jeudi, 18 juin 2009

Hyménée [part I]

 

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« Les hérauts parcouraient les rues à cheval en proclamant les fiançailles. Bientôt toutes les cloches des églises sonnèrent, sur tous les autels des huiles parfumées brûlaient dans de précieux vases d’argent, les prêtres balancèrent les encensoirs et les époux se tendirent la main et reçurent la bénédiction de l’évêque. »

 

 

 

[La Petite Sirène, H.C Andersen]

 

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

L’église blanche partait à la conquête du firmament. Les rayons du soleil ruisselaient sur les pierres laiteuses. Les gargouilles grimaçantes guettaient d’éventuelles proies parmi la foule qui grouillait sur le parvis. L’air était ardent ; les rayonnements lumineux brûlaient la peau pâle de Petite Scheharazade. La Demoiselle lissa sa toilette vermeille et, après un dernier regard aux effigies de pierre, elle pénétra dans le sanctuaire.

 

 

 

La fraîcheur du lieu saisit les épaules de la jeune fille de ses mains spectrales. Petite Scheharazade s’assit sur un banc vermoulu et regarda les autres invités qui s’installaient en caquetant. Les notes égrenées  par l’orgue emplirent soudainement  les lieux, s’élevèrent vers la voûte. Les lourdes portes de chêne s’ouvrirent ; la lumière inonda la nef ; et une nuée de fillettes en toilette bleutée entra en sautillant. Une silhouette blanche et voilée entra à son tour. Elle glissa d’un pas aérien jusqu’à l’autel devant lequel elle s’agenouilla.

 

 

 

Les chants latins  retentirent et la cérémonie commença.

 

 

 

Plus tard, Petite Scheharazade regarda s’éloigner la silhouette blanche désormais accompagnée d’une silhouette noire. La jouvencelle monta à son tour dans une berline. L’attelage s’ébranla avec fracas, emportant Petite Scheharazade dans la nuit, vers le château où devaient se dérouler les festivités.

 

lundi, 18 mai 2009

"Charivari" [Part II]

 

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« Ce lieu est un tabernacle qu'on baptise
La Cour des Miracles, joyeux spectacle
Où les boiteux dansent, où l'aveugle voit
Les morts font silence
Le silence est de mort, les morts ont toujours tort.
 »

 

 

 

[Clopin]

 

 

 

 

 

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Etourdies par tout ce charivari qui sévissait dans la Cité, Petite Scheharazade & Dame Gertrude se mijotèrent une collation roborative. Sur la lourde table de bois apparurent un imposant chaudron de riz fumant, des écuelles garnies de minuscules galettes de blé, une énorme miche de pain, des pommes plus ou moins empoisonnées et un lourd pot de chocolat fondu aux noisettes, sans oublier les traditionnelles chopes d’infusion aux herbes. (Bien que sylphides, les deux jouvencelles étaient dotées d’un vorace appétit.)

 

 

 

Après ce festin orgiaque, Petite Scheharazade & Dame Gertrude s’enfermèrent dans la salle des ablutions. On ne s’envole point au Sabbat sans se parer de quelques atours ensorcelants, sans s’envelopper de quelque onguent enivrant. Lorsque le beffroi sonna le douzième coup de la nuit, Petite Scheharazade & Dame Gertrude quittèrent le logis.

 

 

 

La nuit était noire comme la bouche des Enfers. La lune ronde et opalescente scintillait sinistrement. Les arbres frissonnaient d’effroi, leurs longues branches décharnées pareilles aux serres crochues de stryges. Au loin on entendit un hurlement rauque.

Les deux Demoiselles entrèrent dans leur véhicule maudit. Il démarra en pétaradant, avide de parcourir les routes assoupies, où seules les âmes damnées erraient ce soir là. Elles s’arrêtèrent bientôt devant une taverne sombre, seulement éclairée d’une lumière glauque. Devant l’unique et minuscule porte se dressait une sentinelle ; les épaules monstrueuses, la panse énorme, toute de noire vêtue. Le cerbère grimaça en apercevant Petite Scheharazade. Ses petits yeux s’étrécirent et il s’opposa à l’entrée de la Demoiselle. Point de jouvencelle en ce lieu ! A cette heure de la nuit les jeunes filles dorment bien sagement dans leur couche, bercées par des rêves bien innocents. Palsambleu, quelles billevesées ! De son œil de velours et d’un sourire amusé, Petite Scheharazade vint à bout du portier. Tudieu ! Elle avait bien l’âge pour s’encanailler quand même !

