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mercredi, 30 juillet 2008

" Le Train Bleu " Part II

 

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« L’intention des parfums est de produire un effet enivrant et séduisant. »

 

 

[Patrick Süskind, Le Parfum]

 

 

 

 

~

 

 

 

Chapitre II : Au pays des parfums

 

 

 

 

 

Cannes enfin. Petite Scheharazade semblait revivre. La brise chaude qui soufflait apportait un parfum de sable et de sel. La Princesse était prête pour un weekend snob.

Sur le quai l’attendaient deux de ses amis. Tous ces jeunes gens grimpèrent dans le cabriolet gris qui stationnait non loin de là. Le weekend pouvait commencer.

 

 

 

C’est avec la chevelure flottant au vent, les lunettes noires sur les yeux et la musique la plus bruyante possible, que la joyeuse bande filait à toute allure dans les rues de Cannes. Différents arômes se bousculaient et tourbillonnaient dans le vent, s’emmêlant dans les narines des passagers avant de s’évanouir brusquement. Il y avait là de doux effluves sucrés qui rappelaient les gaufres et les crêpes ; la fragrance de la vanille se mêlait à l’odeur piquante de la mer tandis que le soleil luisait sur le pare-brise.

Arrivés au logis, les jeunes gens entrèrent avec éclats de rire et plaisanteries sous les yeux médusés des voisins. Petite Scheharazade déposa son sac, dégusta un petit déjeuner sucré au parfum de pomme et d’ananas, le tout arrosé de thé puis fit de rapides ablutions. Enfin, c’est parée de blanc et d’azur qu’elle suivit la joyeuse petite bande qui remontait déjà en voiture.

 

 

 

La petite voiture bondissait sur les petites routes du sud où l’odeur de la lavande la disputait à celle du goudron.  Peu après, Petite Scheharazade et les trois joyeux drilles s’arrêtèrent dans la ville qui avait vu naître le talentueux Jean-Honoré Fragonard (Frago pour les intimes) : Grasse.

Les quatre compères s’immiscèrent dans le groupe qui débutait la visite d’une célèbre parfumerie. Même si la Princesse connaissait déjà les arcanes et les secrets des ateliers Fragonard, elle redécouvrit avec délices les étapes de cette curieuse alchimie qui métamorphose de simples fleurs de jasmin en divin et coûteux élixir. L’air lourd était chargé de multiples effluves, jasmin, roses de mai, verveine et fleurs d’oranger macéraient dans l’alcool, tandis que des savons multicolores en forme d’œuf ne cessaient de croître et de remplir de petits coffrets de cartons. Alambiques de cuivre, concrètes, absolues, nez, orgue à parfums, tout semblait se mélanger pour aboutir au résultat final ; quelques gouttes d’un précieux nectar digne des dieux.

 

 

 

A l’heure du déjeuner, ce fut les papilles qui se régalèrent avec un déjeuner gastronomique sur l’herbe, sous un ciel bleu et un soleil ardent au milieu de nulle part. Tandis que les verres se remplissaient de vin de Champagne, les assiettes se garnissaient de melons savoureux, d’exquise terrine d’aubergines, de comté parfumé et délicieusement piquant, de délectable tartes aux fraises et de délicieuses tartes aux pommes. Le festin fini, les jeunes gens rejoignirent le bolide gris direction Cannes et la plage.

 

 

 

 

                                                               [A suivre]

 

lundi, 28 juillet 2008

"Le Train Bleu"

 

 

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« Ce train de luxe où ne se côtoient que des gens aux comptes en banque bien fournis, et qui fuient les brumes anglaises pour le soleil de la Côte d’Azur. »

 

[Agatha Christie, Le Train Bleu]

 

 

~

 

 

 

Il était une fois une Petite Scheharazade qui avait réussi à obtenir deux jours de liberté. Loin de la boutique, loin des harpies vociférantes, loin des exigences de Madame la Responsable. Et lorsqu’une Demoiselle de qualité est (enfin) libre, elle s’envole bien vite au Pays du soleil, des palmiers et de la mer, là où les yachts font des concours d’extravagance, là où les casinos fleurissent comme des roses. Bref, elle s’évade vers la Côte d’Azur.

