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samedi, 30 août 2008
"Schneeweißchen und Rosenrot"

« C'était du sang en gouttes, très frais, pur, sur la neige. »
[Giono, Un Roi sans divertissement]
~
Petite Scheharazade est une princesse fort choyée. Parfois.
Un coursier bien rapide a parcouru le royaume, traversé des forêts sombres, dévalé des montagnes et franchit des torrents. Il dissimulait dans son escarcelle un bien précieux ; un petit paquet enrubanné concocté par la plus aimable des souris.
Petite Scheharazade le découvrit au cœur de sa boîte à épîtres. Confortablement installée dans son boudoir pastel, la Princesse ôta délicatement le papier chocolat qui recouvrait ce trésor. Au creux des entrailles de papier dormait une petite trousse irisée. La Princesse fit coulisser délicatement le fermoir pour révéler à ses prunelles émerveillées les trésors qu’elle renfermait.
Mille & une petites merveilles ne semblaient qu’attendre d’être réveillées afin de s’épanouir sur une coiffeuse, près d’un miroir ou de quelques perles. Parmi elles, Petite Scheharazade découvrit quelques larmes de sang dans une fiole noire, parfaites pour embellir des pieds d’albâtre. Il y avait aussi un parfum venu de Versailles et parfait pour un soir de bal ainsi qu’un rouge magique pour des lèvres sanguinolentes à la Blanche-Neige …
Qui a dit que la petite souris n’existait point ?
07:00 Publié dans Fards & ablutions | Lien permanent | Commentaires (40) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vernis à ongles tulipe noire, chanel, nail polish, bal à versailles, parfum de reine, rouge allure, rouge à lèvres
mercredi, 27 août 2008
La Fée Vivienne
« J’ai une prédilection pour un rose particulier que j’appelle ‘Boudoir’. C’est une couleur à la fois très anglaise, féminine et raffinée. »
[Vivienne Westwood]
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Petite Scheharazade est une grande rêveuse qui marche sur des nuages la tête dans les étoiles et se cogne parfois la tête à quelques planètes.
Il y a des lunes que la Princesse rêvait d’un somptueux sac élégant, original et fantasque, une œuvre magistrale créée par la Fée Vivienne (Westwood). Celle-ci avait mélangé des pétales de rose, trois rayons de soleil, quelques morceaux d’ivoire, le tout saupoudré de flocons de neige. Et en agitant sa baguette magique Dame Westwood avait fait apparaître le plus merveilleux des sacs.
Par un bel après-midi ensoleillé Petite Scheharazade entassa dans son escarcelle de nombreux écus d’or. Elle enfila ensuite de jolis souliers rose poudré et s’en fut. Après moult péripéties sous terre, la Demoiselle se retrouva dans une immense tour où s’amoncelait des colifichets et des toilettes à foison, des montagnes de pantoufles toutes plus jolies les unes que les autres et de nombreux sacs par millier.
Toutefois dans cette tour de verre où la tentation est tapie derrière chaque portant, les individus qui la peuplent ne sont point tous de noble sang. Il y a quelques personnes avenantes, charmantes et fort bien élevées, mais il y a aussi de nombreux spécimens frustes et fort peu subtiles plus aptes à bousculer autrui qu’à être délicates.
Petite Scheharazade découvrit enfin l’antre de la Fée Vivienne. Tout n’était qu’or, pourpre, originalité et glamour. Les portants or et cuivre croulent sous des volutes de tartan, de dentelle et de velours.
L’objet convoité attendait sagement en hauteur, loin de toute impureté humaine. Des doigts d’albâtre le redescendirent sur terre pour l’offrir à Petite Scheharazade.
La Princesse regagna son palais avec élégance, mais l’aumônière un peu plus légère. Ou plutôt vide. Tant pis pour les futur déjeuners, la nourriture spirituelle, c’est bien aussi, non ?
07:00 Publié dans Ma garde-robe | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vivienne westwood, sac, princesse, rose, or, haussmann, fée
dimanche, 24 août 2008
"What Ever Happened"
« Il n’y a pas de plus beau fil que celui des fileuses de lune. Au matin le soleil les ramasse sur les prés humides pour tisser sa chevelure. »
[Antoine de Marville]
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Le soleil dardant ses rayons de nouveau sur la cité grise, Petite Scheharazade décida de s’échapper de sa Caverne.
Après un lever tardif et une petite collation, la Princesse écouta les conseils de son miroir enchanté. Elle se retrouva vêtue d’un corsage neige, d’un jupon rose chamarré de pierreries et de pantoufles de poupées, les plus jolies du monde.
Ainsi parée, elle monta en carrosse, le cocher démarra en trombe et la voilà partie.
Petite Scheharazade se rendait au Bon Marché dans l’espoir de dénicher la malle de voyages parfaite pour une escapade au Japon, une équipée en Inde ou un tour du monde en caravelle.
Devant l’imposant édifice un portier souriant en costume rutilant ouvrit la porte à la Princesse. Celle-ci pénétra dans le hall immense ; un bruit confus lui parvenait tandis que de nombreuses dames virevoltaient ça et là.