Enfin les deux Demoiselles pénétrèrent dans l’antre de débauche.

 

 

 

 

L’intérieur de la taverne était faiblement éclairé par une lueur verdâtre. Des essaims de donzelles gloussaient stupidement autour de guéridons ; de jeunes gandins crânaient en bombant le torse. Cela manquait de malandrins balafrés tout de même …

Petite Scheharazade & Dame Gertrude se firent servir un élixir à l’ananas, qu’elles sirotèrent en palabrant. Plus tard elles rejoignirent le carré dévolu aux danseurs.  

 

 

 

Lorsque le quadrige de Hélios repris sa course, Petite Scheharazade & Dame Gertrude quittèrent la taverne, les jambes engourdies et les oreilles bourdonnantes. Les deux oiseaux de nuit regagnèrent le logis pour retrouver Morphée et le pays des songes …

 

 

mardi, 03 mars 2009

Hinamatsuri & Anniversaire

 

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« Hi Miss Alice
Anata garasu no me de
Donna yume o
Mirareru no ?
Miirareru no ?
Mata atashi
Kokoro ga sakete
Nagarederu
Tsukurotta
Sukima ni sasaru
Kioku tachi
 »

 

 

 

(« Hi Miss Alice
With glass eyes
What kind of a dream
Are you able to have?
Are you entranced by?
Again for me
My heart tears apart
And flows out
Memories
Pierce into
The mended crevice
 »)

 

 

 

[Still Doll, Kanon Wakeshima]

 

 

 

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Le jour point. Les rayons du soleil s’infiltrent à travers les volets. Petite Scheharazade s’étire voluptueusement comme un chat.

 

 

 

Le troisième jour du troisième mois est déjà là : là-bas, par delà les océans, au Pays du Soleil Levant c’est Hinamatsuri. Les poupées de la cour impériale se réveillent et revêtent leurs beaux atours en attendant que les petites filles leur rendent hommage. Les damoiselles nippones enfilent leur kimono de soie et savourent de délicieuses pâtisseries hichimochi en aimable compagnie.

 

 

 

Le troisième jour du troisième mois est déjà là : l’anniversaire de Petite Scheharazade aussi.

Au saut du lit la Demoiselle se sert un petit bol de thé genmaicha et passe en revue les toilettes de sa garde-robe. Tandis que les effluves de bencha et de grains de riz grillés parfument le boudoir, Petite Scheharazade effleurent du bout des doigts les étoffes soyeuses. La Demoiselle jette vite son dévolu sur une toilette bleu pâle, glisse ses petits pieds dans des bas ivoires et des souliers blancs comme la neige et épingle enfin un papillon dans sa chevelure. Elle sourit dans le miroir et le crâne d’argent suspendu à son oreille lui renvoie son sourire malicieux.

 

 

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La journée est pleine de promesses …

 

 

samedi, 28 février 2009

Mille & une nuits

 

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« C’est l’heure où le long crocodile

Languissamment s’étire et baille

Et fait glisser les eaux du Nil

Sur l’armure de ses écailles.

 

 

Il ouvre gaiement sa gueule mutine

Et sort une griffe ainsi qu’un gros chat,

Avale trois poissons qui passaient par là

Et va digérer sur l’onde opaline. »

 

 

[Alice au pays des merveilles, Disney]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

Il y a quelques lunes déjà le tapis volant de Petite Scheharazade s’agita. Il frémissait, voletait, tourbillonnait. Un désir de s’envoler vers la Porte du Sud, de traverser la Perse, de se poser en Mésopotamie, puis de se retrouver aux Indes. Cet irrésistible désir d’évasion contamina la demoiselle. Dans sa petite bibliothèque elle piocha un ouvrage sombre et doré. Elle s’installa sur un moelleux coussin cramoisi ; sur la petite table à opium brulait un bâton d’encens et fumait une tasse de thé. A moins que ce ne fut l’inverse.

 

 

L’obscurité venue, Petite Scheharazade  jeta sa pèlerine ébène sur les épaules. Une soirée enchantée se préparait au logis d’une amie : des lumignons luisaient dans l’obscurité éclairant les chatoyantes tentures orientales ; le pacha de la maison - un chat - somnolait sur des coussins ; de petits verres colorés scintillaient près des assiettes de faïence colorée ; sur l’âtre mijotait  un vaste chaudron, d’où s’échappait un délicieux fumet. L’enchantement des Mille & une nuits s’était installé là pour quelques heures.

