jeudi, 11 septembre 2008

"Le Fait du prince"

 

PICT2352.JPG

 

 

 

« Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate. »

 

 

[Amélie Nothomb]

 

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

La faim de livres était toujours aussi forte pour Petite Scheharazade. Cette douleur lancinante avait été ravivée au cours d’une petite plongée au cœur de sa bibliothèque : La Nuit des rois achevée, il fallait bien se mettre quelque chose sous les quenottes.

 

 

 

Le met raffiné qui allait rassasier la Princesse lui fit servi sur une assiette de porcelaine. Un tableau onirique où pleuvent des étoiles, scintille une couronne et nagent des nénuphars, ne pouvait qu’attirer Petite Scheharazade. Cette vision enchantée recelait des litres de vin de Champagne, un Prince et des désirs d’aventures.

 

 

 

Selon la gazette du Royaume, l’auteur de ce Fait du Prince sévissait en début de soirée sur la plus belle avenue du monde.

Petite Scheharazade s’installa devant sa coiffeuse, peigna ses cheveux de soie, laissa tomber quelques gouttes de sang sur ses ongles  et orna sa gorge de sa montre de contes.

 

 

 

La soirée fut fort longue, heureusement que la Princesse avait reçu le don de la patience (ou pas). Une mauvaise fée, à moins que ce ne soit un vilain gnome, s’était arrangée pour que le Temps s’étire à l’infini : dans la clepsydre l’eau semblait s’écouler lentement.

Enfin, Petite Scheharazade eut l’occasion d’aller saluer Dame Amélie, magnifique dans une toilette de velours noir aux longues manches flottantes.

 

 

 

La Princesse regagna dans la nuit son Palais exténuée et affamée. Il était temps de se sustenter d’un peu de nourriture terrestre, car la nourriture spirituelle n’est pas la seule essentielle …

 

 

 

 

 

 

lundi, 08 septembre 2008

"J'ai faim"

 

old library 2 (2).JPG

Un petit questionnaire de lecture avec de vrais morceaux de livres dedans…

 

 

 

 

Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Une méridienne moelleuse et soyeuse, une petite Princesse et son petit frère cadet blotti contre leur Père qui leur narrait les incroyables et merveilleuses aventures des seigneurs de la Table Ronde. La voix, les mots faisaient surgir dans le salon l’illustre Arthur, le valeureux  Lancelot et la maléfique Morgane. Tandis que Madame Mère était plongée dans un énième volume d’Agatha Christie.

 

Plus tard, une petite salle de classe dans une vieille école. Cela sent le parquet ciré, la poussière de craie et la pluie. C’est le Temple du Savoir, celui qui permettra enfin à Petite Scheharazade de percer le mystère des livres …

 

 

Les premières lectures préférées d’une petite fille ?

Moult ouvrages enfantins : les perles merveilleuses de Roal Dahl qui, avec de simples mots sait créer des mondes enchantés et étranges ; les extraordinaires aventures de Fantômette et de Langelot, celles d’Alice, du Club des Cinq, du Clan des Sept ou encore des Sœurs Parker. Sans omettre tous les livres de contes de fées que Petite Scheharazade peut dévorer ; les sombres histoires de Monsieur Andersen, les féeries du Sieur Perrault et les fantaisies des Frères Grimm, les étrangetés de Messieurs Barrie et Carroll. Petite Scheharazade découvre aussi émerveillée le charmant univers de Madame la comtesse de Ségur, là où chaque petite fille porte des rubans dans les cheveux, reçoit des poupées de porcelaine aux longs cils et s’en va à la cueillette de châtaignes.

 

 

 

 Votre conte préféré ?

Choix difficile que celui là …

 La Petite Sirène de Hans Christian Andersen. Un univers maritime enchanté, un palais de cristal, des sirènes, une petite princesse qui veut voyager et s’envoler pour un monde étrange.  Une héroïne qui renonce à son monde, à sa nageoire et à sa voix pour obtenir ce qu’elle souhaite, et qui en plus réussit à réaliser son rêve …

Le Bal des douze princesses des Grimm. Douze charmantes princesses ne s’en laissent point conter par les prétendants et réussissent chaque soir à déjouer la vigilance de leur chaperon pour s’éclipser au bal… Un endroit merveilleux où les feuilles des arbres sont d’or et parfois de diamant.