La salle aux sacs recélait mille et une merveille, hélas la Princesse ne pût y découvrir ce qu’elle était venue chercher...
Petite Scheharazade n’avait point entendu les douze coups de midi sonner. Il était fort tard et la Princesse sentait comme des coups de couteaux dans son estomac. Elle s’esquiva légèrement, aussi vive qu’une biche.
Elle erra quelques temps sur les chemins avant d’aviser une auberge nippone. Elle poussa la lourde porte et y entra. Elle y fut accueillie avec des sourires et bientôt la table d’ébène se couvrit de mets fort alléchants, prompts à rassasier une Princesse affamée. Farandoles de poissons, bol de riz parfumé et tasses de thé réconfortèrent la pâle damoiselle. Le repas achevé elle remercia ses hôtes et poursuivit sa route.
Petite Scheharazade laissa son imagination vagabonder devant quelles toilettes enchantées, mais ne laissa point le démon de la dépense de la tenter.
Pour l’instant.
07:00 Publié dans Cuisine précieuse | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bon marché, princesse, toilette féerique, soulier, chevelure, restaurant japonais, sushi
vendredi, 22 août 2008
"Siffler en travaillant"

« La personnalité est la garde-robe du moi. »
[Louis Scutenaire]
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A défaut de se métamorphoser en Belle au Bois dormant en s’assoupissant au travail, Petite Scheharazade revêt l’apparence de Cendrillon lorsque l’attend le labeur en sa demeure.
Ce n’est point le gazouillis des oiseaux qui leva la Princesse de sa couche mais la complainte du réveille-matin.
En un claquement de doigts ce fut la farandole des bulles de savons, le ballet des éponges et la danse du plumeau. En un claquement de doigts le mobilier de bois étincela, les cuivres brillèrent et les miroirs reprirent la parole.
Le palais de nouveau scintillant, Petite Scheharazade se plongea dans sa garde-robe sans fond. Il s’agissait désormais de nager parmi les dentelles, les rubans, les falbalas et autres colifichets pour y substituer les toilettes jamais portées, y découvrir des pièces oubliées et … remettre un peu d’ordre sur les petites étagères.
La Princesse y (re)découvrit quelques trésors ; deux, trois corsages ébène et sang réchappés d’une œuvre du Sieur Burton, quelques petits jupons de dentelle noire et richelieus de cuir sombre. Point besoin de vider les coffres pour se concocter une nouvelle garde-robe automnale, un peu d’imagination et Cendrillon peut se rendre au bal.
Mais que faire des toilettes et des souliers déchus ? Les abandonner ? Nenni. Les jeter dans l’âtre ? Tudieu non. Petite Scheharazade se décida à les envoyer dans une Baie enchantée, là où ils feraient peut-être le bonheur d’autres damoiselles …
07:00 Publié dans Ma garde-robe | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garde-robe, tri, vente, toilette de princesse, cendrillon, belle au bois dormant, adeline galant
mardi, 19 août 2008
"La Belle au bois dormant"

« Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'Arrêt des Fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie. »
[La Belle au bois dormant, Charles Perrault]
~
Il était une fois une Princesse aux blanches mains. De longues mains pâles destinées au dessin, à l’écriture et à la peinture, parfaites pour feuilleter les pages d’un ouvrage précieux, démêler une boucle de cheveux ou saisir une tasse de porcelaine.
Par un beau matin d’hiver elle était entrée dans une boutique afin d’y gagner quelques deniers.
Or, il s’avère que les colifichets et autres falbalas exposés recèlent quelques vilénies dans leurs plis.
Pour dérouter malfrats et malandrins et autres aigrefins, les Demoiselles boutiquières sont obligées de glisser sous les dentelles de petits antivols. Petits certes mais féroces : leurs hurlements sont si stridents qu’ils paralysent d’effroi le plus petit détrousseur en puissance.
Et voilà, à cause de ces escamoteurs de lingeries – soyez maudits jusqu’à la trente-troisième génération – Petite Scheharazade pique, pique et repique chaque article, le coiffant d’un minuscule chapeau blanc. Or plus d’une fois ces petites piqures entaillent les mains de la Princesse ; alors quelques gouttes de vermeil perlent parfois sur ses doigts blancs.
Que Madame la gérante ne s’étonne donc point si un beau matin elle découvre Petite Scheharazade plongée dans un profond sommeil : ce ne sera point de sa faute, mais celle des malandrins.
07:00 Publié dans Moi, Je & mon égoïsme | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la belle au bois dormant, perrault, edmund dulac, princesse, blanches mains, gouttes de sang, vermeil
vendredi, 15 août 2008
"When Mermaids Cry"
« Le travail est nécessaire pour l’Homme. Il en a inventé le réveille-matin. »
[Pablo Picasso]
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Et voilà. Petite Scheharazade est revenue en son palais. Revenue du pays des ancêtres avec ses toilettes en désordre dans son sac de voyage, ses souliers plein de poussière et le teint toujours aussi laiteux. Elle n’est point princesse pour rien !
