mardi, 06 janvier 2009
"La Reine des Neiges"

« Quelques flocons de neige tombaient au- dehors et l’un de ceux-ci, le plus grand, atterrit sur le rebord d’une des caisses de fleurs. Ce flocon grandit peu à peu et finit par devenir une dame vêtue du plus fin voile blanc fait de millions de flocons en forme d’étoiles. »
[La Reine des Neiges, H.C Andersen]
~
C’était le matin, nul murmure ne se faisait entendre dans le logis, aucun bruissement, aucun chuchotis. Les réjouissances semblaient bel et bien terminées.
Les yeux encore embrumés de sommeil, Petite Scheharazade quitta sa couche confortable à regret et s’étira comme un chat. Elle ouvrit la croisée : une immense clarté illumina le boudoir. Un manteau de sucre glace recouvrait les jardins. Mille & un petits flocons de neige tourbillonnaient dans les cieux.
Plus tard, enveloppée dans sa pèlerine ébène et chaussée de ses bottines Belle-Epoque, Petite Scheharazade s’en fut dans les rues givrées. Les flocons blancs dansaient dans sa chevelure. Et la Demoiselle souriait.
Il y avait fort longtemps que Gaïa n’avait point revêtu son manteau de neige …
07:00 Publié dans Moi, Je & mon égoïsme | Lien permanent | Commentaires (45) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : neige, snow, princesse, reine des neiges
jeudi, 01 janvier 2009
" Be Our Guest "

« On vous prépare avec art,
Une fête à vous couper le sifflet.
Vous êtes seule, et pas fière,
Mais mam'selle, laissez-vous faire !
Y'a pas de cafard, y'a pas de déprime,
Quand les assiettes sont des copines !
J'ai la cote pour jongler,
Avec mes potes chandeliers
[…]
Un dîner aux chandelles ?
Mais tout est prêt pour la demoiselle.
Bombes glacées, Champagne au frais,
Nappes empesées, dans ma corbeille.
Au dessert, je ferai du thé,
C'est ma grande spécialité. »
[C’est la fête, Lumière & Mrs Samovar]
~
Dans le grand tombeau vide qu’était la demeure les candélabres, un par un, se rallumèrent. Dans l’âtre noir et lugubre soudainement les flammes entamèrent un quadrille endiablé. Les mille et un petits lumignons ornant l’arbre de Décembre reprirent vie. Un souffle de vie réveillait la demeure ; près de la cheminée le chat noir s’étirait en baillant, les spectres de la mélancolie s’effaçaient et l’air embaumait la cannelle et le gingembre.
Leurs Majestés étaient de retour.
Dame Reine apportait à Petite Scheharazade une chatoyante toilette tissée par ses soins. Une jupe taillée dans la plus belle étoffe de taffetas pourpre, aux reflets changeants.
En un coup de baguette, la Demoiselle se trouva parée de cette jupe chamarrée. Un corsage ébène orné de dentelle blanche et les souliers de la Fée Vivienne complétaient sa toilette de bal. A ses oreilles brillaient deux minuscules perles blanches. Pures. Immaculées.

Petite Scheharazade pénétra dans le salon de réception comme dans un rêve. La longue table de bois étincelait sous la porcelaine blanche et les verres de cristal. Mille chandeliers éclairaient la scène de leur douce chaleur. Bientôt des agapes royales apparurent dans des plats d’or ; saumon, lait de coco, asperges, petits pains chauds, nougat des fées, chocolats, vins fins et vin de Champagne étourdirent les estomacs affamés. Tandis que les convives devisaient, on entendait des mélopées russes envoûtantes, charmantes.