 

 

 

Chapitre I : Le Train Bleu

 

 

Amoureuse de la Côte d’Azur depuis ses six printemps, Petite Scheharazade marchait sur un petit nuage lorsqu’elle sut qu’elle descendrait au soleil pour deux jours exquis. Délaissant son Tapis Volant – qui préférait mille fois mieux rester dormir au Palais – la Princesse jeta son dévolu sur le Train Bleu, train mythique adopté par le grand Hercule lui-même. Le plus difficile fut de composer son sac de voyage. Quels effets emporter ? Deux jours c’est court, mais en même temps il ne fallait rien omettre. Tudieu ! Cela demande moult réflexion. Dans son grand sac, Petite Scheharazade jeta bikini rose et noir, corsages blanc, pantalon et short vichy, nu-pieds rose bonbon, jupon blanc, lunettes de soleil  savon à la rose de Grasse, shampoing au henné pour embellir sa chevelure de sirène, crème parfumée et solaire pour protéger sa peau laiteuse, colliers en bois et en turquoise, lunettes de soleil pour rester incognito, et moult autres effets.

 

 

Le soir venu, Petite Scheharazade s’enfuyait rapidement de l’échoppe, un lourd sac en bandoulière en direction de la gare. Là, munie de son précieux sésame elle attendit que le Train Bleu arrive à quai. De longues minutes s’écoulèrent quand – enfin – Petite Scheharazade put pénétrer dans la voiture réservée à son attention. La Demoiselle déposa ses effets et s’installa aussi confortablement qu’elle le pouvait dans son fauteuil, ouvrit un ouvrage britannique tout en se laissant bercer par la musique.

 

 

Après les injonctions du chef de gare, le Train Bleu s’ébranla et quitta la gare  dans un fracas métallique. Petite Scheharazade en profita pour observer ses compagnons de voyage. Il y avait là trois voyageuses nippones tout en pépiements et rires ; un couple d’âge moyen dont la femme souhaitait déjà changer de place ; une femme à l’allure insolite qui semblait familière de ce genre de voyage ; quelques jeunes gens négligés ; et d’autres personnes. Laquelle d’entre elles pouvait-elle dissimuler de noirs desseins ? Laquelle pouvait-elle être une victime ?

La nuit promettait d’être fort longue. Les paupières de Petite Scheharazade se fermèrent toute seule et elle se laissa glissa dans un sommeil sans songe, bercée par les cahots  du train.

 

 

Soudain, à minuit le Train bleu stoppa net au milieu de nulle part. Les sens plus ou moins en éveil, Petite Scheharazade ouvrit les yeux. La voiture baignait dans une lumière glauque, les passagers étaient assoupis sur leur siège. Quelqu’un avait-il tiré le signal d’alarme ? Un meurtre avait-il eu lieu ? Hercule Poirot et ses petites cellules grises allaient-il surgir pour nous faire avouer nos turpitudes et nos secrets ?

Hélas, point de tout ceci. Le Train Bleu s’ébranla de nouveau pour continuer sa course dans la nuit noire. Petite Scheharazade tenta de se rendormir, les membres engourdis de froid. Dans la clepsydre, l’eau semblait s’écouler lentement comme si le temps semblait s’allongeait. Le sommeil de la Princesse était peuplé d’ombres et de soupirs, entrecoupé de réveils et de somnolence.

 

 

Lorsque le jour commença à poindre à l’horizon, Petite Scheharazade ouvrit définitivement ses prunelles, se recoiffa et découvrit avec délice le paysage qui défilait ; le soleil qui miroitait dans une mer azur, des palmiers verdoyant et un habitat ocre.

 

 

Enfin, le Train Bleu ralentit, entra en gare, déversa son flot de voyageurs sur le quai. Parmi eux se trouvait Petite Scheharazade. La Demoiselle ramassa son sac et leva les yeux. Le nom de la gare scintillait devant elle. Il tenait en un seul mot : Cannes.

 

 

 

 

[À suivre]

 

mardi, 22 juillet 2008

Précieuse amulette

 

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« De mille chagrins l’âme pleine,

Elle alla trouver sa Marraine,

Loin, dans une grotte à l’écart

De Nacre et de Corail richement étoffée.

C’était une admirable Fée

Qui n’eut jamais de pareille en son Art. »

 

[Peau d’Âne, Perrault]

 

 

~

 

 

 

Il était une fois Petite Scheharazade qui avait non pas une Marraine –Fée, mais un Parrain-Magicien. Eh quoi, mesdemoiselles Cendrillon, Petite Sirène & compagnie dissimulent dans leur grenier, masure ou demeure océane l’indispensable Marraine qui, d’un coup de baguette magique, fait pleuvoir  carrosse, toilette féerique et pantoufle de verre. La Marraine de Petite Scheharazade quant à elle s’était évanoui il y avait fort longtemps. Le rôle de Fée était-il si contraignant ? Tant pis. Petite Scheharazade n’en a cure. Elle a un Parrain-Magicien. Na !

 

 

 

Le dernier présent précieux qu’il offrit à Petite Scheharazade est une amulette grecque.

Un simple ruban de satin ébène enserre un médaillon d’argent qui luit au soleil. Parfait pour repousser les esprits malins et les hideuses harpies de la boutique !