Finist le beau Sokol.  L’imaginaire russe où foisonnent Prince, Princesse, neige, traîneau, Baba Yaga, œufs magiques et forêts sombres …

 

 

 

 La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
 

De bonnes adaptations sont difficiles à trouver, l’esprit de l’auteur est soit complètement oublié, soit dénaturé, les personnages ne correspondent point du tout ou bien la mise en scène est trop terre à terre.

Heureusement, il existe quelques perles dans le monde de l’Etrange Lucarne : la série policière britannique Hercule Poirot qui recrée parfaitement l’univers de la Grande Dame du Crime – David Suchet est le meilleur représentant du détective belge, les manoirs sont sombres et beaux, les costumes époustouflants et les intrigues fort bien menées.

 

 


Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?

Tudieu, non. Mais, Petite Scheharazade note dans ses grimoires les morceaux des ouvrages qui lui plaisent, ceux qui sont beaux, cruels ou lorsque les mots coulent comme du miel. 

 

 

 

Avez-vous plusieurs lectures sur le feu ?

La table de chevet de Petite Scheharazade croule sous les livres : un peu de XVIIIe siècle avec Bleu de Sèvres de Jean-Paul Desprat, un peu de grandeur shakespearienne avec Twelfth Night. Et d’autres ouvrages fort fascinants …

A déguster avec un thé enivrant et une bougie parfumée :

 

« La favorite avait repris la mode de recevoir dans son lit, qui avait été autrefois celle des ruelles à l’époque des précieuses, mais elle l’avait agrémentée des manières canailles des grisettes, en se faisant servir son chocolat en public. Elle était inimitable de grâce dans ses grands peignoirs de soie à ramages de trois tons verts, beurrant elle-même et tartinant de miel ses rôties, roulant entre ses doigts fins le mousseur de la chocolatière avant d’en verser le liquide d’ambre odorant dans sa petite tasse de Sèvres. »

 

 

 Le poète que vous ne cesserez jamais de relire ?

 

 Le dandy maudit Baudelaire pour l’esthétisme de sa plume, l’Horreur mêlée à la Beauté et les rêves de voyage :

 


« Comme un navire qui s’éveille
         Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
         Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
         De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
         L’or avec le fer. »

 

 


Le plaisant Saint John Perse qui sait jouer avec les mots, comme une petite fille joue avec des perles :

 

« Fut embaumée, fut lavée d'or,
Mise au tombeau dans les pierres noires:
En lieu d'agaves, de beau temps,
Avec ses cages à grillons
Et le soleil d'ennui des Rois. »

 

 

 

 

Le livre lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Petite Scheharazade a un solide appétit et les livres qui lui plaisent sont rapidement dévorés. Si ce n’est point le cas c’est que l’ouvrage n’en vaut pas la peine, ou que la Princesse est enfermée dans une tour.




 Le(s) livre(s) qui ne sont jamais rangés dans la bibliothèque et qui traînent toujours ?

Un trésor, présent d’anniversaire, qui trône sur la table de chevet de la Princesse depuis le Troisième Jour du Troisième mois : le bel ouvrage rouge et or de Jules Verne Le Château des Carpates :


« Il voit derrière le mur. Il perce le mur. Il passe le mur. En cette partie très obscure, son pied se heurtait à des débris de tombe. Galeries, obscurité, détours. Et revoit Stillia qu'il croyait ne jamais revoir, qui était là, vivante, comme si elle eût ressuscité, par miracle. La voit, l'entend, veut la toucher la brise. Elle disparaît à jamais. Derrière le miroir, perce le miroir, passe le miroir, détruit le miroir et l'image. »

 

 

La bible nippone Gothic & Lolita de Masayuki Yoshinaga et Katsuhiko Ishikawa ; moult costumes, parures et toilettes somptueuses, horribles, déchirées, éblouissantes. Un délice pour les yeux et un ravissement pour l’imagination.

 

 

 

Le lieu propice à la lecture ?

 

Un fauteuil de cuir moelleux, une couverture de mohair bien douce près de l’âtre, des coussins et un tapis, un train… peu importe puisque la lecture crée une bulle magique autour de Petite Scheharazade.


 Offrez-vous des livres ?


Les Princesses ont-elles des tiares et les perroquets des plumages de couleur ?

 



La plus belle dédicace reçue ?

Celle qui orne un présent évidemment !

 

mercredi, 27 août 2008

La Fée Vivienne

 

PICT2363.JPG

 

 

 

« J’ai une prédilection pour un rose particulier que j’appelle ‘Boudoir’. C’est une couleur à la fois très anglaise, féminine et raffinée. »

 

 

 

[Vivienne Westwood]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

Petite Scheharazade est une grande rêveuse qui marche sur des nuages la tête dans les étoiles et se cogne parfois la tête à quelques planètes.