 

 

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Petite Scheharazade et ses compagnes se lovèrent sur les coussins près du chat. Un liquide ambré et pétillant, des dattes et autres douceurs sucrées charmèrent les papilles des cinq damoiselles. Plus tard, tandis que les étoiles s’allumaient une à une, leur charmante hôtesse apporta le met tant convoité. Dans un large plat en bois reposait un couscous des plus appétissants concocté d’après une ancestrale recette. La semoule dorée dormait au fond et formait un lit savoureux sur lequel somnolaient de gros légumes dodus et colorés. Carottes, courgettes, potirons, pois chiches délicatement épicés exhalaient un parfum d’Orient.  

 

 

La nuit s’acheva avec un goût de délice interdit. Un fondant au chocolat bien chaud troubla les sens de Petite Scheharazade tandis que des macarons régalaient le palais des autres demoiselles. La maîtresse de maison offrit par la suite  à ses invitées de marque un verre de thé brulant, que les jeunes filles dégustèrent autour d’un narguilé en pépiant allégrement.

 

 

Petite Scheharazade rentra au petit matin ; le temps était doux et froid, les étoiles scintillaient joyeusement dans le firmament.

 

jeudi, 12 février 2009

La Petit chaperon rouge s'habille en Angelic Pretty

 

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« Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le Petit chaperon rouge. »

 

 

[Perrault, Le Petit chaperon rouge]

 

 

 

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Il y avait quelques jours Petite Scheharazade & Dame Sayà - silhouettes blanche et noire & noire et blanche – s’en allaient par les rues de Paris. Des tourbillons de gros flocons voltigeaient dans tous les sens avant de s’évanouir sur le pavé glacé. Les deux damoiselles s’engouffrèrent dans une étrange petite rue. La fureur enneigée tombait de plus en plus. Les deux jeunes filles s’arrêtèrent au numéro 38. L’échoppe était ornée d’une façade de bois cramoisi ; dans la vitrine dormaient un chaperon rouge et des petits paniers d’osier d’où émergeaient des biscuits, des galettes dorées et de petits pots de miel.

La porta tinta allègrement lorsque Petite Scheharazade & Dame Sayà pénétrèrent dans la boutique.

 

 

 

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Une nuée de demoiselles en toilettes colorées évoluaient dans un univers fantasque où de l’herbe recouvrait les lattes de parquet et où des arabesques noires serpentaient sur les murs. Sur de petites tables des folies sucrées dansaient la sarabande ; des damiers de pistache et de chocolat, des biscuits fondant chocolatés, des sablés roses et blancs à profusion. Du thé brûlant et parfumé fumait dans des tasses.

 

 

 

Quelque peu échevelées et transies de froid, Petite Scheharazade & Dame Sayà quittèrent leur pèlerine et leur fourrure et se mêlèrent aux autres demoiselles. Petite Scheharazade prit un thé  brûlant pour réchauffer ses longs doigts glacés. Elle se laissa tenter par les savoureux biscuits au chocolat qui fondaient dans la bouche avec volupté et dont la douceur sucrée montaient jusqu’au cerveau en un pétillement divin.

Déambulant dans la petite galerie, Petite Scheharazade admira les esquisses de Monsieur Amoretti : un loup, un Petit chaperon rouge, un pot de beurre bondissaient de feuille en feuille pour réinterpréter un conte bien connu.

 

 

 

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La soirée se poursuivit entre conversation, photographies et dédicaces. La nuit était depuis longtemps tombée lorsque Petite Scheharazade & Dame Sayà prirent congé de leurs hôtes et quittèrent la petite galerie.

Dehors, la neige avait cessé.

 

samedi, 31 janvier 2009

Aventures en Champagne : chapitre II

 

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« Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées. »

 

 

 

[Mallarmé, Poésies]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

Au logis des aïeux Petite Scheharazade rêvait. Elle se sentait rapetisser, rapetisser, jusqu’à n’être pas plus haute qu’une poupée de porcelaine. Autour d’elle les meubles semblaient des géants de bois et de verre. La demoiselle chaussa ses souliers vernis et s’en fut explorer cet univers de ses nouveaux yeux d’enfant.

