jeudi, 11 juin 2009

En chasse.

 

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« Victor musa devant ces merveilles. »

 

 

[La Momie de la Butte-aux-cailles, Claude Izner]

 

 

 

 

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La saison des épreuves s’achevait doucement. Les angoissants spectres de l’anxiété et de l’appréhension planaient toujours autour de Petite Scheharazade. De plus, Hélios semblait s’être définitivement enfui au fin fond de l’Olympe. A moins que son phaéton ne soit défectueux. C’était un temps à partir à la chasse aux livres.

 

 

Petite Scheharazade  s’arma de son filet à papillon, d’une grande besace noire et chaussa ses bottines de cuir. Dehors Tlaloc sévissait toujours. La Demoiselle emprunta les souterrains empuantis, qui serpentaient sous la Cité, pour rejoindre le gigantesque parc où paissaient ses proies. C’était plutôt une sorte d’immense bazar ; sous un gigantesque dais en fer forgé, des monceaux d’ouvrages anciens assoupis attendaient le chaland. Ou le chasseur. Quelques rares quidams musardaient ça et là,  l’air de rien, à l’affût d’un butin à amasser.

 

 

Petite Scheharazade s’avança à pas de loup dans les allées étroites et encombrées. Les vieux livres exhalaient un parfum âcre mais doux. La demoiselle avisa de petits coffrets où moult ouvrages, opuscules, plaquettes dormaient. Parmi ces livres, Petite Scheharazade découvrit quelques trésors du XIXe siècle. En échange de quelques deniers Petite Scheharazade glissa ces merveilles dans son sac.

 

 

De retour au logis, Petite Scheharazade déposa son butin dans son cabinet de curiosité ; sur la couverture brune du petit opuscule brillaient en lettres d’or un nom : Perrault. A l’intérieur, de minuscules lettres formaient des lettres, des mots, des phrases, des contes. Le langage savoureux et ironique du sieur Perrault déployait tout son talent pour faire rêver le lecteur. Le vieil ouvrage se plut de suite en compagnie des Contes cruels.

 

 

Cette chasse avait aiguisé l’appétit de Petite Scheharazade pour les livres anciens. Un sourire carnassier dévoila ses dents blanches à la pensée de la prochaine chasse.

 

 

Dehors, Tlaloc faisait toujours des siennes.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi, 05 mai 2009

Débordée

 

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« Le langage de Cour unit la pureté à l’élégance. »

 

 

 

[D’Allonville]

 

 

 

 

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Nuit et jour enfermée dans sa Tour en ivoire

La Demoiselle travaille à son Mémoire.

 

 

vendredi, 24 avril 2009

Quelques perles de couleurs ...

 

 

 

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« If you were a mermaid, you said,

If you were a mermaid,

I was the sea. »

 

 

 

[Francesca Lia Block] 

 

 

 

 

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Les vagues déferlantes mugissaient, le chant des dauphins se mêlait aux mélopées des sirènes, l’écume tourbillonnantes, immaculées métamorphosait l’océan en vaste bain moussant.

 

 

 

Petite Scheharazade rouvrit les yeux. Et soupira. La grisaille de la ville était toujours là. Dans la salle des ablutions séchait son costume de bain. Bleuté, délavé, il gisait là comme la peau morte d’une sirène qui aurait mué.

 

 

 

Petite Scheharazade plongea son pinceau dans un godet d’eau. Le bleu cobalt s’écrasa sur la feuille de parchemin, des petites gouttes d’eau éclaboussèrent le papier. Le pinceau changea de toilette et s’enveloppa d’une délicate couleur pêche, puis esquissa les gracieux contours d’une petite frimousse marine. Plusieurs perles de couleurs plus tard, une petite sirène nageait devant les prunelles de Petite Scheharazade.

 

 

 

La Demoiselle retourna ensuite à sa rêverie. Le costume de bain gouttait toujours.

 

mercredi, 25 février 2009

La Tour d'ivoire

 

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« La sorcière l'enferma dans une tour qui se dressait, sans escalier ni porte, au milieu d'une forêt. Et comme la tour n'avait pas d'autre ouverture qu'une minuscule fenêtre tout en haut, quand la sorcière voulait y entrer, elle appelait sous la fenêtre et criait : ‘Raiponce, Raiponce, descends-moi tes cheveux.’ »

 

 

[Raiponce, Grimm]

 

 

 

 

 

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En haut de sa tour d’ivoire la demoiselle

Y est retirée, dans une petite pièce

Sombre, encombrée de grimoires et de plumes.