 

 

 

Il y a des lunes que la Princesse rêvait d’un somptueux sac élégant, original et fantasque, une œuvre magistrale créée par la Fée Vivienne (Westwood). Celle-ci avait mélangé des pétales de rose, trois rayons de soleil, quelques morceaux d’ivoire, le tout saupoudré de flocons de neige. Et en agitant sa baguette magique Dame Westwood avait fait apparaître le plus merveilleux des sacs.

 

 

 

Par un bel après-midi ensoleillé Petite Scheharazade entassa dans son escarcelle de nombreux écus d’or. Elle enfila ensuite de jolis souliers rose poudré et s’en fut. Après moult péripéties sous terre, la Demoiselle se retrouva dans une immense tour où s’amoncelait des colifichets et des toilettes à foison, des montagnes de pantoufles toutes plus jolies les unes que les autres et de nombreux sacs par millier.

 

 

 

Toutefois dans cette tour de verre où la tentation est tapie derrière chaque portant, les individus qui la peuplent ne sont point tous de noble sang. Il y a quelques personnes avenantes, charmantes et fort bien élevées, mais il y a aussi de nombreux spécimens  frustes et fort peu subtiles plus aptes à bousculer autrui qu’à être délicates.

 

 

 

Petite Scheharazade découvrit enfin l’antre de la Fée Vivienne. Tout n’était qu’or, pourpre, originalité et glamour. Les portants or et cuivre croulent sous des volutes de tartan, de dentelle et de velours.

L’objet convoité attendait sagement en hauteur, loin de toute impureté humaine. Des doigts d’albâtre le redescendirent sur terre pour l’offrir à Petite Scheharazade.

 

 

 

La Princesse regagna son palais avec élégance, mais l’aumônière un peu plus légère. Ou plutôt vide. Tant pis pour les futur déjeuners, la nourriture spirituelle, c’est bien aussi, non ?

 

dimanche, 24 août 2008

"What Ever Happened"

 

PICT2358.JPG

 

 

 

 

« Il n’y a pas de plus beau fil que celui  des fileuses de lune. Au matin le soleil les ramasse sur les prés humides pour tisser sa chevelure. »

 

 

[Antoine de Marville]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

Le soleil dardant ses rayons de nouveau sur la cité grise, Petite Scheharazade décida de s’échapper de sa Caverne.

 

 

 

Après un lever tardif et une petite collation, la Princesse écouta les conseils de son miroir enchanté. Elle se retrouva vêtue d’un corsage neige, d’un jupon rose chamarré de pierreries et de pantoufles de poupées, les plus jolies du monde.

Ainsi parée, elle monta en carrosse, le cocher démarra en trombe et la voilà partie.

 

 

 

Petite Scheharazade se rendait au Bon Marché dans l’espoir de dénicher la malle de voyages parfaite pour une escapade au Japon, une équipée en Inde ou un tour du monde en caravelle.

Devant l’imposant édifice un portier souriant en costume rutilant ouvrit la porte à la Princesse. Celle-ci pénétra dans le hall immense ; un bruit confus lui parvenait tandis que de nombreuses dames virevoltaient ça et là.

La salle aux sacs recélait mille et une merveille, hélas la Princesse ne pût y découvrir ce qu’elle était venue chercher...

 

 

 

Petite Scheharazade n’avait point entendu les douze coups de midi sonner. Il était fort tard et la Princesse sentait comme des coups de couteaux dans son estomac. Elle s’esquiva légèrement, aussi vive qu’une biche.

 

 

 

 

PICT0144.JPG

 

 

 

Elle erra quelques temps sur les chemins avant d’aviser une auberge nippone. Elle poussa la lourde porte et y entra. Elle y fut accueillie avec des sourires et bientôt la table d’ébène se couvrit de mets fort alléchants, prompts à rassasier une Princesse affamée. Farandoles de poissons, bol de riz parfumé et tasses de thé réconfortèrent la pâle damoiselle. Le repas achevé elle remercia ses hôtes et poursuivit sa route.

 

 

 

Petite Scheharazade laissa son imagination vagabonder devant quelles toilettes enchantées, mais ne laissa point le démon de la dépense de la tenter.

Pour l’instant.

