samedi, 04 avril 2009

L'odorat [part IV]

 

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«Ma sœur, ma fiancée, elle est un jardin fermé,

Une onde cachée, une fontaine scellée.

Tes pousses forment un paradis de grenade,

Avec les fruits les plus exquis,

Avec du henné et des nards,

Oui, du nard et des safran,

De l’acore et du cinname,

Avec toute sorte d’arbres à encens,

De la myrrhe et de l’aloès

Et les plus suaves des baumiers.

Source des jardins, fontaine d’eaux vives,

Ruisselant du mont Liban ! »

 

 

 

[Shîr ha-Shîrîm]

 

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

 

 

Au logis de Petite Scheharazade il flotte comme une fraîche fragrance orientale, un parfum de lointain, un arôme d’ailleurs.

 

 

 

Pour soigner sa chevelure de sirène la Demoiselle use de la noix de coco. Pour de merveilleux cheveux d’odalisque il suffit d’ondoyer  ses boucles dans une douce mousse parfumée. L’élixir exotique affole les sens en déployant ses charmes sucrés. Bientôt la salle des ablutions baigne dans une atmosphère tropicale ; la saveur de la noix de coco répand un parfum de paradis, on entend presque chanter les perroquets.

Plus tard il ne reste qu’à coiffer la chevelure avec un peigne de buis pour voir renaître les effluves de coco. Pour Petite Scheharazade, la Polynésie n’est point loin. Pondichéry non plus.

 

 

 

Pour embaumer son corps d’albâtre Petite Scheharazade use d’un philtre enivrant qui mêle épices, aromates et fleurs orientales. Les essences de jasmin, de rose, de bergamote et de vanille fleurent bon l’Extrême Orient, la splendeur de la reine de Saba, l’élégance d’une geisha. Devant les prunelles rêveuses de la Demoiselle, c’est le délicat monde des fleurs et des saules qui se matérialise en un instant.

 

 

 

Mais parfois une simple décoction brulante à l’orange et au pain d’épices suffit à aromatiser l’atmosphère.

 

lundi, 17 novembre 2008

Scheharazade ou l'étrange échoppe

 

 

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« Il est de forts parfums pour qui toute matière

Est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre.

En ouvrant un coffret venu de l’orient

Dont la serrure grince et rechigne en criant,

[…] »

 

[Baudelaire]

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

 

Dans sa tour d’ivoire au milieu de mille bougies Petite Scheharazade  lisait les aventures du valeureux Sinbad, de la belle princesse de Deryabar  ou du vaillant Khodadad. Près d’elle fumait un breuvage brûlant au réglisse et à la cannelle. Sur la coiffeuse, parmi les pots à onguents, les flacons de parfums enivrants et les rubans, une nouveauté siégeait.

Lové au creux d’une coupelle de porcelaine un savon sinople reposait. Sa senteur capiteuse et douce emplissait l’atmosphère du boudoir, se mélangeant aux effluves de cannelle et de réglisse.

Laissant son esprit vagabonder Petite Scheharazade se remémora l’étrange échoppe d’où provenait ce pain parfumé.

 

 

 

Dans une rue bien morne elle se dressait – efflanquée - entre deux médiocres bâtisses. Par la porte de cristal entrouverte s’échappaient souvent des arômes sucrés, suaves et épicés.

Lorsqu’elle passait devant, Petite Scheharazade pouvait entrevoir quelques silhouettes qui emplissaient leur panier d’osier d’ingrédients divers. C’était certainement quelques sibylles et sorcières, maints enchanteurs et nécromanciens. En pénétrant dans ce bazar la Demoiselle fit tinter la petite cloche de cuivre accrochée à la porte. Sur des étagères vermoulues s’entassaient des denrées appétissantes, des poudres mystérieuses, des flacons tarabiscotés, des graines de diverses tailles et de diverses formes. Au plafond pendaient de curieux bouquets, le comptoir de la boutiquière n’était en fait qu’un gigantesque aquarium où nageaient moult créatures marines. Heureusement nulle sirène n’y était captive. La prêtresse de ce lieu étonnant était une vieille femme au visage émacié et ridé. Sa chevelure argentée ondulait sur ses épaules étiques. Ses lèvres sèches dessinaient un rictus de bienvenue.

 

 

 

Le choix de Petite Scheharazade se porta sur  un petit savon d’Alep et sur des graines de lin – utiles pour de quelconques enchantements. Malheureusement son aumônière ne contenant que quelques deniers, la Princesse se ravisa et n’emporta que le savon oriental. Elle salua la vieille prêtresse et s’en fut.