Nulle âme ne peut s’y enfuir à tire-d’aile.

 

 

Petite Scheharazade gît au fond de

Sa couche.  Ses cheveux flamboient sur l’oreiller

Couleur crème en une auréole soyeuse.

 

 

Le démon de la fièvre a pris possession

De la jeune fille. Ses grands yeux fiévreux

Voient voltiger moult étranges apparitions.

 

 

En haut de sa tour d’ivoire la damoiselle

Boit une mystérieuse décoction.

Voilà un remède exquis pour se rétablir.

 

 

samedi, 25 octobre 2008

Mermaids & pastels

 

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« Que de  nuits elle passait debout à la fenêtre, scrutant la sombre eau bleue que les poissons battaient de leurs nageoires et de leur queue. Elle apercevait la lune et les étoiles plus pâles il est vrai à travers l’eau, mais plus grandes aussi qu’à nos yeux. »

 

 

 

[La Petite Sirène, H.C Andersen]

 

 

 

 

 

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Malgré les intempéries automnales Petite Scheharazade a sorti son costume bleuté de naïade de la garde-robe et l’a glissé dans son sac à malices.

 

 

 

A peine sortie du Temple du Savoir en compagnie de camarades de classe, la Princesse se dirigea d’un pas dansant vers un bassin aquatique. Son sang de sirène bouillonnant en elle, la demoiselle se glissa avec délice dans l’eau turquoise. Le bassin contenait une population fort nombreuse en dépit de sa petitesse.

Qu’importe, Petite Scheharazade s’élança et retrouva les mouvements gracieux des différentes nages de son enfance.

 

 

 

Si la demoiselle avait du sang de sirène, un certain quidam avait du sang de mufle. Non content de nager sans élégance, avec médiocrité et moult éclaboussures, le gougnafier ne supporta pas que Petite Scheharazade éclipse ses talents de marsouin. Sans vergogne il osa reprocher à la Princesse la célérité de son crawl. Il fut bien chanceux de ne point se trouver face à une demoiselle sans éducation, qui préféra un froid mépris au violent soufflet qu’il méritait.

 

 

 

De retour au Palais, Petite Scheharazade prit quelques feuilles parcheminées et sa petite boîte de pastels nippons. L’odeur particulière et la texture de ses crayons gras plaisaient depuis toujours à la Princesse. De plus cette petite boîte blanche estampillée Sakura avait appartenu autrefois à sa Mère. Un précieux écrin qui soulignait le lien artistique entre la damoiselle et la Reine.

 

 

 

C’est le portrait d’une autre sirène qui naquit sur le parchemin bleu, tandis que le rouge flamboyant de sa chevelure le disputait à la flamme de la bougie qui tressautait.

 

 

mercredi, 15 octobre 2008

"Le Château des Carpathes"

 

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« Château abandonné, château hanté, château visionné. Les vives et ardentes imaginations l’ont bientôt peuplé de fantômes, les revenants y apparaissent, les esprits y reviennent aux heures de la nuit. […] Sur ce plateau isolé, qui est inaccessible, excepté par la gauche du col de Vulkan, il n’était pas douteux qu’il abritât des dragons, des fées, des stryges, peut-être aussi quelques revenants de la famille des barons de Gortz. »

 

 

 

[Le Château des Carpathes, Jules Verne]

 

 

 

 

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Il ne fait point  bon d’être – trop – oisive. C’est Madame la comtesse de Ségur qui l’affirme. Si.

 

 

 

Petite Scheharazade a rouvert sa malle ancienne, cette malle de voyage où elle dissimule ses carnets de voyages et ses couleurs, pour en ressortir parchemins et boîte d’aquarelles. Cette insignifiante petite boîte noire de métal cache en son sein quelques godets de couleurs ; terre de sienne, vermillon, bleu cobalt, noir ébène, entre autres. Pour son seizième anniversaire une « jeune Princesse » avait eu un sommeil de Cent Ans comme présent. Petite Scheharazade avait eu, elle, cette petite boîte de métal, et quelques pinceaux aussi. Ce fut moins ennuyeux pour elle.

