vendredi, 20 mars 2009
Le toucher. [part III]

« Le goût du vrai beau n’était pas perdu en France, mais la mode l’avait changé : Boucher avait introduit des bergères à pieds nus avec des paniers comme à l’Opéra. »
[Dufort de Cheverny, Mémoires]
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Un exquis bruissement se produisit lorsque les longs doigts pâles effleurèrent le tissu de soie. L’étoffe était douce et velouté comme une caresse.
Le colifichet de soie si soyeux reposait nonchalamment sur la petite table à opium. L’écrin brut et dur que formait la petite table contrastait avec la fragilité du carré de soie. Des images de caravansérails, de périples en caravelle et à dos de dromadaire, de voyages aux Indes et de traversées du Siam s’imposèrent à Petite Scheharazade. Les figures d’Alexandra David-Neel, de Mumtaz Mahal, et de Marco Polo vinrent ensuite hanter le boudoir.
Les divers personnages de l’Astrée semblaient s’être invités sur la soie blanche immaculée : Astrée pépiait amoureusement dans l’oreille de Céladon, tandis que les nymphes folâtraient dans les futaies. Voilà un tableau que Boucher n’aurait point dédaigné croquer !
Dans un coin brillaient des lettres de fils d’or : la Fée Vivienne n’avait point omis de parapher son ouvrage satiné.
Il ne restait plus à Petite Scheharazade qu'à attendre une délicate brise pour pouvoir nouer l’étoffe de soie autour de son cou d’albâtre.
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jeudi, 25 décembre 2008
Joyeux Noël
« Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières : de presque toutes les maisons sortaient une délicieuse odeur, celle de l’oie, qu’on rôtissait pour le festin du soir. […] L’enfant gratta une troisième allumette, et elle se vit transportée près d’un arbre de Noël, splendide. »
[La Petite fille aux allumettes, H.C Andersen]
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Cette année il n’y avait point de neige dans le royaume. Il semble que Dame Hiver avait encore omît de secouer sa longue pèlerine blanche au-dessus des cimes.
Cette année il n’y avait point de festivités de Noël au Palais. Le labeur avait appelé Monsieur Papa & Madame Reine dans d’autres contrées.
Point de pâtisserie au miel et à la cannelle, point de mignardise au chocolat et au gingembre, point de pain d’épices allemand. Nul chant de Noël dans le gramophone, nulle flamme dansante dans l’âtre et nul paquet sous le fier sympa.
Cette année Petite Scheharazade était seule pendant la nuit sainte. Dans le tombeau froid et désolé qu’était la demeure vide, les notes de Tchaïkovski résonnaient tandis que la Princesse déambulait pensive, un breuvage fumant à la main.
Cette solitude n’empêcha point Petite Scheharazade de revêtir de beaux atours, de chausser ses petits pieds dans les souliers de la Fée Vivienne et de se servir une coupe de vin de Champagne tout en rêvant.
Seule mais élégante. Na.
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samedi, 13 décembre 2008
La Fée Vivienne : Chapitre II

« Tu es comme un chat sauvage qui n’en fait qu’à sa tête tu es fière et libre mais …
Tu portais une blessure incurable.
Moi qui suis si candide,
J’admirais aussi cet aspect de ta personnalité sans savoir combien tu souffrais. »
[Komatsu Nana]
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Dans un royaume lointain vivait une fée extravagante. Elle était d’un âge fort avancé mais les flammes de sa chevelure étaient toujours vivaces et ses yeux pétillaient toujours autant. Elle se drapait dans des atours aux formes improbables. Son talisman était un Orb d’or ; un globe étincelant d’élégance et d’étrangeté.
Pour elle travaillaient mille & une petites créatures. Elles confectionnaient colifichets, toilettes et moult fanfreluches afin de vêtir les élégantes des royaumes voisins. Elle avait pour nom : Fée Vivienne.
Dans ses vastes ateliers baroques une petite merveille venait de voir le jour.
Dame Nuit avait offert un morceau de sa pèlerine de velours aux petites créatures. Les suivantes de la Cour de Seelie avaient tissé une étoffe bigarrée, faite de fils d’or, de rose et d’argent.
Avec ceci, les petites créatures confectionnèrent deux adorables pantoufles, les plus charmantes qui soient. Pour finir, la Fée Vivienne les toucha de son auguste baguette, d’où jaillit une gerbe d’étincelles. Les petits souliers de princesse se trouvèrent alors ornés de deux petits Orbs d’or, comme si deux morceaux d’étoiles avaient été arrachés des Cieux pour rehausser le velours nuit.
Non loin de là, Petite Scheharazade dégustait un énième thé dans son château.
