samedi, 31 octobre 2009

A l'anglaise.

 

 

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« L’Enfer ne sera pas complet avant que vous n’y soyez. »

 

[Proverbe écossais]

 

 

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Dans le petit réduit qui servait de cuisine, la bouilloire ébène ronronnait doucement. De son bec épaté sortaient des volutes de vapeur blanche qui réchauffaient l’atmosphère de la petite pièce. Sur la frêle table de bois se trouvaient diverses denrées sucrées propres à allécher les palais gourmands les plus délicats ; un minuscule pot en verre rapporté de Malte et empli de marmelade de figues avait des promesses d’ivresse parfumée ; des feuilles de menthe enveloppées dans une gaze parfumaient délicatement la petite pièce ; de larges tranches de pain, dorées et brûlantes, reposaient dans une toute petite assiette rose. Une petite cuillère d’argent était posée sur un énorme livre où une tête couronnée souriait.

 

 

Dans sa mansarde, Petite Scheharazade, les yeux papillonnant de sommeil, s’étira puis plongea la tête dans sa garde-robe. Du bout de ses doigts blancs, elle effleura les étoffes pendues là sur leur cintre de satin noir – laine, cachemire, soie -. La bise glacée qui entrait par la fenêtre ouverte et le ciel étoilé qui persistait,  la déterminèrent à se lover dans un doux et chaud pantalon en laine rouge, qui réchauffa bien vite ses jambes nues. Un fin corsage de cachemire noir enveloppa vite ses épaules, et la Demoiselle  s’éclipsa dans les corridors sombres et glacés du logis.

 

 

Tout en frissonnant, Petite Scheharazade émergea dans la petite cuisine, qui baignait dans une bienheureuse chaleur. La bouilloire ronronnait toujours. Avec allégresse. Bientôt une odeur douçâtre de menthe s’éleva dans les airs, se mélangeant aux effluves de  pain grillé. Petite Scheharazade se blottit dans un fauteuil, empoigna l’ouvrage qui traînait sur la table. Et, tout en dévorant les premières pages, elle croqua dans la croustillante tartine généreusement parée de marmelade maltaise. Le parfum de la figue embauma alors quelques instants la pièce.

 

 

Dehors l’aube tardait toujours. La tête couronnée quant à elle, souriait toujours.

 

lundi, 20 avril 2009

"Mécomptes de fées"

 

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« La Science-fiction, c’est la Fantasy…avec des boulons. »

 

 

 

[Terry Pratchett]

 

 

 

 

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Petite Scheharazade secoua sa frimousse. Quelques mèches de sa chevelure lui retombèrent sur les yeux. Elle les écarta négligemment et fronça les sourcils. Le firmament était plus gris que le tablier d’une souillon, une ondée de mauvais augure détrempait le pavé et plusieurs dépouilles de fleurs pourrissaient par terre. Même les portraits suspendus au mur avaient l’air maussade.

 

 

 

Nul astre solaire gras et doré à l’horizon. Le faquin avait fait ses valises pour s’esquiver en douce sans nul doute vers quelque île parfumée, où le lait de coco coule à flot. Même les volatiles s’étaient volatilisés. Palsambleu voilà un mois d’avril bien morose !

 

 

 

Tout ce gris donnait la nausée à Petite Scheharazade. Il lui fallait du blanc, du laiteux, de la luminosité. La Demoiselle attrapa son nouveau corsage ivoirin tout droit échappé de quelque atelier elfique, qui s’accordait à merveille à son jupon incandescent tissé par Madame Mère. Un bandeau vermillon vint compléter la toilette de la belle. Petite Scheharazade jeta un dernier coup d’œil dans le miroir opalescent, attrapa son aumônière et sortit du logis.

 

 

 

Il était grand temps de s’en aller quérir son pain ou plutôt son chirashi.

 

vendredi, 20 mars 2009

Le toucher. [part III]

 

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« Le goût du vrai beau n’était pas perdu en France, mais la mode l’avait changé : Boucher avait introduit des bergères à pieds nus avec des paniers comme à l’Opéra. »

 

 

[Dufort de Cheverny, Mémoires]

 

 

 

 

 

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Un exquis bruissement  se produisit lorsque les longs doigts pâles effleurèrent le tissu de soie. L’étoffe était douce et velouté comme une caresse.

 

 

 

Le colifichet de soie si soyeux reposait nonchalamment sur la petite table à opium. L’écrin brut et dur que formait la petite table contrastait avec la fragilité du carré de soie. Des images de caravansérails, de périples en caravelle et à dos de dromadaire, de voyages aux Indes et de traversées du Siam s’imposèrent à Petite Scheharazade.  Les figures d’Alexandra David-Neel, de Mumtaz Mahal, et de Marco Polo vinrent ensuite hanter le boudoir.