 

mardi, 15 juillet 2008

" Ma vie de Geisha "

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« Etre Geisha, c’est être appréciée comme une œuvre d’art vivante. »

 

 

[Mémoires d’une Geisha]

 

 

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Il était une fois une Petite Princesse qui, en attendant de s’envoler au Pays du Soleil Levant, apportait une touche nippone à son palais.

 

 

Les papilles et les sens gustatifs de la Princesse étaient comblés par des mets raffinés que lui concoctaient divers maîtres queux. Ce n’était que farandoles de poisson et bols de riz fumant, douces confiseries et litres de thé apportés sur des plateaux de bois.

Un bol de porcelaine avait remplacé son assiette, des baguettes laquées s’étaient substituées à la fourchette et au couteau et les tasses ont pris la place des verres.

 

 

Petit Frère Adoré – n’écrivait non pas des haïkus pour son Aînée vénérée mais  – lui avait trouvé une gazette dédié au Pays des Samouraïs, des Geisha & des Manga. Parfaite pour se rendre à Edo boire un thé, ou accompagner une Sweet Lolita faire ses emplettes à Tokyo.

 

 

Dans la salle des ablutions trônaient moult fards et onguents de Geisha. Des senteurs de magnolia, d’orchidée et de lait faisaient de la petite pièce un havre de paix où l’esprit s’envolait au Pays des songes.

 

 

Tandis que Petite Scheharazade enfilait ses socques et se versait une énième tasse de thé, elle recomptait ses pièces d’or en vue de son futur voyage au Japon.

- Mieux que Vishnu, Petite Scheharazade est capable de faire tout ça à la fois ! -

 

jeudi, 10 juillet 2008

" Into the Well "

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Il était une fois une Princesse d'humeur bien sombre ; tout éclat avait quitté ses grands yeux. Deux mauvaises fées s’étaient invitées dans son palais et, depuis ne cessaient de la tourmenter. L’odieuse Anxiété et la démoniaque Fatigue lui susurraient les plus funestes présages. La Princesse était prête à tomber dans la plus terrible des apathies, sa bonne étoile même semblait avoir disparu.

 

 

 

Pourtant un soir, une petite étincelle de gaieté s’alluma en tremblotant. Un fruit enchanté –rouge, brillant, juteux à souhait – emporta Petite Scheharazade au Pays d’Andalasia, là où les fleurs parent la chevelure des demoiselles ; là où les plus belles des toilettes se confectionnent en une nuit ; là où on terrasse les dragons et autres vilénies avec une épée.

 

 

Pour s’évader quelques instants point besoin de plonger dans une bouche d’égout …

samedi, 05 juillet 2008

" Tokyo Nights "

 

 

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« Que n'ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum!
 »


[Shoha]

 

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Le soir après les représentations le travail, Petite Scheharazade et la troupe d’artiste s’en allaient faire ripaille.

Les agapes ne sont que plus délectables lorsqu’elles sont nippones. Pour décor, de grandes tables de bois brut, des geisha & samouraï qui paradent sur les estampes accrochées aux murs et des branches de cerisiers qui ornent les alcôves.

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Comme par enchantement la table fleurit de mille & un mets délicieux voguant sur des petites barques ; soupe miso, crudités, sushi et sashimi. Le thé brûlant laissait échapper des volutes de fumées et le saké chaud faisait des clapotis dans les petites coupes.

Au dessert tandis que les convives savouraient divers sorbets glacés, Petite Scheharazade découvrait avec délice le yõkan, cette fine et savoureuse douceur à la pâte de haricot rouge azuki. Ce péché de gourmandise fond sur le palais et fait s’envoler les sens au Paradis de la Friandise …

 

Il ne reste plus qu’à la Princesse à alimenter son Album de Cuisine de Fées.

 

mercredi, 02 juillet 2008

L'art de la gravure.

 

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« Dessiner suspend la pensée. »

[Jacques Herzog]

 

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Les plumes & les parchemins envahissent le bonheur-du-jour de Petite Scheharazade. Compagnons idéaux pour concocter de jolies épîtres ou de simples esquisses, ils sont indispensables à la Princesse.

 

 

Or, lors de ces quelques jours de vie d’artiste labeur, Petite Scheharazade a eu l’opportunité de s’essayer à la gravure. Point de papier, mais une plaque de métal. Point de plume, mais une sorte de poinçon. Mais, si tracer arabesques et dessins ondulant est fort aisé à la plume, il en va autrement avec un poinçon. Tudieu ! L’expérience est plus ardue.

 

 

Finalement, Petite Scheharazade obtint un petit portrait sur parchemin tout droit sorti de son imagination …

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