 

 

 

Dans la bibliothèque vénérée, Petite Scheharazade découvrit un immense ouvrage relié de maroquin cramoisi, où brillaient des lettres d’or. La jeune fille se hissa sur la pointe de ses petits pieds, avec ses petites mains elle tira tant bien que mal le grand livre vers elle, puis, sur le moelleux tapis, elle s’assit sur son séant et commença sa lecture. En quelques minutes elle sombra dans un monde extravagant où elle rencontra le marquis de Carabas, Maître Chat, un druide et d’autres personnages fantaisiste.

 

 

 

Dans la pimpante petite cuisine, Petite Scheharazade s’attabla devant une montagne de gaufres croustillantes et dorées. La montagne de pâtisseries diffusait un parfum chaud et sucré qui faisait saliver les portraits sur les murs. Les quenottes de la demoiselle attaquèrent bien vite la carapace ambrée de ces petites choses sans défense, et bientôt il ne resta plus qu’une assiette de porcelaine bien esseulée.

 

 

 

Beaucoup tard, dans le minuscule réduit, Petite Scheharazade se glissa dans un grand lit, sous une multitude de couettes et d’édredons et ferma les yeux. Et bien vite elle s’en fut rejoindre le Pays des songes …

 

mercredi, 28 janvier 2009

Aventures en Champagne : chapitre I

 

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« Il y avait aussi un grand fauteuil et une grande table, des compas, des alambics, des squelettes d’animaux pendus au plafond, une sphère roulant sur le pavé, des hippocéphales pêle-mêle avec des bocaux où tremblaient des feuilles d’or, des têtes de mort posées sur des vélins bigarrés de figures et de caractères, de gros manuscrits empilés tout ouverts sans pitié pour les angles cassants du parchemin. »

 

 

[Hugo, Notre-Dame de Paris]

 

 

 

 

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Petite Scheharazade avait rejoint la demeure de ses aïeuls. Le logis était situé en plein cœur d’une cité médiévale : les habitations – biscornues et colorées – surgissaient sur le pavé comme des champignons étranges. Quelquefois de curieuses sculptures grimaçaient sur les frontons, d’autres fois c’était d’énigmatiques inscriptions qui ornaient les façades. Les apothicaires créaient un fameux élixir pétillant  dont se délectaient les citadins, et qu’ils nommaient Vin de Champagne.

 

 

 

Le modeste logis des aïeuls regorgeaient d’antiques curiosités.

Petite Scheharazade ne se lassait point d’admirer sur les rayonnages les lourds ouvrages reliés ; il y avait là contes et merveilles, histoires de robinsons et de bien d’autres aventuriers, poèmes anciens et autres bizarreries linguistiques.

Petite Scheharazade ne se lassait point de contempler les figurines de biscuit qui, derrière la vitre de leur prison, regardaient le temps s’écouler. Il y avait là une duchesse bien coquette, un comte bien docte avec son sévère pince-nez, une Blanche-Neige bien esseulée ou encore une armure fort roide.

Petite Scheharazade ne cessait de s’étonner sur l’immuabilité des objets : aucun ne semblait perverti, comme si le Temps avait cessé sa folle course en ce logis.

 

 

 

Petite Scheharazade déposa son sac dans le petit réduit qui lui tenait lieu de chambre : l’aventure pouvait commencer !

 

jeudi, 01 janvier 2009

" Be Our Guest "

 

 

 

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« On vous prépare avec art,
Une fête à vous couper le sifflet.
Vous êtes seule, et pas fière,
Mais mam'selle, laissez-vous faire !
Y'a pas de cafard, y'a pas de déprime,
Quand les assiettes sont des copines !
J'ai la cote pour jongler,
Avec mes potes chandeliers

 

 

[…]

 

 

 

Un dîner aux chandelles ?
Mais tout est prêt pour la demoiselle.
Bombes glacées, Champagne
au frais, 
Nappes empesées, dans ma corbeille.
Au dessert, je ferai du thé,
C'est ma grande spécialité
. »

 

 

 

[C’est la fête, Lumière & Mrs Samovar]

 

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

 

 

Dans le grand tombeau vide qu’était la demeure les candélabres, un par un, se rallumèrent. Dans l’âtre noir et lugubre soudainement les flammes entamèrent un quadrille endiablé. Les mille et un petits lumignons ornant l’arbre de Décembre reprirent vie. Un souffle de vie réveillait la demeure ; près de la cheminée le chat noir s’étirait en baillant, les spectres de la mélancolie s’effaçaient et l’air embaumait la cannelle et le gingembre.

Leurs Majestés étaient de retour.