 

 

 

La Demoiselle s’installa à son bonheur-du-jour, y étala papiers et peintures. Et commença à gribouiller. Près d’elle fumait une grande tasse de thé épicé et les mélopées de Casse-noisettes virevoltaient dans la pièce.

 

 

 

Un château sombre se dessina sur le grain du papier et pris bientôt place dans les appartements de Petite Scheharazade près des licornes de Monsieur Moreau et autres facéties.

 

 

 

 

lundi, 29 septembre 2008

" Angemort "

 

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Loin là-bas dans sa ville, une Princesse avait souhaité connaître les arcanes et autres secrets de la bibliothèque de Petite Scheharazade.  

 

 

 

Revenue de l’Autre Monde, Petite Scheharazade décida d’exaucer le souhait de sa virtuelle amie. Pour cela, elle attrapa un bougeoir en argent, posa sur ses épaules graciles une étoffe or et rose, repoussa une mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux et sortit de ses appartements.

 

 

 

La nuit était déjà tombée depuis un fort long moment. Dans le couloir sombre, les grandes fenêtres laissaient entrer la clarté lugubre de la lune et l’éclat coruscant des étoiles. Au dehors les branches noires et décharnées des arbres s’agitaient furieusement. Un long cri canin fit frissonner la jeune fille.

 

 

Parvenue devant la lourde porte qui marquait l’entrée du sanctuaire dédié aux livres, Petite Scheharazade marqua un temps d’arrêt, rajusta l’étole qui glissait sur ses épaules et enfin entra.

 

 

 

Là, au milieu de cette forêt de rayonnages la Princesse se sentit apaisée. Nul bruit à part le crépitement de la chandelle. Petite Scheharazade fit le tour des étagères de bois. Parfois - à la lueur de la bougie - des titres aux caractères d’or éclaboussaient les yeux de la damoiselle en lui promettant monts et merveilles. Le plus difficile était de découvrir l’ouvrage particulier à faire découvrir à cette autre princesse.

 

 

 

De façon inopinée la chandelle éclaira un petit grimoire noir au titre opalin : Angemort. Petite Scheharazade se remémora alors cette journée de l’an passé où elle avait reçu au courrier du matin un misérable petit paquet marron. A l’intérieur se nichait le dernier ouvrage de Sire Cédric. Sur la page de garde, l’auteur avait laissé un mot à la plume dédié à la Princesse. Plus tard, Petite Scheharazade avait dévoré ce livre envoûtant et horrible, blottie sous une énorme couette en plume d’oie…

 

 

 

La demoiselle saisie alors l’ouvrage entre ses doigts blêmes, quitta la forêt des rayonnages sans omettre de refermer la lourde porte puis regagna ses appartements. Là, elle alluma le candélabre et - alors que la lune poursuivait sa course - se replongea dans cet ouvrage ténébreux :

 

 

« […] Il lui avait fallu une éternité avant de reprendre connaissance, et encore, elle était longtemps restée en chien de fusil dans les replis de velours noir, aux pieds du mannequin habillé de peau, de peau angélique, ne sachant quoi faire, terrorisée, les yeux plein de larmes.

-         Aide-moi, lui avait répété la voix désincarnée.

La jeune fille, sans attendre, avait rassemblé le peu de ses forces qui étaient revenues, et s’était élancée en titubant dans les couloirs des catacombes, en direction des escaliers qui menaient au magasin. […] »

 

 

 

Cet extrait là était parfait.

 

jeudi, 11 septembre 2008

"Le Fait du prince"

 

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« Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate. »

 

 

[Amélie Nothomb]

 

 

 

 

 

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La faim de livres était toujours aussi forte pour Petite Scheharazade. Cette douleur lancinante avait été ravivée au cours d’une petite plongée au cœur de sa bibliothèque : La Nuit des rois achevée, il fallait bien se mettre quelque chose sous les quenottes.

 

 

 

Le met raffiné qui allait rassasier la Princesse lui fit servi sur une assiette de porcelaine. Un tableau onirique où pleuvent des étoiles, scintille une couronne et nagent des nénuphars, ne pouvait qu’attirer Petite Scheharazade. Cette vision enchantée recelait des litres de vin de Champagne, un Prince et des désirs d’aventures.

 

 

 

Selon la gazette du Royaume, l’auteur de ce Fait du Prince sévissait en début de soirée sur la plus belle avenue du monde.