 

mardi, 19 août 2008

"La Belle au bois dormant"

 

dulac_sleep3.jpg

 

 

« Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'Arrêt des Fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie. »

 

 

[La Belle au bois dormant, Charles Perrault]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

Il était une fois une Princesse aux blanches mains. De longues mains pâles  destinées au dessin, à l’écriture et à la peinture, parfaites pour feuilleter les pages d’un ouvrage précieux, démêler une boucle de cheveux ou saisir une tasse de porcelaine.

 

 

 

Par un beau matin d’hiver elle était entrée dans une boutique afin d’y gagner quelques deniers.

Or, il s’avère que les colifichets et autres falbalas exposés recèlent quelques vilénies dans leurs plis.

Pour dérouter malfrats et malandrins et autres aigrefins, les Demoiselles boutiquières sont obligées de glisser sous les dentelles de petits antivols. Petits certes mais féroces : leurs hurlements sont si stridents qu’ils paralysent d’effroi le plus petit détrousseur en puissance.

 

 

 

Et voilà, à cause de ces escamoteurs de lingeries – soyez maudits jusqu’à la trente-troisième génération – Petite Scheharazade pique, pique et repique chaque article, le coiffant d’un minuscule chapeau blanc. Or plus d’une fois ces petites piqures entaillent les mains de la Princesse ; alors quelques gouttes de vermeil perlent parfois sur  ses doigts blancs.

 

 

 

 

Que Madame la gérante ne s’étonne donc point si un beau matin elle découvre Petite Scheharazade plongée dans un profond sommeil : ce ne sera point de sa faute, mais celle des malandrins.

 

mercredi, 06 août 2008

"La Princesse-Grenouille"

bisou.jpg

 

 

Pendant qu'Ivan dormait, la princesse quitta sa peau de grenouille et se transforma aussitôt en une belle jeune fille. Elle ouvrit la fenêtre et vit une araignée qui tissait sa toile dans l'embrasure. Elle demanda:

 « Araignée de la nuit,
  S'il te plaît, donne- moi
  Un peu de ton fil de soie. »

Et l'araignée lui donna du fil de soie. Puis elle dit à la lune :

«  Lune de printemps
 S'il te plaît, donne-moi
Un  rayon d'argent. »

Et la lune lui donna un rayon d'argent. Puis la princesse-grenouille prit des fleurs dans un vase et avec tout cela elle tissa un tapis.’

 

[La Princesse Grenouille, Folklore russe]

 

~

Il était une fois une Petite Scheharazade qui s’en allait quelques jours dans un royaume lointain, un royaume aux mille églises et aux demeures moyenâgeuses, la terre de ses ancêtres.

 

Pour le voyage en carrosse rien de mieux qu’un beau et vieux livre de contes ; un de ces livres qui s’ouvre comme par enchantement, un de ces livres dont les pages se tournent seules dans un nuage de poudre scintillante, un de ses livres qui aiment vous conter ce qu’ils dissimulent.

En ces temps où le soleil luit avec abondance, il est agréable de se rafraîchir en esprit et de s’envoler dans la toundra enneigée. Rien de mieux que d’anciennes histoires russes qui parlent de grenouille, de magicienne, de princes et de princesses pour s’évader le temps d’un voyage …

 

 

Ici le Prince n’est point grenouille, mais s’il rechigne à embrasser sa promise verte l’hyménée est quand même célébré.

 

 

Ventre Saint Gris ! Monseigneur Disney a transposé l’histoire d’une drôle de façon ! Plouf !

 

vendredi, 23 mai 2008

" My Cloud "

293554212.jpg

 

« La sorcière l'enferma dans une tour qui se dressait, sans escalier ni porte, au milieu d'une forêt ».

 

[Raiponce, Grimm]

 

 

~

 

 

Non, la chevelure de la Princesse n’a point poussé démesurément.

 

 

Non, Petite Scheharazade n’a pas dérobé de raiponces dans le jardin d’une hideuse sorcière.

 

 

Non, la Princesse n’est point tombée dans un profond sommeil enchanté ou sous la coupe de quelques autres maléfices.

 

 

 Petite Scheharazade est tout simplement enfermée dans sa Tour, au milieu de ses grimoires et de ses manuscrits, avec pour compagnons ses plumes, le chuchotement des fantômes du passé et le bruissement  des toilettes royales.

 

mercredi, 23 avril 2008

" Des gammes & des arpèges " II

 

La Princesse s’engouffra de nouveau dans le monde souterrain direction le Pays des Etoiles Scintillantes.