 

 

 

Dame Reine apportait à Petite Scheharazade une chatoyante toilette tissée par ses soins. Une jupe taillée dans la plus belle étoffe de taffetas pourpre, aux reflets changeants.

En un coup de baguette, la Demoiselle se trouva parée de cette jupe chamarrée. Un corsage ébène orné de dentelle blanche et les souliers de la Fée Vivienne complétaient sa toilette de bal.  A ses oreilles brillaient deux minuscules perles blanches. Pures. Immaculées.

 

 

 

 

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Petite Scheharazade pénétra dans le salon de réception comme dans un rêve. La longue table de bois étincelait sous la porcelaine blanche et les verres de cristal. Mille chandeliers éclairaient la scène de leur douce chaleur. Bientôt des agapes royales apparurent dans des plats d’or ; saumon, lait de coco, asperges, petits pains chauds, nougat des fées, chocolats, vins fins et vin de Champagne étourdirent les estomacs affamés. Tandis que les convives devisaient, on entendait des mélopées russes envoûtantes, charmantes.

 

 

 

Cette nuit féerique murmurait les délices qui attendaient Petite Scheharazade en cette nouvelle année …

 

jeudi, 25 décembre 2008

Joyeux Noël

 

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« Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières : de presque toutes les maisons sortaient une délicieuse odeur, celle de l’oie, qu’on rôtissait pour le festin du soir. […] L’enfant gratta une troisième allumette, et elle se vit transportée près d’un arbre de Noël, splendide. »

 

 

 

[La Petite fille aux allumettes, H.C Andersen]

 

 

 

 

 

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Cette année il n’y avait point de neige dans le royaume. Il semble que Dame Hiver avait encore omît de secouer sa longue pèlerine blanche au-dessus des cimes.

Cette année il n’y avait point de festivités de Noël au Palais. Le labeur avait appelé Monsieur Papa & Madame Reine dans d’autres contrées.

 

 

 

Point de pâtisserie au miel et à la cannelle, point de mignardise au chocolat et au gingembre, point de pain d’épices allemand. Nul chant de  Noël dans le gramophone, nulle flamme dansante dans l’âtre et nul paquet sous le fier sympa.

Cette année Petite Scheharazade était seule pendant la nuit sainte. Dans le tombeau froid et désolé qu’était la demeure vide, les notes de Tchaïkovski résonnaient tandis que la Princesse déambulait pensive, un breuvage fumant à la main.

 

 

 

Cette solitude n’empêcha point Petite Scheharazade de revêtir de beaux atours, de chausser ses petits pieds dans les souliers de la Fée Vivienne et de se servir une coupe de vin de Champagne tout en rêvant.

 

 

 

Seule mais élégante. Na.

 

lundi, 08 décembre 2008

Mangue, Ananas & Lait de Coco

 

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« Juste à côté, le Ten Bells Pub que Robinson lorgna avec insistance. Le quartier présentait un fascinant mélange d’échoppes, de fabriques, d’églises, de magasins juifs, de music-halls, de brasseries et de tavernes. »

 

 

 

[Le Miroir des Ombres, Brigitte Aubert]

 

 

 

 

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La nuit noire avait étendu ses doigts crochus et les diamants accrochés à sa chevelure d’ébène scintillaient d’un éclat livide. Emmitouflée dans ses atours d’hiver, Petite Scheharazade s’en allait rejoindre les damoiselles de la  boutique de colifichets où elle œuvrait de temps en temps. Dame Souveraine allait bientôt s’envoler vers d’autres cieux. Elle tenait à aller s’encanailler avec ses Petites Mains dans quelques bouges pour célébrer son départ. Juste comme ça.

 

 

 

La Taverne qui accueillit Petite Scheharazade et ses compagnes était sombre, lézardée de lumière blafarde. Une musique tonitruante empêchait le chaland de deviser. Qu’importe, il était là pour boire. Les damoiselles s’installèrent autour d’un guéridon sur lequel tremblotait une petite bougie. Des breuvages bigarrés surgirent sur la petite table vermoulue.

 

 

 

Plus tard les douze coups de minuit passés, les demoiselles s’aperçurent que le carrosse de retour s’était évanoui. Qu’importe, une fraîche petite balade au clair de lune est du meilleur effet pour le teint. Avisée, Petite Scheharazade n’avait point chaussé ses pantoufles de verre, mais de petits souliers démoniaques.

 

 

 

Quelques heures après la Princesse sombrait dans les bras de Morphée.

 

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