vendredi, 23 mai 2008
" My Cloud "
« La sorcière l'enferma dans une tour qui se dressait, sans escalier ni porte, au milieu d'une forêt ».
[Raiponce, Grimm]
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Non, la chevelure de la Princesse n’a point poussé démesurément.
Non, Petite Scheharazade n’a pas dérobé de raiponces dans le jardin d’une hideuse sorcière.
Non, la Princesse n’est point tombée dans un profond sommeil enchanté ou sous la coupe de quelques autres maléfices.
Petite Scheharazade est tout simplement enfermée dans sa Tour, au milieu de ses grimoires et de ses manuscrits, avec pour compagnons ses plumes, le chuchotement des fantômes du passé et le bruissement des toilettes royales.
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samedi, 09 février 2008
Poupée de porcelaine
« Peu de temps après, [la Reine] eut une petite fille à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang, aux yeux et aux cheveux noirs comme l'ébène. On l'appela Blanche neige. Mais la reine mourut le jour de sa naissance. »
Le visage de Madame de Pompadour avait « un ovale parfait, de beaux cheveux, plutôt châtain clair que blonds, des yeux assez grands, ornés de beaux cils, [un teint de lait] donnait à tous ses traits le plus grand éclat ».
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Autrefois, les Princesses avaient un teint de lait, ce qui rehaussait les pétales rosés de leurs lèvres, la nacre de leurs dents et l’éclat de leur chevelure. Que cette carnation soit un don de naissance ou le fruit de charmantes escapades sous une délicate ombrelle, elle était l’apanage des demoiselles de contes et en cela non décriée.
En ces jours, le teint de lait est honni et déprécié ; pour grand nombre de contemporains il est du devoir d’une demoiselle de se métamorphoser en morceau de viande pour se faire rôtir sous une lumière artificielle dans une salle de torture, ou bien de se grimer à grand renfort de peinture rouge à joue et autres artifices.
Mais Petite Scheharazade refuse de se plier à ces contraintes. Elle préfère arborer un teint de lait ; elle préfère être pâle et évanescente plutôt qu’être une poupée grimée. Aussi lorsque une harpie lui conseille, ordonne, de camoufler sa frimousse sous une couche de peinture parce qu’une demoiselle d’accueil se doit d’être ainsi, Petite Scheharazade voit son sang bouillir et il s’en est fallu de peu qu’elle ne foudroie sur place l’impudente.
Petite Scheharazade est fière de son teint de Blanche-Neige et il ne saurait en être autrement !
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