De retour au palais, Petite Scheharazade déposa le précieux savon dans son boudoir, au milieu des effets dédiés à ses ablutions, et elle se replongea dans les déboires du Prince Zeyn Alasnam.

 

samedi, 30 août 2008

"Schneeweißchen und Rosenrot"

 

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« C'était du sang en gouttes, très frais, pur, sur la neige. »

 

 

[Giono, Un Roi sans divertissement]

 

 

 

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Petite Scheharazade est une princesse fort choyée. Parfois.

 

 

 

Un coursier bien rapide a parcouru le royaume, traversé des forêts sombres, dévalé des montagnes et franchit des torrents. Il dissimulait dans son escarcelle un bien précieux ; un petit paquet enrubanné concocté par la plus aimable des souris.

 

 

 

Petite Scheharazade le découvrit au cœur de sa boîte à épîtres. Confortablement installée dans son boudoir pastel, la Princesse ôta délicatement le papier chocolat qui recouvrait ce trésor. Au creux des entrailles de papier dormait une petite trousse irisée. La Princesse fit coulisser délicatement le fermoir pour révéler à ses prunelles émerveillées les trésors qu’elle renfermait.

 

 

 

Mille & une petites merveilles ne semblaient qu’attendre d’être réveillées afin de s’épanouir sur une coiffeuse, près d’un miroir ou de quelques perles. Parmi elles, Petite Scheharazade découvrit quelques larmes de sang  dans une fiole noire, parfaites pour embellir des pieds d’albâtre. Il y avait aussi un parfum venu de Versailles et parfait pour un soir de bal ainsi qu’un rouge magique pour des lèvres sanguinolentes à la Blanche-Neige …

 

 

 

Qui a dit que la petite souris n’existait point ?

 

mardi, 15 juillet 2008

" Ma vie de Geisha "

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« Etre Geisha, c’est être appréciée comme une œuvre d’art vivante. »

 

 

[Mémoires d’une Geisha]

 

 

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Il était une fois une Petite Princesse qui, en attendant de s’envoler au Pays du Soleil Levant, apportait une touche nippone à son palais.

 

 

Les papilles et les sens gustatifs de la Princesse étaient comblés par des mets raffinés que lui concoctaient divers maîtres queux. Ce n’était que farandoles de poisson et bols de riz fumant, douces confiseries et litres de thé apportés sur des plateaux de bois.

Un bol de porcelaine avait remplacé son assiette, des baguettes laquées s’étaient substituées à la fourchette et au couteau et les tasses ont pris la place des verres.

 

 

Petit Frère Adoré – n’écrivait non pas des haïkus pour son Aînée vénérée mais  – lui avait trouvé une gazette dédié au Pays des Samouraïs, des Geisha & des Manga. Parfaite pour se rendre à Edo boire un thé, ou accompagner une Sweet Lolita faire ses emplettes à Tokyo.

 

 

Dans la salle des ablutions trônaient moult fards et onguents de Geisha. Des senteurs de magnolia, d’orchidée et de lait faisaient de la petite pièce un havre de paix où l’esprit s’envolait au Pays des songes.

 

 

Tandis que Petite Scheharazade enfilait ses socques et se versait une énième tasse de thé, elle recomptait ses pièces d’or en vue de son futur voyage au Japon.

- Mieux que Vishnu, Petite Scheharazade est capable de faire tout ça à la fois ! -

 

samedi, 14 juin 2008

" Le samedi, c'est soirée mouuusse ! "

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« Les fées font leur lessive dans une bulle de savon

 

 

[Beatrix Beck]

 

 

~

 

Petite Scheharazade aime le luxe, le calme et la volupté.

 

 

D’un simple coup de baguette magique, il est fort simple de se métamorphoser en Cléopâtre :

 

 

Un pudding à l’arsenic… pardon, du savon parfumé à l’orchidée, des bulles enchantées, de la mousse vaporeuse couleur neige, du lait à la vanille et des bougies à la mûre.

 

 

Des joueuses de luth et des danseuses … euh, non, simplement le chant des dauphins et le bruit des vagues.

 

 

Un lion chantant… non, plutôt un petit canard rose qui s’illumine d’un simple claquement de doigt.

 

 

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La recette est ainsi fort simple pour se transformer en Reine des reines !

jeudi, 21 février 2008

Une journée triste à pleurer.