 

 

 

Les divers personnages de l’Astrée semblaient s’être invités sur la soie blanche immaculée : Astrée pépiait amoureusement dans l’oreille de Céladon, tandis que les nymphes folâtraient dans les futaies. Voilà un tableau que Boucher n’aurait point dédaigné croquer !

Dans un coin brillaient des lettres de fils d’or : la Fée Vivienne n’avait point omis de parapher son ouvrage satiné.

 

 

 

Il ne restait plus à Petite Scheharazade qu'à attendre une délicate brise pour pouvoir nouer l’étoffe de soie autour de son cou d’albâtre.

 

mercredi, 21 janvier 2009

"Métamorphose Temps de Fille"

 

 

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« Alors les jouets se mirent à jouer à colin-maillard, à la guerre, au bal. […]Le casse-noisettes faisait des culbutes et la craie batifolait sur l’ardoise. Au milieu de ce tapage, le canari s’éveilla et se mit à gazouiller et cela en vers, s’il vous plaît. »

 

 

 

[L’Intrépide soldat de plomb, H.C Andersen]

 

 

 

 

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C’était un après-midi venteux; les dernières dorures des fêtes pourrissaient dans les rues et les arbres décharnés dissimulaient malaisément leur nudité.

La tête dans les éthers, Petite Scheharazade s’en souciait fort peu. Elle se rendait au logis de Dame Sayà pour une cérémonie du thé fantasque et débridée.

 

 

 

Au petit logis de son amie, Petite Scheharazade échangea quelques écus d’or contre des toilettes féeriques ; une somptueuse pelisse de Reine des Neiges ornée d’un col de fourrure blanche et de trois gros nœuds de velours parerait désormais la Belle lors de ses voyages ; une majestueuse jupe ivoire rehaussée de fleurs de Lys habillerait avec élégances ses jambes.

 

 

 

Les frivolités terminées, Petite Scheharazade & Dame Sayà se préparèrent pour des festivités plus sanguinolentes. L’avenant Sweeney Todd et sa courtoise compagne les régalèrent d’un spectacle fort distrayant, tandis que dans leurs petites assiettes blanches reposait une pâtisserie aux épices et que dans leurs coupes dormait un élixir parfumé.

 

 

 

La nuit était bien entamée lorsque Petite Scheharazade s’en fut, petite silhouette sombre dansante dans la brume …

 

lundi, 12 janvier 2009

Hide-and-seek Party

 

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« Blanche fille aux cheveux roux,

Dont la robe par ses trous

Laisse voir la pauvreté

Et la beauté,

 

 

 

 

Pour moi, poëte chétif,

Ton jeune corps maladif,

Plein de taches de rousseur,

A sa douceur.

 

 

 

Tu portes plus galamment

Qu’une reine de roman

Ses cothurnes de velours

Tes sabots lourds. »

 

 

 

 

[Charles Baudelaire]

 

 

 

 

 

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Dans la demeure lugubre dansaient les flammes des candélabres. Elles se reflétaient dans les grands miroirs vénitiens. Dans l’ombre le sourire narquois du Chat luisait.  Un silence inquiétant planait. C’était l’heure rêvée pour les spectres.

 

 

 

 

Soudain le Chat dressa l’oreille ; un bruissement feutré et fugace lui avait chatouillé l’ouïe. Petite Scheharazade pénétra dans la pièce sur la pointe des pieds. Le Chat tressaillit : la damoiselle était vêtue d’une toilette ensanglantée.

Dans la pénombre seule ressortait sa peau laiteuse. Le Chat cligna des yeux. Son sourire s’élargit ; la toilette de la demoiselle était seulement de couleur pourpre et non en sang. Un nœud la retenait aux épaules.

 

 

 

Petite Scheharazade entra en catimini. Elle tenait à la main une lanterne qui luisait faiblement. Un à un les candélabres s’éteignirent. La partie de cache-cache avec les spectres pouvait débuter !

  

 

samedi, 13 décembre 2008

La Fée Vivienne : Chapitre II

 

 

 

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« Tu es comme un chat sauvage qui n’en fait qu’à sa tête tu es fière et libre mais …

Tu portais une blessure incurable.