Cette nuit féerique murmurait les délices qui attendaient Petite Scheharazade en cette nouvelle année …
12:12 Publié dans Mondanités | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvel an, soirée féerique, réveillon, contes de fées, princesse, bal, merveilles
jeudi, 11 décembre 2008
Histoire d'un muffin
« Soon her eye fell on a little glass box that was lying under the table: she opened it, and found in it a very small cake, on which the words ‘‘EAT ME’’ were beautifully marked in currants. »
[Lewis Carroll, Alice’s Adventures in Wonderland]
~
Tandis que contrariétés et tourments tombent en cascade ces jours-ci, il n’y a rien de plus plaisant que de savourer un petit muffin chocolaté au petit déjeuner. Un délice fondant concocté - dans les arcanes sombres des cuisines - par Madame Mère uniquement pour son aînée.
Il n’y a rien de plus plaisant que de recevoir une épître que l’on n’attendait point. Un bref instant on se prend à rêver au cercle de Madame du Deffand.
Il n’y a rien de plus plaisant que de rencontrer un gentleman galant qui accompagne une Princesse perdue sur le bon chemin, et qui lui prête même un coin de son parapluie.
Il n’y a rien de plus plaisant que de voir voltiger des flocons blancs, tandis que les rues embrumées scintillent dans la nuit.
Les perfidies s’en trouvent comme anesthésiées. L'espace d'un instant.
07:00 Publié dans Agapes & Grands Soupers | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fondant chocolat, muffin, reine mère, princesse, tiara, étoiles, petits bonheurs
lundi, 17 novembre 2008
Scheharazade ou l'étrange échoppe
« Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l’orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,
[…] »
[Baudelaire]
~
Dans sa tour d’ivoire au milieu de mille bougies Petite Scheharazade lisait les aventures du valeureux Sinbad, de la belle princesse de Deryabar ou du vaillant Khodadad. Près d’elle fumait un breuvage brûlant au réglisse et à la cannelle. Sur la coiffeuse, parmi les pots à onguents, les flacons de parfums enivrants et les rubans, une nouveauté siégeait.
Lové au creux d’une coupelle de porcelaine un savon sinople reposait. Sa senteur capiteuse et douce emplissait l’atmosphère du boudoir, se mélangeant aux effluves de cannelle et de réglisse.
Laissant son esprit vagabonder Petite Scheharazade se remémora l’étrange échoppe d’où provenait ce pain parfumé.
Dans une rue bien morne elle se dressait – efflanquée - entre deux médiocres bâtisses. Par la porte de cristal entrouverte s’échappaient souvent des arômes sucrés, suaves et épicés.
Lorsqu’elle passait devant, Petite Scheharazade pouvait entrevoir quelques silhouettes qui emplissaient leur panier d’osier d’ingrédients divers. C’était certainement quelques sibylles et sorcières, maints enchanteurs et nécromanciens. En pénétrant dans ce bazar la Demoiselle fit tinter la petite cloche de cuivre accrochée à la porte. Sur des étagères vermoulues s’entassaient des denrées appétissantes, des poudres mystérieuses, des flacons tarabiscotés, des graines de diverses tailles et de diverses formes. Au plafond pendaient de curieux bouquets, le comptoir de la boutiquière n’était en fait qu’un gigantesque aquarium où nageaient moult créatures marines. Heureusement nulle sirène n’y était captive. La prêtresse de ce lieu étonnant était une vieille femme au visage émacié et ridé. Sa chevelure argentée ondulait sur ses épaules étiques. Ses lèvres sèches dessinaient un rictus de bienvenue.
Le choix de Petite Scheharazade se porta sur un petit savon d’Alep et sur des graines de lin – utiles pour de quelconques enchantements. Malheureusement son aumônière ne contenant que quelques deniers, la Princesse se ravisa et n’emporta que le savon oriental. Elle salua la vieille prêtresse et s’en fut.
De retour au palais, Petite Scheharazade déposa le précieux savon dans son boudoir, au milieu des effets dédiés à ses ablutions, et elle se replongea dans les déboires du Prince Zeyn Alasnam.