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Il y a de tristes jours comme cela où rien ne va, des jours sombres où les mauvais génies semblent de sortie et s’en donnent à cœur joie.

 

Le soleil darde de faibles rayons, la Princesse encore toute ensommeillée ouvre ses prunelles en pensant à la morose journée qui l’attend ;  toujours nul Prince à l’horizon, une sortie au Moyen Âge avortée… il vaudrait mieux pour elle se replonger dans ses grimoires et ses manuscrits.

 

Petite Scheharazade se dirige d’un pas lent vers la salle des ablutions ; une délicieuse douche bien chaude au parfum vanillé, voilà de quoi mettre de bonne humeur avant le rituel du petit déjeuner. Hélas, trois fois hélas, le sort semble s’acharner. Nul jet d’eau chaud et réconfortant pour ces ablutions ; seule une pluie glacée semble vouloir se manifester. Horreur ! La Fée du robinet a-t-elle décidée elle aussi d’empoisonner la journée de Petite Scheharazade ? Point d’eau chaude dans tout le palais. Enfer et damnation ! Même si Petite Scheharazade apprécie l’eau froide, un tel réveil n’est point fait pour lui plaire, en particulier lorsqu’il n’y a aucune épaule sur laquelle se réconforter …

 

Sur ce il est temps pour la Princesse de regagner son bonheur-du-jour et de s’immerger dans ses ouvrages et autres papiers.

 

samedi, 12 janvier 2008

Un élixir de Conte de Fées

 

 

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Pas une Princesse ne délaisse son boudoir et sa coiffeuse où trône fièrement moult fioles ciselées, beaux flacons dorés, petits coffres de bois ou cassettes argentées.

 

 

Pour Petite Scheharazade, les festivités de Noël ont apporté un parfum qui évoque les fastes d’antan, ceux d’une Cour raffinée ou luxe et douceur faisaient de la vie un Conte de fées. Avec son cabochon doré il n’aurait point été dédaigné par Sa Majesté le Roi Soleil, avec sa fragrance sucrée il aurait pu appartenir à une Marquise de Pompadour ou à une Marie-Antoinette. Même l’estampille du parfumeur évoque ce cher XVIIIe siècle puisque Monsieur Fragonard était un des génies artistiques de son temps, l’ayant chanté et célébré dans ses toiles aux couleurs délicates et chatoyantes.

 

 

Et son nom Grain de Soleil est parfait pour la Caverne enchantée de Petite Scheharazade ; un véritable « élixir d’or pâle » pour une Princesse contemporaine.

 

lundi, 12 novembre 2007

Journée féerique [Part I]

 

 

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Encore un dimanche féerique pour Petite Scheharazade et Dame Gertrude. Un tapis volant les amena tout droit au Temple de la Beauté, là où s’aligne moult flacons de parfums enchanteurs, effluves entêtantes ou fleuries, palettes de couleurs et produits de toute sorte.

 

Encore du temps passé à flâner de merveilles en merveilles, attirées comme des papillons vers tout ce luxe étalé aux yeux de tous. Apprécier les senteurs offertes par différentes fioles colorées, s’envelopper d’un nuage parfumé, et essayer tel ou tel palettes colorées au milieu d’une faune féminine gesticulante, parfois hargneuse, mais toujours amusante à observer.

 

Et, plaisir suprême, se voir aborder par un coiffeur made in America, amusé de jouer à la poupée avec nos longs cheveux, pour ressortir de ce Temple avec de jolies ondulations à l’anglaise.

Une parenthèse beauté pour ensuite poursuivre cette péripétie féerique vers d’autres cieux.

 

A suivre

samedi, 15 septembre 2007

Scheharazade et les Mille & une Nuits

 

 

 

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       Il était une fois, dans un conte enchanté, une Petite Scheharazade transportée au Pays des Mille & une Nuit par la magie d’effluves orientale, grâce à son petit frère (qui la dépasse de plusieurs dizaine de centimètres. No comment).

De retour d’un périple tunisien il rapporte dans sa vieille besace des petits présents pour sa princesse de sœur ; un petit flacon d’essence parfumée pour se métamorphoser en Morgane ou Jasmine et qui trône désormais sur ma table de toilette ; et un petit écrin qui recèle mille & un bâton d’encens pour devenir une sombre prêtresse mystique.

 

 

Il y a des jours comme ça où je bénis le fait de ne point être fille unique.

 

 

Il y a des jours comme ça où il n’y a pas besoin d’avoir un Prince pour recevoir des présents de la gente masculine.