Moi qui suis si candide,

J’admirais aussi cet aspect de ta personnalité sans savoir combien tu souffrais. »

 

 

 

[Komatsu Nana]

 

 

 

 

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Dans un royaume lointain vivait une fée extravagante. Elle était d’un âge fort avancé mais les flammes de sa chevelure étaient toujours vivaces et ses yeux pétillaient toujours autant. Elle se drapait dans des atours aux formes improbables. Son talisman était un Orb d’or ; un globe étincelant d’élégance et d’étrangeté.

Pour elle travaillaient mille & une petites créatures. Elles confectionnaient colifichets, toilettes et moult fanfreluches afin de vêtir les élégantes des royaumes voisins. Elle avait pour nom : Fée Vivienne.

 

 

 

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Dans ses vastes ateliers baroques une petite merveille venait de voir le jour.

Dame Nuit avait offert un morceau de sa pèlerine de velours aux petites créatures. Les suivantes de la Cour de Seelie avaient tissé une étoffe bigarrée, faite de fils d’or, de rose et d’argent.

Avec ceci, les petites créatures confectionnèrent deux adorables pantoufles, les plus charmantes qui soient. Pour finir, la Fée Vivienne les toucha de son auguste baguette, d’où jaillit une gerbe d’étincelles. Les petits souliers de princesse se trouvèrent alors ornés de deux petits Orbs d’or, comme si deux morceaux d’étoiles avaient été arrachés des Cieux pour rehausser le velours nuit.

 

 

 

Non loin de là, Petite Scheharazade dégustait un énième thé dans son château.

Tandis que l’obscurité tombait, elle feuilletait une gazette mondaine, qui dévoilait aux damoiselles de qualité les dernières élégances en vogue. Parmi tous ces falbalas, la Princesse découvrit les deux petites pantoufles de verre de la Fée Vivienne. Certes il s’agissait de conserver à l’abri les deniers chèrement acquis. Une escapade dans l’Empire du Soleil Levant s’avèrerait fort gourmande. Mais tudieu ! des souliers couleur de nuit ne seraient point de trop dans sa garde-robe !

 

 

 

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Le jour suivant, Petite Scheharazade ne prit point le temps de faire atteler son attelage, elle couru à l’entrée du Monde souterrain le plus proche, parcouru de longs boyaux obscurs avec rapidité pour émerger enfin devant une étrange échoppe. Elle était vaste, éclairée à l’aide de gigantesques candélabres. Des monceaux de toilettes, de chaussures, de parures et de bien d’autres objets hétéroclites occupaient l’espace du sol au plafond.

Petite Scheharazade découvrir parmi tous ces trésors les fameuses pantoufles de verre.

 

 

 

Elle s’en empara puis regagna son lugubre château froid où l’attendait une énième tasse de thé …

 

 

samedi, 11 octobre 2008

"Pale"

 

 

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« Sa Marraine […] lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi parée, elle monta en carrosse. »

 

 

[Cendrillon ou la petite pantoufle de verre, Perrault]

 

 

 

 

 

 

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Petite, étroite et sans porte vers un autre monde – quoique -, la garde-robe de Petite Scheharazade présentait diverses toilettes élimées. Diantre que d’oripeaux !

La demoiselle se plongea dans cet amoncellement d’effets pour se défaire des atours les plus détestables.  

 

 

 

Plus tard, en quittant le Temple du Savoir, Petite Scheharazade se rendit dans une petite échoppe. Malheureusement la boutique n’était point  déserte : un ban d’oies - ou autres gallinacés gloussantes et agaçantes -  caquetait dans chaque coin.  Point de boutiquière à l’horizon. Les malheureuses avaient fui. A moins que le mauvais goût, la rustrerie et la trivialité n’eurent raison d’elles…

 

 

 

Petite Scheharazade piocha plusieurs pièces d’or dans son aumônière dont elle se délesta au profit d’une paire de souliers couleur neige. Des pantoufles de fée, tissées avec des fils de lune et quelques brins de nuage.

 

 

 

Des pantoufles de fée qui trouvèrent leur place près des vieux grimoires en attendant un futur bal…

 

samedi, 06 septembre 2008

" De l'autre côté du miroir "

 

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«  Sur cette console se trouvait une ravissante petite bergère en porcelaine, portant des souliers d’or, une robe coquettement retroussée par une rose rouge, un chapeau doré et sa houlette de bergère. »

 

 

 

[H.C. Andersen]

 

 

 

 

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Par temps de pluie et de vent il ne fait point bon de s’emmitoufler dans du petit gris ou des couleurs sombres. Petite Scheharazade se drape dans des fleurs rose, parme et neige, sort de sa bibliothèque le lourd et riche volume du Château des Carpates pour s’y plonger avec délectation.