07:00 Publié dans Fards & ablutions | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : savon d'alep, orient, contes des mille & une nuits, scheharazade, princesse, prince, baudelaire
vendredi, 07 novembre 2008
Alice's life
« Ce n’est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l’imagination. […] Ce qu’il y a d’admirable dans le fantastique, c’est qu’il n’y a plus de fantastique : il n’y a que le réel. […] Le merveilleux est toujours beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau. »
[Manifeste du Surréalisme, André Breton]
~
Mystères et étrangetés sévissent dans les moindres recoins. Il suffit d’y prendre garde et le plus insignifiant des terriers peut se révéler être un passage vers le Pays des Merveilles. Pour Petite Scheharazade les singularités qui surgissent au quotidien sont rarement le fruit de son imagination parfois trop fertile.
Il y avait quelques lunes déjà que la Demoiselle s’était rendue au domaine de Fontainebleau. Une petite escapade aristocrate pour goûter aux diverses compositions hétéroclites qui constituent le château. Si la demeure royale recèle moult merveilles, elle n’en présenta pas moins à Petite Scheharazade en matière de singularités.
Au détour d’un escalier de pierre la Princesse se retrouva à l’entrée d’une longue et sombre galerie. Seule une large fenêtre offrait un cône de lumière. Au plafond devisaient des nymphes et des Héros de la Mythologie ; les murs étaient chargés de rayonnages de bois où s’entassaient plein de vieux grimoires… Mais le plus curieux était ce qui y trônait. Un éléphant - sorti tout droit d’un conte indien ou bien réchappé de l’ère glacière – s’amusait à faire l’équilibriste dans le seul but de narguer les incrédules et les bien-pensants. Comment, vous ne saviez point que les éléphants étaient des créatures malicieuses ?
Dans la demeure même de Petite Scheharazade les étrangetés y ont leur place.
A minuit lorsque chante l’horloge de mystérieuses mélopées s’échappe de la salle des ablutions. Des cantiques ou bien les vocalises d’une cantatrice ? La Princesse ne le sait. Peut-être qu’un fantôme de l’Opéra y a désormais élu domicile…
La saison de Halloween est peut-être achevée, mais les étrangetés sont heureusement toujours là.
07:00 Publié dans Le cabinet de curiosités | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eléphant, fontainebleau, étrangetés, conte, fantôme, surréalisme, princesse
dimanche, 02 novembre 2008
" This is Halloween "

« La reine n’avait empoisonné la pomme que d’un seul côté, le côté rouge, le plus appétissant : Elle la coupa en deux et tendit la partie empoisonnée à Blanche Neige, tout en mordant dans l’autre. Rassurée, la jeune fille la porta à sa bouche. Elle ne l’eut pas plutôt mordue qu’elle tomba comme morte. La reine eut alors un rire diabolique. »
[Blanche Neige, Grimm]
~
C’était une nuit sombre et venteuse. C’était une nuit belle et lugubre. C’était la nuit de Samhain.
Un carrosse couleur de la nuit emportait Petite Scheharazade vers le lointain. La demoiselle se rendait à la demeure familiale de Dame Gertrude. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine de quelque conte ancien ; un corsage de voile noir faisait paraître encore plus pâle sa peau, un jupon de dentelle noir et blanc tombait sur des bas rayés, et ses cheveux dansait librement sur ses épaules. Sur sa gorge, une petite sorcière d’argent étincelait dans la nuit.
Nul cri strident n’annonça son arrivée, ce fut plutôt le bruit sourd et mat du heurtoir sur la porte de chêne qui le fit. Bientôt la lourde porte se referma sur la Princesse.
Petite Scheharazade déposa ses effets dans les appartements qui lui avaient été attribués, puis rejoignit Dame Gertrude dans son boudoir. Les deux damoiselles devisèrent de choses et d’autres tandis qu’un appétissant fumé s’échappait des cuisines… Plus tard dans la soirée Petite Scheharazade & Dame Gertrude descendirent dans la salle de réception. Au milieu de la pièce - sous le lustre - une longue table recouverte d’une nappe brodée invitait les convives à un étrange festin sucré. Près des bougies et des citrouilles grimaçantes trônaient tarte aux pommes, gâteau aux poires, crêpes brunes, fruits exotiques et pommes rouges ; dans les flûtes chantait un breuvage doré et pétillant ; dans la cheminée dansaient de longues flammes oranges.
