mardi, 03 juin 2008
" Candy Spooky Theater "
« Ce jour-là arriva un grand traîneau peint en blanc dans lequel était assise une personne enveloppée d'un manteau de fourrure blanc avec un bonnet blanc également. »
[La Reine des Neiges, Andersen]
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C’était la première soirée de juin, l’air était lourd et parfumé, les étoiles scintillaient. Petite Scheharazade était invitée au Pays de Faërne.
Jupon neige, corsage ébène, souliers de ballerine et sac printanier, la Princesse quitta sa demeure en compagnie de son royal Papa.
Le voyage en carrosse pour se rendre dans le palais où se déroulaient les festivités, fut long et fort chaotique. Le manoir s’érigeait à proximité d’un cimetière lugubre ; les caveaux moussus côtoyaient d’antiques chapelles funéraires de marbre.
La lourde porte de bois s’ouvrit dès que la cloche eut retenti.
Le manoir recelait mille & une curiosités toutes aussi étranges, fantasques, anciennes, raffinées les unes que les autres. Les vieux parquets craquaient sous les épais tapis et les miroirs dorés laissaient refléter les fantômes des bals passés. D’étranges poupées au visage d’albâtre se dissimulaient dans les recoins ; de petits netsukes faisaient la farandole sur des consoles d’acajou ; des ancêtres grimaçants ou malicieux dansaient dans leur cadre baroque, se penchant pour scruter les nouveaux venus. Des lourds pots couleur lapis se dressaient de fiers jasmins qui embaumaient l’atmosphère d’un parfum capiteux, attendant d’être cueillis par Kâma. Nul candélabres mais des lustres qui semblaient vouloir concurrencer la clarté opalescente de la lune.
Vin de Champagne, musique et amuse-bouches si raffinés qu’il semblaient cuisinés par les fées, accueillirent la Princesse. Puis, comme par enchantement la table se couvrit d’un fin service de porcelaine et d’une vaisselle aux coloris orientaux. De délicats mets parfumés émoustillèrent les papilles de Petite Scheharazade.
« Le Petit Peuple adore le lait et le miel, et boit le nectar aux corolles des fleurs : c’est le vin des fées. » [Lady Wilde]
Pour terminer ces agapes, une douceur sucrée aux miel et aux amandes fit son apparition dans les assiettes neige et or, tandis que les tasses de porcelaine se remplissaient d’un nectar fumant parfumé à la vanille. Petite Scheharazade ne fit qu’une bouchée de ce péché de gourmandise, et le nectar brûlant disparu aussi vite.
Lorsque minuit sonna au carillon, il fut temps pour la Princesse et son royal père de quitter le manoir, avant que le carrosse ne disparaisse définitivement.
14:00 Publié dans Mondanités | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soirée, agapes, cimetière, destrier, reine des neiges, fées, miel
jeudi, 17 avril 2008
Les aventures d'une épître ...
Qu’il est loin le temps où la délivrance des épîtres et des missives était assurée par les courriers du Roy et leurs rapides destriers ! Vaillamment ils parcouraient des contrées inhospitalières ou des provinces accueillantes, protégeant dans leur escarcelle de cuir petits secrets d’alcôve, ambassades d’amoureux, ou épîtres affectueuses, mais aussi lettres de cachets ou missives déplaisantes.
Qu’il est loin le temps où les pigeons voyageurs traversaient l’éther, voletant de château en château pour délivrer correspondance secrète ou court message.
Qu’ils semblent irréels les hiboux de Poudlard lorsqu’ils parviennent en un temps magique à remettre n’importe quelle épître à son destinataire.
De nos jours, nos services postaux font bien pâle figure ! Lents, peu soigneux et avec des honoraires sans cesse à la hausse, il y a moult reproches que Petite Scheharazade a à leur adresser. La dernière en date concerne une petite épître adressée à la Fée Clochette, remise dans la boîte d’or il y a quelques lunes et toujours point arrivée au Pays Imaginaire. Or, en rentrant au palais hier soir, quelle ne fut pas la surprise de la Princesse lorsqu’elle découvrit, tapie dans sa boîte aux lettres, ladite missive non oblitérée.
Tudieu ! Soit les agents des postes ne sont point compétents, soit il y a quelques malices dans l’air ! Un farfadet narquois serait-il passé par là ?
Quoiqu’il en soit, Petite Scheharazade se rendit de nouveau à la boîte d’or, en espérant que Fée Clochette recevra son dû prochainement …
07:00 Publié dans Grimoires & Parchemins | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lettre, épître, courrier, destrier, cygnes, princesse