Petite Scheharazade s’installa devant sa coiffeuse, peigna ses cheveux de soie, laissa tomber quelques gouttes de sang sur ses ongles  et orna sa gorge de sa montre de contes.

 

 

 

La soirée fut fort longue, heureusement que la Princesse avait reçu le don de la patience (ou pas). Une mauvaise fée, à moins que ce ne soit un vilain gnome, s’était arrangée pour que le Temps s’étire à l’infini : dans la clepsydre l’eau semblait s’écouler lentement.

Enfin, Petite Scheharazade eut l’occasion d’aller saluer Dame Amélie, magnifique dans une toilette de velours noir aux longues manches flottantes.

 

 

 

La Princesse regagna dans la nuit son Palais exténuée et affamée. Il était temps de se sustenter d’un peu de nourriture terrestre, car la nourriture spirituelle n’est pas la seule essentielle …

 

 

 

 

 

 

lundi, 08 septembre 2008

"J'ai faim"

 

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Un petit questionnaire de lecture avec de vrais morceaux de livres dedans…

 

 

 

 

Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Une méridienne moelleuse et soyeuse, une petite Princesse et son petit frère cadet blotti contre leur Père qui leur narrait les incroyables et merveilleuses aventures des seigneurs de la Table Ronde. La voix, les mots faisaient surgir dans le salon l’illustre Arthur, le valeureux  Lancelot et la maléfique Morgane. Tandis que Madame Mère était plongée dans un énième volume d’Agatha Christie.

 

Plus tard, une petite salle de classe dans une vieille école. Cela sent le parquet ciré, la poussière de craie et la pluie. C’est le Temple du Savoir, celui qui permettra enfin à Petite Scheharazade de percer le mystère des livres …

 

 

Les premières lectures préférées d’une petite fille ?

Moult ouvrages enfantins : les perles merveilleuses de Roal Dahl qui, avec de simples mots sait créer des mondes enchantés et étranges ; les extraordinaires aventures de Fantômette et de Langelot, celles d’Alice, du Club des Cinq, du Clan des Sept ou encore des Sœurs Parker. Sans omettre tous les livres de contes de fées que Petite Scheharazade peut dévorer ; les sombres histoires de Monsieur Andersen, les féeries du Sieur Perrault et les fantaisies des Frères Grimm, les étrangetés de Messieurs Barrie et Carroll. Petite Scheharazade découvre aussi émerveillée le charmant univers de Madame la comtesse de Ségur, là où chaque petite fille porte des rubans dans les cheveux, reçoit des poupées de porcelaine aux longs cils et s’en va à la cueillette de châtaignes.

 

 

 

 Votre conte préféré ?

Choix difficile que celui là …

 La Petite Sirène de Hans Christian Andersen. Un univers maritime enchanté, un palais de cristal, des sirènes, une petite princesse qui veut voyager et s’envoler pour un monde étrange.  Une héroïne qui renonce à son monde, à sa nageoire et à sa voix pour obtenir ce qu’elle souhaite, et qui en plus réussit à réaliser son rêve …

Le Bal des douze princesses des Grimm. Douze charmantes princesses ne s’en laissent point conter par les prétendants et réussissent chaque soir à déjouer la vigilance de leur chaperon pour s’éclipser au bal… Un endroit merveilleux où les feuilles des arbres sont d’or et parfois de diamant.

Finist le beau Sokol.  L’imaginaire russe où foisonnent Prince, Princesse, neige, traîneau, Baba Yaga, œufs magiques et forêts sombres …

 

 

 

 La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
 

De bonnes adaptations sont difficiles à trouver, l’esprit de l’auteur est soit complètement oublié, soit dénaturé, les personnages ne correspondent point du tout ou bien la mise en scène est trop terre à terre.

Heureusement, il existe quelques perles dans le monde de l’Etrange Lucarne : la série policière britannique Hercule Poirot qui recrée parfaitement l’univers de la Grande Dame du Crime – David Suchet est le meilleur représentant du détective belge, les manoirs sont sombres et beaux, les costumes époustouflants et les intrigues fort bien menées.

 

 


Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?

Tudieu, non. Mais, Petite Scheharazade note dans ses grimoires les morceaux des ouvrages qui lui plaisent, ceux qui sont beaux, cruels ou lorsque les mots coulent comme du miel. 