Par la suite, Petite Scheharazade & Dame Gertrude s’installèrent sur le sofa ébène, arrangèrent leurs jupes autour d’elles et se servirent une tasse d’un certain filtre brûlant. Elles se laissèrent bercer par les contes macabres du Sieur Burton avant de rejoindre Morphée et le pays des Songes …
00:00 Publié dans Mondanités | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : halloween, samhain, princesse, snow white, witch, citrouille, pomme
jeudi, 30 octobre 2008
Breuvage épicé
« Ite-cho ono ga tamashii oute tobu
Dans la froidure un papillon
A tire d’aile
Poursuit son âme »
[TAKAHAMA Kyoshi]
~
Les larmes de pluie se sont taries, les vitres humides se sont asséchées. Le vent froid exhale son souffle glacé qui tente de s’introduire par les interstices des fenêtres. Le sol est jonché de feuilles d’or en décomposition et autres charognes.
Dans les tréfonds des cuisines du palais, le fourneau ronronne doucement tandis qu’une douce chaleur crée une bulle rassurante. Petite Scheharazade est là. Elle a déserté un petit moment ses appartements froids, ses parchemins et ses grimoires à la recherche d’un breuvage brûlant.
Dans une jatte de cuivre, la Demoiselle versa du lait mousseux et parfumé. Elle regarda les flammes du fourneau pourlécher la bolée cuivrée en crépitant. Lorsque le liquide laiteux se fit onctueux, Petite Scheharazade le versa dans un petit réceptacle en terre. Sur la plus haute étagère elle prit une petite boîte dans lequel étaient dissimulées quelques écorces de Ceylan. La Princesse saupoudra le nectar avec une pincée de cannelle. Le divin breuvage brûlant était fin prêt.
De retour dans ses appartements, Petite Scheharazade rouvrit son grimoire et dégusta ce philtre venu du fond des âges en se replongeant dans les frasques du Bien Aimé.
07:00 Publié dans Agapes & Grands Soupers | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lait, cannelle, épices, breuvage, filtre, princesse, cuisine.
samedi, 25 octobre 2008
Mermaids & pastels
« Que de nuits elle passait debout à la fenêtre, scrutant la sombre eau bleue que les poissons battaient de leurs nageoires et de leur queue. Elle apercevait la lune et les étoiles plus pâles il est vrai à travers l’eau, mais plus grandes aussi qu’à nos yeux. »
[La Petite Sirène, H.C Andersen]
~
Malgré les intempéries automnales Petite Scheharazade a sorti son costume bleuté de naïade de la garde-robe et l’a glissé dans son sac à malices.
A peine sortie du Temple du Savoir en compagnie de camarades de classe, la Princesse se dirigea d’un pas dansant vers un bassin aquatique. Son sang de sirène bouillonnant en elle, la demoiselle se glissa avec délice dans l’eau turquoise. Le bassin contenait une population fort nombreuse en dépit de sa petitesse.
Qu’importe, Petite Scheharazade s’élança et retrouva les mouvements gracieux des différentes nages de son enfance.
Si la demoiselle avait du sang de sirène, un certain quidam avait du sang de mufle. Non content de nager sans élégance, avec médiocrité et moult éclaboussures, le gougnafier ne supporta pas que Petite Scheharazade éclipse ses talents de marsouin. Sans vergogne il osa reprocher à la Princesse la célérité de son crawl. Il fut bien chanceux de ne point se trouver face à une demoiselle sans éducation, qui préféra un froid mépris au violent soufflet qu’il méritait.
De retour au Palais, Petite Scheharazade prit quelques feuilles parcheminées et sa petite boîte de pastels nippons. L’odeur particulière et la texture de ses crayons gras plaisaient depuis toujours à la Princesse. De plus cette petite boîte blanche estampillée Sakura avait appartenu autrefois à sa Mère. Un précieux écrin qui soulignait le lien artistique entre la damoiselle et la Reine.
