposaient sur des peintures de hiératiques geisha, tandis qu’un encensoir de terre embaumait l’atmosphère.

La malicieuse créature de bois se hissa sur le plus haut rayonnage. De ce perchoir elle couvait du regard les appartements de Petite Scheharazade et, reine mutine, trônait sur cet univers fantasque.

 

 

 

Il y a quelques lunes, en quittant le Temps du Savoir tandis qu’il allait avesprir, Petite Scheharazade et son acolyte de débauche intellectuelle s’en furent s’encanailler dans quelque taverne indienne. Leurs entrailles hurlaient de faim comme si de grands couteaux les lacéraient de part en part. Au cœur du Quartier Latin, repère des poètes maudits et de la faune estudiantine, les jouvencelles s’attablèrent dans le premier estaminet du Rajasthan. Des tentures chamarrées ornaient les murs de pierre, les flammes des lumignons tremblotaient doucement et les odoriférants fumets épicés qui s’échappaient des marmites aiguisèrent l’appétit des deux jeunes filles.

Des timbales d’argent recouvrirent bientôt la minuscule table. Ce ne fut plus qu’une débauche de couleur, une orgie de parfums, une bacchanale d’épices : samosa de légumes, korma velouté, riz parfumé et chaud, fruits frais et délicats n’auraient point dépareillés à la table de Schâhriar.

L’escapade aux Indes s’acheva doucement sous une voûte étoilée lorsque les jouvencelles s’en allèrent chacune de leur côté, l’escarcelle recelant quelques modestes bâtons d’encens, présent  du cabaretier.

 

 

 

Mais la magie de l’Orient n’a point disparu du logis de Petite Scheharazade. Il suffit à la Demoiselle d’ouvrir un vieux grimoire à la tranche dorée, de déguster un thé à la cannelle ou bien de s’envelopper dans son étole marocaine et puis de rêver.

 

samedi, 28 février 2009

Mille & une nuits

 

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« C’est l’heure où le long crocodile

Languissamment s’étire et baille

Et fait glisser les eaux du Nil

Sur l’armure de ses écailles.

 

 

Il ouvre gaiement sa gueule mutine

Et sort une griffe ainsi qu’un gros chat,

Avale trois poissons qui passaient par là

Et va digérer sur l’onde opaline. »

 

 

[Alice au pays des merveilles, Disney]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

Il y a quelques lunes déjà le tapis volant de Petite Scheharazade s’agita. Il frémissait, voletait, tourbillonnait. Un désir de s’envoler vers la Porte du Sud, de traverser la Perse, de se poser en Mésopotamie, puis de se retrouver aux Indes. Cet irrésistible désir d’évasion contamina la demoiselle. Dans sa petite bibliothèque elle piocha un ouvrage sombre et doré. Elle s’installa sur un moelleux coussin cramoisi ; sur la petite table à opium brulait un bâton d’encens et fumait une tasse de thé. A moins que ce ne fut l’inverse.

 

 

L’obscurité venue, Petite Scheharazade  jeta sa pèlerine ébène sur les épaules. Une soirée enchantée se préparait au logis d’une amie : des lumignons luisaient dans l’obscurité éclairant les chatoyantes tentures orientales ; le pacha de la maison - un chat - somnolait sur des coussins ; de petits verres colorés scintillaient près des assiettes de faïence colorée ; sur l’âtre mijotait  un vaste chaudron, d’où s’échappait un délicieux fumet. L’enchantement des Mille & une nuits s’était installé là pour quelques heures.

 

 

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Petite Scheharazade et ses compagnes se lovèrent sur les coussins près du chat. Un liquide ambré et pétillant, des dattes et autres douceurs sucrées charmèrent les papilles des cinq damoiselles. Plus tard, tandis que les étoiles s’allumaient une à une, leur charmante hôtesse apporta le met tant convoité. Dans un large plat en bois reposait un couscous des plus appétissants concocté d’après une ancestrale recette. La semoule dorée dormait au fond et formait un lit savoureux sur lequel somnolaient de gros légumes dodus et colorés. Carottes, courgettes, potirons, pois chiches délicatement épicés exhalaient un parfum d’Orient.  

 

 

La nuit s’acheva avec un goût de délice interdit. Un fondant au chocolat bien chaud troubla les sens de Petite Scheharazade tandis que des macarons régalaient le palais des autres demoiselles. La maîtresse de maison offrit par la suite  à ses invitées de marque un verre de thé brulant, que les jeunes filles dégustèrent autour d’un narguilé en pépiant allégrement.

 

 

Petite Scheharazade rentra au petit matin ; le temps était doux et froid, les étoiles scintillaient joyeusement dans le firmament.