 

 

 

Avez-vous plusieurs lectures sur le feu ?

La table de chevet de Petite Scheharazade croule sous les livres : un peu de XVIIIe siècle avec Bleu de Sèvres de Jean-Paul Desprat, un peu de grandeur shakespearienne avec Twelfth Night. Et d’autres ouvrages fort fascinants …

A déguster avec un thé enivrant et une bougie parfumée :

 

« La favorite avait repris la mode de recevoir dans son lit, qui avait été autrefois celle des ruelles à l’époque des précieuses, mais elle l’avait agrémentée des manières canailles des grisettes, en se faisant servir son chocolat en public. Elle était inimitable de grâce dans ses grands peignoirs de soie à ramages de trois tons verts, beurrant elle-même et tartinant de miel ses rôties, roulant entre ses doigts fins le mousseur de la chocolatière avant d’en verser le liquide d’ambre odorant dans sa petite tasse de Sèvres. »

 

 

 Le poète que vous ne cesserez jamais de relire ?

 

 Le dandy maudit Baudelaire pour l’esthétisme de sa plume, l’Horreur mêlée à la Beauté et les rêves de voyage :

 


« Comme un navire qui s’éveille
         Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
         Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
         De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
         L’or avec le fer. »

 

 


Le plaisant Saint John Perse qui sait jouer avec les mots, comme une petite fille joue avec des perles :

 

« Fut embaumée, fut lavée d'or,
Mise au tombeau dans les pierres noires:
En lieu d'agaves, de beau temps,
Avec ses cages à grillons
Et le soleil d'ennui des Rois. »

 

 

 

 

Le livre lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Petite Scheharazade a un solide appétit et les livres qui lui plaisent sont rapidement dévorés. Si ce n’est point le cas c’est que l’ouvrage n’en vaut pas la peine, ou que la Princesse est enfermée dans une tour.




 Le(s) livre(s) qui ne sont jamais rangés dans la bibliothèque et qui traînent toujours ?

Un trésor, présent d’anniversaire, qui trône sur la table de chevet de la Princesse depuis le Troisième Jour du Troisième mois : le bel ouvrage rouge et or de Jules Verne Le Château des Carpates :


« Il voit derrière le mur. Il perce le mur. Il passe le mur. En cette partie très obscure, son pied se heurtait à des débris de tombe. Galeries, obscurité, détours. Et revoit Stillia qu'il croyait ne jamais revoir, qui était là, vivante, comme si elle eût ressuscité, par miracle. La voit, l'entend, veut la toucher la brise. Elle disparaît à jamais. Derrière le miroir, perce le miroir, passe le miroir, détruit le miroir et l'image. »

 

 

La bible nippone Gothic & Lolita de Masayuki Yoshinaga et Katsuhiko Ishikawa ; moult costumes, parures et toilettes somptueuses, horribles, déchirées, éblouissantes. Un délice pour les yeux et un ravissement pour l’imagination.

 

 

 

Le lieu propice à la lecture ?

 

Un fauteuil de cuir moelleux, une couverture de mohair bien douce près de l’âtre, des coussins et un tapis, un train… peu importe puisque la lecture crée une bulle magique autour de Petite Scheharazade.


 Offrez-vous des livres ?


Les Princesses ont-elles des tiares et les perroquets des plumages de couleur ?

 



La plus belle dédicace reçue ?

Celle qui orne un présent évidemment !

 

mercredi, 02 juillet 2008

L'art de la gravure.

 

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« Dessiner suspend la pensée. »

[Jacques Herzog]

 

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Les plumes & les parchemins envahissent le bonheur-du-jour de Petite Scheharazade. Compagnons idéaux pour concocter de jolies épîtres ou de simples esquisses, ils sont indispensables à la Princesse.

 

 

Or, lors de ces quelques jours de vie d’artiste labeur, Petite Scheharazade a eu l’opportunité de s’essayer à la gravure. Point de papier, mais une plaque de métal. Point de plume, mais une sorte de poinçon. Mais, si tracer arabesques et dessins ondulant est fort aisé à la plume, il en va autrement avec un poinçon. Tudieu ! L’expérience est plus ardue.

 

 

Finalement, Petite Scheharazade obtint un petit portrait sur parchemin tout droit sorti de son imagination …

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