C’est le portrait d’une autre sirène qui naquit sur le parchemin bleu, tandis que le rouge flamboyant de sa chevelure le disputait à la flamme de la bougie qui tressautait.
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mercredi, 15 octobre 2008
"Le Château des Carpathes"
« Château abandonné, château hanté, château visionné. Les vives et ardentes imaginations l’ont bientôt peuplé de fantômes, les revenants y apparaissent, les esprits y reviennent aux heures de la nuit. […] Sur ce plateau isolé, qui est inaccessible, excepté par la gauche du col de Vulkan, il n’était pas douteux qu’il abritât des dragons, des fées, des stryges, peut-être aussi quelques revenants de la famille des barons de Gortz. »
[Le Château des Carpathes, Jules Verne]
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Il ne fait point bon d’être – trop – oisive. C’est Madame la comtesse de Ségur qui l’affirme. Si.
Petite Scheharazade a rouvert sa malle ancienne, cette malle de voyage où elle dissimule ses carnets de voyages et ses couleurs, pour en ressortir parchemins et boîte d’aquarelles. Cette insignifiante petite boîte noire de métal cache en son sein quelques godets de couleurs ; terre de sienne, vermillon, bleu cobalt, noir ébène, entre autres. Pour son seizième anniversaire une « jeune Princesse » avait eu un sommeil de Cent Ans comme présent. Petite Scheharazade avait eu, elle, cette petite boîte de métal, et quelques pinceaux aussi. Ce fut moins ennuyeux pour elle.
La Demoiselle s’installa à son bonheur-du-jour, y étala papiers et peintures. Et commença à gribouiller. Près d’elle fumait une grande tasse de thé épicé et les mélopées de Casse-noisettes virevoltaient dans la pièce.
Un château sombre se dessina sur le grain du papier et pris bientôt place dans les appartements de Petite Scheharazade près des licornes de Monsieur Moreau et autres facéties.
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jeudi, 11 septembre 2008
"Le Fait du prince"
« Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate. »
[Amélie Nothomb]
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La faim de livres était toujours aussi forte pour Petite Scheharazade. Cette douleur lancinante avait été ravivée au cours d’une petite plongée au cœur de sa bibliothèque : La Nuit des rois achevée, il fallait bien se mettre quelque chose sous les quenottes.
Le met raffiné qui allait rassasier la Princesse lui fit servi sur une assiette de porcelaine. Un tableau onirique où pleuvent des étoiles, scintille une couronne et nagent des nénuphars, ne pouvait qu’attirer Petite Scheharazade. Cette vision enchantée recelait des litres de vin de Champagne, un Prince et des désirs d’aventures.
Selon la gazette du Royaume, l’auteur de ce Fait du Prince sévissait en début de soirée sur la plus belle avenue du monde.
Petite Scheharazade s’installa devant sa coiffeuse, peigna ses cheveux de soie, laissa tomber quelques gouttes de sang sur ses ongles et orna sa gorge de sa montre de contes.
La soirée fut fort longue, heureusement que la Princesse avait reçu le don de la patience (ou pas). Une mauvaise fée, à moins que ce ne soit un vilain gnome, s’était arrangée pour que le Temps s’étire à l’infini : dans la clepsydre l’eau semblait s’écouler lentement.
Enfin, Petite Scheharazade eut l’occasion d’aller saluer Dame Amélie, magnifique dans une toilette de velours noir aux longues manches flottantes.
La Princesse regagna dans la nuit son Palais exténuée et affamée. Il était temps de se sustenter d’un peu de nourriture terrestre, car la nourriture spirituelle n’est pas la seule essentielle …
07:00 Publié dans Grimoires & Parchemins | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le fait du prince, amélie nothomb, dédicaces, couronne, princesse, vin de champagne