 

mardi, 17 juin 2008

Breuvage(s) magique(s)

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« Le café doit être noir comme l’enfer, fort comme la mort et doux comme l’amour. »

 

 

[Proverbe turc]

 

 

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Petite Scheharazade est théomane : sa grande tasse rose Sally emplie d’un délicieux breuvage fumant est sa meilleure alliée. Elle est là lorsque Petite Scheharazade travaille à son bonheur-du-jour ; elle est là lorsque Petite Scheharazade est plongée dans un ouvrage fascinant ; elle est là quand Petite Scheharazade est blottie au creux de son ottomane, devant les spectacles de l’Etrange Lucarne.

Une journée sans une tasse de thé et Petite Scheharazade dépérie ou devient démente, c’est selon.

 

 

 

Il y a peu, Petite Scheharazade a découvert les vertus du café noir : fort et revigorant, parfait pour ressourcer son corps et son esprit. Voilà la potion magique idéale pour la Princesse lorsqu’elle s’est plongée toute la journée dans ses manuscrits, et que le soir venu il faut se rendre à la Boutique de falbalas pour gagner de quoi remplir les coffres.

 

 

 

Mais, méfiance … il faut se méfier de ce breuvage noir et ne point trop en consommer. Les conséquences pourraient être désastreuses !

 

jeudi, 01 novembre 2007

Un dimanche féerique (suite & fin)

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La suite des aventures magiques de Petite Scheharazade & Dame Gertrude.

 

 

 

 

Avant de se rendre à Halloween Town, elles décidèrent de déguster un breuvage brûlant et réconfortant dans une gargote, n’ayant point assez de deniers pour déguster un thé Marie-Antoinette dans un Salon de Princesse. Si le cadre était agréable ; miroir doré et douce chaleur bienheureuse, il n’en fut pas de même de des individus présents. Tranquillement à leur papotage malicieux, Petite Scheharazade & Dame Gertrude furent indisposées par des harpies négligées, vulgaires et grossières qui, faisant fi de toute délicatesse, tempêtèrent pour s’emparer de leur place. Mais, nullement impressionnées par ces donzelles de seconde catégorie, sans classe ni grâce aucune, Dame Gertrude et Petite Scheharazade n’obtempérèrent point et s’en furent la tête haute sans céder à ces furies, seulement après avoir terminé leur collation.

 

Ayant ensuite pris congé de Jack et Sally, nos deux princesses allèrent flâner dans une boutique de beauté, puis elles s’attardèrent dans l’Echoppe Disneyienne qui regorge de Mille & une Merveilles Féeriques. Des trésors leur firent les yeux doux, comme un coquin Chat de Cheschire ou une Fée Minnie, cependant elles résistèrent héroïquement à la tentation, et s’en furent les mains vides, mais des paillettes dans les prunelles, enchantées de cette journée féerique entre princesses.

 

samedi, 20 octobre 2007

Once upon a time a party

 

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Pour une Princesse-fée les soirées magiques sont comme les joyaux de son diadème : rares mais éclatantes et indispensables.

Aussi, lorsque une amie artiste vous invite dans son petit pied-à-terre exotique, dans le but de vous présenter à ses amis japonais et accessoirement deviser joyeusement art & Pays du Soleil Levant, votre seule réponse se trouve être : haiiiii, pardon ouiiiii.

 

 

Donc, en ce vendredi soir, pourtant maussade à cause de l’ignoble « cessation collective et concertée du travail » de certaines personnes, Petite Scheharazade s’en va la tête dans les nuages et le sourire aux lèvres vers Montmartre.

L’atmosphère du petit logis est propice à l’évasion ; mille & une bougies scintillent, le parquet craque, l’air embaume l’encens et les épices, une table basse et des coussins propices à la conversation. Les deux invités nippons, la charmante maîtresse de maison et Petite Scheharazade prennent place autour d’agapes savoureuses et d’un verre de vin : kampai ! Le dîner peut débuter.

 

La soirée dévoile ses merveilles d’heure en heure avec ses délices culinaires orientaux, ses rires et ses questions sur le Japon. Plus tard, Morphée nous rappelle à l’ordre  de même que le tintement de l’horloge.

A l’aube, Petite Scheharazade ferme ses prunelles un sourire aux lèvres ; quelle soirée féerique !

jeudi, 18 octobre 2007

Un mauvais mercredi

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Il y a des jours comme ça où une princesse devrait suivre la petite voix magique qui tout en tintant à son oreille, lui murmurait de rester bien au chaud dans sa couche royale d’ébène, blottie parmi tous ces coussins douillet. Hélas non, consciencieuse elle s’est levée.