 

 

 

1231139820.JPG

 

 

Rapidement une ravissante échoppe surgit devant elle ; des lambris rose bonbon, un tapis de neige et de rose parent les vitrines, des toilettes de poupées qui scintillent, un gros lapin blanc rebondi … À l’intérieur une mélopée nippone vous envoûte tandis que l’adorable boutiquière vous sourit. Des présentoirs d’or supportent mille & une toilettes ; des jupes de poupée, des robes de princesse, des jupons de fée et des vestes colorées. Sur les rayonnages de bois de délicats corsages étalent leurs rubans et leur dentelle devant les yeux émerveillés de Petite Scheharazade ; une cassette de laque noire protège en son sein perles, bagues et autres joyaux. Des ombrelles dansent la farandole et mille sacs fort charmants peuplent les rayonnages.

 

 

 

 Petite Scheharazade ne savait que choisir, mais malheureusement son aumônière était fort peu garnie. La Demoiselle jeta son dévolu sur petit corsage exquis, pourpre et neige, inspiré du XVIIIe siècle. Après un essayage satisfaisant à l’intérieur d’une alcôve aux tentures carmin et aux grands miroirs d’or, la Princesse se laissa tenter par le démon de la dépense. La charmante vendeuse nippone empaqueta la ravissante petite chose dans un petit sac couleur barbe à papa, et noua le tout avec un ruban rose tendre.

 

 

355469183.JPG

 

 

La journée s’acheva ainsi ; il ne restait plus qu’à mettre à jour la gazette des atours de la Princesse !

 

jeudi, 17 avril 2008

Les aventures d'une épître ...

 

514400353.jpg

 

Qu’il est loin le temps où la délivrance des épîtres et des missives était assurée par les courriers du Roy et leurs rapides destriers ! Vaillamment  ils parcouraient des contrées inhospitalières ou des provinces accueillantes, protégeant dans leur escarcelle de cuir petits secrets d’alcôve, ambassades d’amoureux, ou épîtres affectueuses, mais aussi lettres de cachets ou missives déplaisantes.

 

Qu’il est loin le temps où les pigeons voyageurs traversaient l’éther, voletant de château en château pour délivrer correspondance secrète ou court message.

 

Qu’ils semblent irréels les hiboux de Poudlard lorsqu’ils parviennent en un temps magique à remettre n’importe quelle épître à son destinataire.

 

De nos jours, nos services postaux font bien pâle figure ! Lents, peu soigneux et avec des honoraires sans cesse à la hausse, il y a moult reproches que Petite Scheharazade a à leur adresser. La dernière en date concerne une petite épître adressée à la Fée Clochette, remise dans la boîte d’or il y a quelques lunes et toujours point arrivée au Pays Imaginaire. Or, en rentrant au palais hier soir, quelle ne fut pas la surprise de la Princesse lorsqu’elle découvrit, tapie dans sa boîte aux lettres, ladite missive non oblitérée.

 

Tudieu ! Soit les agents des postes ne sont point compétents, soit il y a quelques malices dans l’air ! Un farfadet narquois serait-il passé par là ?

 

Quoiqu’il en soit, Petite Scheharazade se rendit de nouveau à la boîte d’or, en espérant que Fée Clochette recevra son dû prochainement …

 

lundi, 07 avril 2008

A Present from Tinkerbell

1171354945.JPG

Il y a des jours comme ça où le sort semble s’acharner  sur vous ; votre toilette favorite a un accroc ;  les coursiers devant apporter un colis semblent s’être égarés dans quelque labyrinthe ; le tour de carrosse prévu depuis longue date est annulé … Les gnomes semblent s’en donner à cœur joie, et il s’en faudrait de peu pour que la Princesse dégaine son sabre et massacre leur premier importun venu.

 

Sauf que parfois une petite Fée passe par là …

 

L’adorable Fée Clochette  agita sa baguette magique, là-bas dans son Pays Imaginaire. Et Petite Scheharazade découvrit, nichée au cœur de sa boîte aux lettres une missive enchantée. Une fois confortablement installée dans son boudoir, la Demoiselle ouvrit délicatement l’enveloppe neige, d’où s’échappèrent de merveilleux petits joyaux ; un raffiné et délicat petit bijou venu tout droit du XVIIIe siècle ; une charmante petite broche extraite d’une esquisse de Petite Scheharazade (la claaaasse) et une belle épître mauve où danse une jolie fée.

 

Et soudain, Princesse guerrière se métamorphosa en Princesse souriante !