Tandis que l’obscurité tombait, elle feuilletait une gazette mondaine, qui dévoilait aux damoiselles de qualité les dernières élégances en vogue. Parmi tous ces falbalas, la Princesse découvrit les deux petites pantoufles de verre de la Fée Vivienne. Certes il s’agissait de conserver à l’abri les deniers chèrement acquis. Une escapade dans l’Empire du Soleil Levant s’avèrerait fort gourmande. Mais tudieu ! des souliers couleur de nuit ne seraient point de trop dans sa garde-robe !
Le jour suivant, Petite Scheharazade ne prit point le temps de faire atteler son attelage, elle couru à l’entrée du Monde souterrain le plus proche, parcouru de longs boyaux obscurs avec rapidité pour émerger enfin devant une étrange échoppe. Elle était vaste, éclairée à l’aide de gigantesques candélabres. Des monceaux de toilettes, de chaussures, de parures et de bien d’autres objets hétéroclites occupaient l’espace du sol au plafond.
Petite Scheharazade découvrir parmi tous ces trésors les fameuses pantoufles de verre.
Elle s’en empara puis regagna son lugubre château froid où l’attendait une énième tasse de thé …
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mercredi, 27 août 2008
La Fée Vivienne
« J’ai une prédilection pour un rose particulier que j’appelle ‘Boudoir’. C’est une couleur à la fois très anglaise, féminine et raffinée. »
[Vivienne Westwood]
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Petite Scheharazade est une grande rêveuse qui marche sur des nuages la tête dans les étoiles et se cogne parfois la tête à quelques planètes.
Il y a des lunes que la Princesse rêvait d’un somptueux sac élégant, original et fantasque, une œuvre magistrale créée par la Fée Vivienne (Westwood). Celle-ci avait mélangé des pétales de rose, trois rayons de soleil, quelques morceaux d’ivoire, le tout saupoudré de flocons de neige. Et en agitant sa baguette magique Dame Westwood avait fait apparaître le plus merveilleux des sacs.
Par un bel après-midi ensoleillé Petite Scheharazade entassa dans son escarcelle de nombreux écus d’or. Elle enfila ensuite de jolis souliers rose poudré et s’en fut. Après moult péripéties sous terre, la Demoiselle se retrouva dans une immense tour où s’amoncelait des colifichets et des toilettes à foison, des montagnes de pantoufles toutes plus jolies les unes que les autres et de nombreux sacs par millier.
Toutefois dans cette tour de verre où la tentation est tapie derrière chaque portant, les individus qui la peuplent ne sont point tous de noble sang. Il y a quelques personnes avenantes, charmantes et fort bien élevées, mais il y a aussi de nombreux spécimens frustes et fort peu subtiles plus aptes à bousculer autrui qu’à être délicates.
Petite Scheharazade découvrit enfin l’antre de la Fée Vivienne. Tout n’était qu’or, pourpre, originalité et glamour. Les portants or et cuivre croulent sous des volutes de tartan, de dentelle et de velours.
L’objet convoité attendait sagement en hauteur, loin de toute impureté humaine. Des doigts d’albâtre le redescendirent sur terre pour l’offrir à Petite Scheharazade.
La Princesse regagna son palais avec élégance, mais l’aumônière un peu plus légère. Ou plutôt vide. Tant pis pour les futur déjeuners, la nourriture spirituelle, c’est bien aussi, non ?
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mardi, 25 mars 2008
"Harajuku Girls"
Une ou deux journées de liberté - sans contrainte, sans leçon à apprendre et sans lingerie à vendre- parfait pour que Petite Scheharazade & Dame Gertrude puissent vivre de nouvelles aventures. De nouvelles péripéties fort longues et dignes de Sweet Lolitas nippones.
12 h : Le soleil est au zénith même si c’est Dame Pluie qui est de sortie. Petite Scheharazade & Dame Gertrude doivent se retrouver devant le Temple du Savoir.
12 h 15 : Dame Gertrude arrive enfin. Retrouvailles, papotages, rires et autres futilités de filles sont de mise.
13 h : Les deux princesses, toutes pimpantes, s’engouffrent dans les entrailles de la Terre en musique ; une irrésistible envie de flâner aux Grandes Galeries s’est emparée d’elles.
13 h 22 : Après moult détours dans ces tréfonds souterrains, Petite Scheharazade & Dame Gertrude émergent devant les lourdes portes du Temple du péché & de la consommation. Telles des papillons attirés par des effluves sucrées, nos deux héroïnes se dirigent vers les étals de parfumeries.
13 h 36 : Mille & un flacons de cristal, des couleurs éclatantes, des senteurs divines … tout est fait pour faire tourner la tête à la plus sage des demoiselles !
13 h 59 : Petite Scheharazade & Dame Gertrude réussissent après moult efforts à sortir de ce labyrinthe parfumé. Point de Gorgone à défier, mais des armées de créatures souriantes et maquillées prêtes à tout pour vous faire succomber aux tentations de la dépense… Nos deux princesses ressortent avec leur aumônière non vide, parfumées et avec un khôl en cadeau.