Et voilà. Petite Scheharazade est de retour dans la boutique. Une boutique bien déserte cependant. Plus de harpie soif de soldes, plus de colifichet en désordre. Toute fanfreluche se doit d’être alignée, rangée, ordonnée, pas un centimètre de ruban ne doit dépasser, pas une once de guipure ne doit folâtrer hors des portants. Tudieu ! Mais je suis une artiste moi Madame pas une géomètre.
Et voilà. Chaque matin, la Princesse dégaine son petit agenda de cuir vermeil, glisse ses mains dans les délicats gants en dentelle de sa Grand-Mère, et dissimule ses prunelles derrière des lunettes de poupée.
Et le sourire aux lèvres elle s’en va gagner quelques deniers ; trois, quatre écus d’or en échange de quoi elle pourrait acquérir ouvrages rares, toilettes de bal et autres frivolités.
Et voilà. Le luxe a un prix, les vacances aussi.
20:00 Publié dans Ma garde-robe | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : job, retour, agenda moleskine, gants mariage rétro 50's, lunettes soleil burberry, lunettes poupée sweet lolita
mercredi, 06 août 2008
"La Princesse-Grenouille"
‘Pendant qu'Ivan dormait, la princesse quitta sa peau de grenouille et se transforma aussitôt en une belle jeune fille. Elle ouvrit la fenêtre et vit une araignée qui tissait sa toile dans l'embrasure. Elle demanda:
« Araignée de la nuit,
S'il te plaît, donne- moi
Un peu de ton fil de soie. »
Et l'araignée lui donna du fil de soie. Puis elle dit à la lune :
« Lune de printemps
S'il te plaît, donne-moi
Un rayon d'argent. »
Et la lune lui donna un rayon d'argent. Puis la princesse-grenouille prit des fleurs dans un vase et avec tout cela elle tissa un tapis.’
[La Princesse Grenouille, Folklore russe]
~
Il était une fois une Petite Scheharazade qui s’en allait quelques jours dans un royaume lointain, un royaume aux mille églises et aux demeures moyenâgeuses, la terre de ses ancêtres.
Pour le voyage en carrosse rien de mieux qu’un beau et vieux livre de contes ; un de ces livres qui s’ouvre comme par enchantement, un de ces livres dont les pages se tournent seules dans un nuage de poudre scintillante, un de ses livres qui aiment vous conter ce qu’ils dissimulent.
En ces temps où le soleil luit avec abondance, il est agréable de se rafraîchir en esprit et de s’envoler dans la toundra enneigée. Rien de mieux que d’anciennes histoires russes qui parlent de grenouille, de magicienne, de princes et de princesses pour s’évader le temps d’un voyage …
Ici le Prince n’est point grenouille, mais s’il rechigne à embrasser sa promise verte l’hyménée est quand même célébré.
Ventre Saint Gris ! Monseigneur Disney a transposé l’histoire d’une drôle de façon ! Plouf !
07:00 Publié dans Théâtre, Etrange Lucarne & Cabaret | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la princesse grenouille, the frog princess, disney, conte, princesse, carrosse, folklore russe.
samedi, 02 août 2008
" Le Train Bleu " Part III
« Le luxe est le pain de ceux qui vivent de brioche. »
[André Suarès]
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Chapitre III : Le luxe
Pour Petite Scheharazade & ses acolytes, les orgies de plage ne sont pas tout. Cannes, c’est aussi synonyme de luxe et volupté.
Le soir venu, les jeunes gens rangeaient huile solaire, maillots de bain et nu-pieds et sortaient toilettes glamour, lunettes de soleil, adorables souliers et petits sacs. Les demoiselles s’installaient dans le cabriolet gris, tandis que leur chauffeur se glissait derrière le volant. Et c’est les vitres ouvertes pour laisser passer la brise marine, la musique hurlant et les cheveux flottant au vent que les jeunes gens partaient s’encanailler sur la croisette.
La croisette, une porte vers le monde du luxe et du rêve. Et pour preuve.
Quel luxe suprême que de défiler à minuit sur la croisette sous les spots colorés, le long des plages privées.
Quel luxe suprême que d’aller admirer les yachts amarrés là et se demander lequel serait parfait pour une croisière.
Quel luxe suprême que de déguster à minuit, sur la croisette, sous les palmiers, un magnum à la noix de coco.
Quel luxe suprême que de choisir quelle toilette de bal siérait à une Princesse telle que soi. Alors, une robe Dior couleur firmament ou bien un fourreau Yves Saint Laurent pourpre ? Dilemme cornélien.
Et c’est grisée au Champagne, la tête pleine d’étoiles que Petite Scheharazade s’endormit pour sa dernière nuit à Cannes. Le lendemain, elle se réveilla dans son palais où le quotidien semblait ne point l’avoir oubliée. La Princesse avait-elle rêvé cette belle escapade au Pays des parfums, de la mer et du soleil ?
Seuls souvenirs tangibles prouvant à Petite Scheharazade que cette folle équipée ne fut point un songe : quelques grains de sable s’échappant de son sac et … une facture salée.
Mais c’était Cannes.
[Fin]
07:00 Publié dans Un tour de carrosse | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cannes, croisette, luxe, yachts, magnum, noix de coco, dior