 

 

 

Une journée désastreuse

 

Acte I

3 h 30 : la sonnerie stridente du réveil pourtant rose se met à rugir.

 

3 h 32 : la princesse saute au plafond ouvre une paupière encore endormie.

 

3 h 34 : la princesse file dans la salle des ablutions afin d’émerger de sa torpeur.

 

3 h 53 : la princesse sort de la salle de bain environnée d’un nuage parfumée de fleur de tiaré     

             & de bambou.

 

4 h 00 : les domestiques qui n’existent que dans son imagination étant encore au Pays des   

             Rêves, il faut nourrir le chat qui fait entendre son impatience. Madame la reine féline

             n’aime point attendre.

 

4 h 30 : la princesse achève son petit déjeuner.

 

5 h 03 : pimpante elle est prête à s’envoler de la demeure.

 

5 h 25 : emmitouflée, chaussée et parée de sa musique, la princesse risque une botte dehors.

             La morsure du froid lui fait regretter l’abri apaisant de son lit.

 

 

 

 

Acte II

6 h 00 : silhouette transie parmi les autres figures humaines, Petite Scheharazade monte dans

             Le Cheval à vapeur et s’effondre s’assied élégamment sur son fauteuil. Les roulis de

             la course l’endorme.

 

7 h 17 : arrivée fracassante en gare. Pitié, il y en a qui dorme !

 

7 h 21 : Petite Scheharazade apprend qu’à cause de la méchanceté de la Secte Nullement

             Cordiale et Futile, ainsi que de la malveillance de la Reine Abominablement

              Traîtresse et Pourrie, jeudi après- midi elle ne pourra point se rendre dans un salon

              de thé chic et élégant pour papoter avec Princesse Audrey & ses amies.

              Ô rage, je suis anéantie, déçue, triste !

 

7 h 40 : la princesse émerge des entrailles de la Terre. Damned ! La pluie est là.

 

7 h 43 : devant l’imposante Sorbonne c’est l’attente. Sous la pluie. Et pas de parapluie. A

             l’intérieur les portiers, au chaud, au sec, attendent pour nous ouvrir. Re-damned ! J’ai

             froid et ma chevelure commence à onduler.

 

7 h 51 : enfin. Ouverture des lourdes portes du Palais du savoir & de la connaissance.

 

8 h 00 : dans un amphithéâtre de bois, le premier cours débute. Petite princesse a envie de

             s’endormir. Mais il fait froid.

 

9 h 00 : second cours au même endroit.

 

9 h 40 : j’ai faim. Mon estomac hurle. Tais-toi imbécile, c’est inélégant. Il s’en moque.

 

10 h 17 : Petite Scheharazade se rend dans l’immense bibliothèque pour étudier. Les minutes

               semblent s’éterniser inexorablement.

 

12 h 00 : enfin, c’est l’heure officiellement décente pour déjeuner. L’en-cas est vite grignoté.

 

14 h 47 : Petite Scheharazade apprend de mauvaises nouvelles concernant son emploi du

               temps. Il est encore à modifier. [sic]

 

15 h 00 : le cours sur l’art du XVIIe débute. Intéressant.

 

16 h 59 : il se termine bientôt.

 

17 h 07 : mais euuh, il devrait déjà être achevé, sinon le Cheval à vapeur va s’en aller sans

               moi.

 

 

 

 

 

Acte III

17 h 17 : Petite Scheharade cours autant qu’elle le peut avec des talons dans les entrailles de

               la Terre.

 

17 h 31 : ouf, le Monstre d’acier est toujours là.

 

18 h 35 : le bougre s’est arrêté sans raison en pleine voie.

 

18 h 37 : la moitié du wagon embête l’autre moitié en se levant trois heures avant d’entrer en

               Gare. Ces gougnafiers aiment attendrent debout. A moins qu’ils aient envie de sauter

                en marche.

 

18 h 50 : au milieu de la multitude braillarde, Petite Scheharazade est debout dans ce serpent

               qui avance trèèès lentement.

 

19 h 00 : la princesse reprend ce couplet des années lycée « j’ai faim, j’ai froid et je suis

               fatiguée ».

 

19 h 18 : enfin, la porte de la demeure familiale apparaît. Petite Scheharazade franchit ce

               havre de paix.

 

21 h 04 : Petite Scheharazade allume son écran magique et ouvre sa boîte à messages. Tiens,

           qui est cet individu qui m’écrit ? Oh non, le professeur d’anglais. Nouvel exposé à faire

           pour la semaine suivante ! Mais pourquoi les professeurs ont-ils eux aussi été touchés

           par le Génie de la technologie ??