14 h 33 : Les prunelles remplies d’étoiles, comme pourraient l’être celles de Lady Oscar, Petite Scheharazade & Dame Gertrude décident d’aller admirer les toilettes et fanfreluches de Madame Vivienne Westwood.
14 h 44 : Oui, nos deux demoiselles ont snobé l’ascenseur pour les escaliers …
14 h 46 : Il est là devant elles … le comptoir dévolu aux créations de l’excentrique britannique. On ne sait où donner de la tête ; ce n’est que pluie de sacs magnifiques, de parures étincelantes, de toilettes aux coupes improbables.
15 h 05 : Béates d’admiration devant un somptueux sac rose poudré, or et blanc, les deux princesses ne voient point le boutiquier s’approcher d’elles.
15 h 07 : Un malicieux sourire aux lèvres, des chaussures rubis et un costume original, le vendeur entame la conversation. Fort aimable et amusant, il répond avec plaisir à toutes les questions de Petite Scheharazade qui veut-ce-sac-absolument-dès-qu’elle-aura-300 deniers-à-dépenser.
15 h 31 : Petite Sheharazade & Dame Gertrude prennent à regret congé de l’accueillant boutiquier afin de poursuivre leur chemin.
15 h 47 : Les yeux emplis de magnifiques toilettes, les deux princesses quittent le Temple du péché & de la consommation pour un autre univers féerique : le Monde de Disney.
16 h 01 : Les joues rosies par le froid, Petite Scheharazade et Dame Gertrude pénètrent dans l’échoppe colorée. Hélas, la foule y est compacte et discordante. Tant pis. Les deux demoiselles se fraient un chemin à coups de coudes là où siègent Ariel, Aurore & les autres Princesses.
16 h 23 : Ouf, elles atteignent enfin le lieu convoité. Des nouveautés féeriques les font s’émerveiller … mais Petite Scheharazade apprend d’un plaisant vendeur que le rigolo Polochon n’est plus. Tudieu ! Mais comment peut-on omettre Polochon dans ce Paradis des peluches alors qu’il existe même le crocodile du Capitaine Crochet ?? Heureusement que le Seigneur de cet endroit n’est point là, sinon il aurait pris une rouste princière !
16 h 52 : Moult objets font envie aux deux princesses fauchées ; des tasses à café Cheschire Cat, une boule de neige Ariel, des diadèmes …
17 h 03 : Il est temps de rentrer, c’est l’heure du goûter.
17 h 33 : Echevelées, les ballerines en feu, affamées, Petite Scheharazade & Dame Gertrude s’écroulent avec délicatesse (ça c’est de l’oxymore !) dans le canapé de cette dernière.
17 h 48 : Des petites agapes sucrées devant l’étrange lucarne voilà de quoi réconforter des princesses exténuées. Et rien de tel qu’un délicieux film comme Shimotsuma Monogatari, en compagnie de la Sweet Lolita Momoko et de la Yankee Ichiko pour s’évader dans un univers rococo, déjanté et nippon !
Ces péripéties s’achèvent là, mais il en va autrement pour les aventures de Petite Scheharazade & de Dame Getrude …
Pour cet épisode ont été utilisés :
- six pommes,
- quatre mandarines,
- un Kinder bueno,
- neuf litres de thé à la cerise,
- deux paires de ballerines
- un appareil photo,
- quelques sous
- mille & un sourires
- et autant d’éclats de rire.
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jeudi, 25 octobre 2007
Il était une fois le nouveau NANA.
Le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux, Petite Scheharazade pénètre au cœur du Temple dédié au dieu Manga.
Là, des colonnes des précieux ouvrages nippons s’élèvent en des tours infernales, comme absorbés par les éthers de la sombre voûte. Quelques exemplaires aux couvertures chatoyantes ruissellent sur de simples tables, qui jouent le rôle de dressoirs. Des rayonnages croulent sous le poids de toutes ces œuvres éclectiques qui n’attendent qu’une seule chose ; que la main impatiente d’un initié ou bien la menotte timide d’un béotien ne les enlève de ce sanctuaire, et leur fasse découvrir des horizons plus lointains que les simples murs de ce temple.
Petite Scheharazade n’est là, aujourd’hui, que pour un seul d’entre eux. Le numéro Dix-sept. Le dénommé NANA. Il est là, il attend, sa couverture azur tranchant avec le rose vif et le blanc de ses voisins. Une seule déception pour petite Scheharazade ; sa maigreur fruste qui dissone avec l’opulence du numéro Seize. Tant pis, cet ouvrage tant attendu rejoindra de toute façon la collection privée d’une petite Princesse …
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