 

 

 

Mais attention Petite Princesse de ne point te perdre dans les méandres des pages et dans le labyrinthe forestier de Transylvanie.

Petite Scheharazade emporta sa délicate montre à gousset, présent d’un Roi afin de ne pas omettre de regagner son monde. Se perdre au Pays de Faërie est vite arrivé.

 

 

 

Quoique, une tasse de thé parfumé est un excellent antidote pour retrouver le chemin du Palais …

 

 

 

 

mercredi, 27 août 2008

La Fée Vivienne

 

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« J’ai une prédilection pour un rose particulier que j’appelle ‘Boudoir’. C’est une couleur à la fois très anglaise, féminine et raffinée. »

 

 

 

[Vivienne Westwood]

 

 

 

 

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Petite Scheharazade est une grande rêveuse qui marche sur des nuages la tête dans les étoiles et se cogne parfois la tête à quelques planètes.

 

 

 

Il y a des lunes que la Princesse rêvait d’un somptueux sac élégant, original et fantasque, une œuvre magistrale créée par la Fée Vivienne (Westwood). Celle-ci avait mélangé des pétales de rose, trois rayons de soleil, quelques morceaux d’ivoire, le tout saupoudré de flocons de neige. Et en agitant sa baguette magique Dame Westwood avait fait apparaître le plus merveilleux des sacs.

 

 

 

Par un bel après-midi ensoleillé Petite Scheharazade entassa dans son escarcelle de nombreux écus d’or. Elle enfila ensuite de jolis souliers rose poudré et s’en fut. Après moult péripéties sous terre, la Demoiselle se retrouva dans une immense tour où s’amoncelait des colifichets et des toilettes à foison, des montagnes de pantoufles toutes plus jolies les unes que les autres et de nombreux sacs par millier.

 

 

 

Toutefois dans cette tour de verre où la tentation est tapie derrière chaque portant, les individus qui la peuplent ne sont point tous de noble sang. Il y a quelques personnes avenantes, charmantes et fort bien élevées, mais il y a aussi de nombreux spécimens  frustes et fort peu subtiles plus aptes à bousculer autrui qu’à être délicates.

 

 

 

Petite Scheharazade découvrit enfin l’antre de la Fée Vivienne. Tout n’était qu’or, pourpre, originalité et glamour. Les portants or et cuivre croulent sous des volutes de tartan, de dentelle et de velours.

L’objet convoité attendait sagement en hauteur, loin de toute impureté humaine. Des doigts d’albâtre le redescendirent sur terre pour l’offrir à Petite Scheharazade.

 

 

 

La Princesse regagna son palais avec élégance, mais l’aumônière un peu plus légère. Ou plutôt vide. Tant pis pour les futur déjeuners, la nourriture spirituelle, c’est bien aussi, non ?

 

vendredi, 22 août 2008

"Siffler en travaillant"

 

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« La personnalité est la garde-robe du moi. »

 

 

[Louis Scutenaire]

 

 

 

 

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A défaut de se métamorphoser en Belle au Bois dormant en s’assoupissant au travail, Petite Scheharazade revêt l’apparence de Cendrillon lorsque l’attend le labeur en sa demeure.

 

 

 

Ce n’est point le gazouillis des oiseaux qui leva la Princesse de sa couche mais la complainte du réveille-matin. 

En un claquement de doigts ce fut la farandole des bulles de savons, le ballet des éponges et la danse du plumeau. En un claquement de doigts le mobilier de bois étincela, les cuivres brillèrent et les miroirs reprirent la parole.

 

 

 

Le palais de nouveau  scintillant, Petite Scheharazade se plongea dans sa garde-robe sans fond. Il s’agissait désormais de nager parmi les dentelles, les rubans, les falbalas et autres colifichets pour y substituer les toilettes jamais portées, y découvrir des pièces oubliées et … remettre un peu d’ordre sur les petites étagères.

 

 

 

La Princesse y (re)découvrit quelques trésors ; deux, trois corsages ébène et sang réchappés d’une œuvre du Sieur Burton, quelques petits jupons de dentelle noire et richelieus de cuir sombre. Point besoin de vider les coffres pour se concocter une nouvelle garde-robe automnale, un peu d’imagination et Cendrillon peut se rendre au bal.

 

 

 

Mais que faire des toilettes et des souliers déchus ? Les abandonner ? Nenni. Les jeter dans l’âtre ?  Tudieu non. Petite Scheharazade se décida à les envoyer dans une Baie enchantée, là où ils feraient peut-être le bonheur d’autres damoiselles …

 

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