« Précieuse amulette | Page d'accueil | " Le Train Bleu " Part II »

lundi, 28 juillet 2008

"Le Train Bleu"

 

 

Tahiti.jpg

 

 

« Ce train de luxe où ne se côtoient que des gens aux comptes en banque bien fournis, et qui fuient les brumes anglaises pour le soleil de la Côte d’Azur. »

 

[Agatha Christie, Le Train Bleu]

 

 

~

 

 

 

Il était une fois une Petite Scheharazade qui avait réussi à obtenir deux jours de liberté. Loin de la boutique, loin des harpies vociférantes, loin des exigences de Madame la Responsable. Et lorsqu’une Demoiselle de qualité est (enfin) libre, elle s’envole bien vite au Pays du soleil, des palmiers et de la mer, là où les yachts font des concours d’extravagance, là où les casinos fleurissent comme des roses. Bref, elle s’évade vers la Côte d’Azur.

 

 

 

Chapitre I : Le Train Bleu

 

 

Amoureuse de la Côte d’Azur depuis ses six printemps, Petite Scheharazade marchait sur un petit nuage lorsqu’elle sut qu’elle descendrait au soleil pour deux jours exquis. Délaissant son Tapis Volant – qui préférait mille fois mieux rester dormir au Palais – la Princesse jeta son dévolu sur le Train Bleu, train mythique adopté par le grand Hercule lui-même. Le plus difficile fut de composer son sac de voyage. Quels effets emporter ? Deux jours c’est court, mais en même temps il ne fallait rien omettre. Tudieu ! Cela demande moult réflexion. Dans son grand sac, Petite Scheharazade jeta bikini rose et noir, corsages blanc, pantalon et short vichy, nu-pieds rose bonbon, jupon blanc, lunettes de soleil  savon à la rose de Grasse, shampoing au henné pour embellir sa chevelure de sirène, crème parfumée et solaire pour protéger sa peau laiteuse, colliers en bois et en turquoise, lunettes de soleil pour rester incognito, et moult autres effets.

 

 

Le soir venu, Petite Scheharazade s’enfuyait rapidement de l’échoppe, un lourd sac en bandoulière en direction de la gare. Là, munie de son précieux sésame elle attendit que le Train Bleu arrive à quai. De longues minutes s’écoulèrent quand – enfin – Petite Scheharazade put pénétrer dans la voiture réservée à son attention. La Demoiselle déposa ses effets et s’installa aussi confortablement qu’elle le pouvait dans son fauteuil, ouvrit un ouvrage britannique tout en se laissant bercer par la musique.

 

 

Après les injonctions du chef de gare, le Train Bleu s’ébranla et quitta la gare  dans un fracas métallique. Petite Scheharazade en profita pour observer ses compagnons de voyage. Il y avait là trois voyageuses nippones tout en pépiements et rires ; un couple d’âge moyen dont la femme souhaitait déjà changer de place ; une femme à l’allure insolite qui semblait familière de ce genre de voyage ; quelques jeunes gens négligés ; et d’autres personnes. Laquelle d’entre elles pouvait-elle dissimuler de noirs desseins ? Laquelle pouvait-elle être une victime ?

La nuit promettait d’être fort longue. Les paupières de Petite Scheharazade se fermèrent toute seule et elle se laissa glissa dans un sommeil sans songe, bercée par les cahots  du train.

 

 

Soudain, à minuit le Train bleu stoppa net au milieu de nulle part. Les sens plus ou moins en éveil, Petite Scheharazade ouvrit les yeux. La voiture baignait dans une lumière glauque, les passagers étaient assoupis sur leur siège. Quelqu’un avait-il tiré le signal d’alarme ? Un meurtre avait-il eu lieu ? Hercule Poirot et ses petites cellules grises allaient-il surgir pour nous faire avouer nos turpitudes et nos secrets ?

Hélas, point de tout ceci. Le Train Bleu s’ébranla de nouveau pour continuer sa course dans la nuit noire. Petite Scheharazade tenta de se rendormir, les membres engourdis de froid. Dans la clepsydre, l’eau semblait s’écouler lentement comme si le temps semblait s’allongeait. Le sommeil de la Princesse était peuplé d’ombres et de soupirs, entrecoupé de réveils et de somnolence.

 

 

Lorsque le jour commença à poindre à l’horizon, Petite Scheharazade ouvrit définitivement ses prunelles, se recoiffa et découvrit avec délice le paysage qui défilait ; le soleil qui miroitait dans une mer azur, des palmiers verdoyant et un habitat ocre.

 

 

Enfin, le Train Bleu ralentit, entra en gare, déversa son flot de voyageurs sur le quai. Parmi eux se trouvait Petite Scheharazade. La Demoiselle ramassa son sac et leva les yeux. Le nom de la gare scintillait devant elle. Il tenait en un seul mot : Cannes.

 

 

 

 

[À suivre]

 

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://lacavernedescheharazade.hautetfort.com/trackback/1720820

Commentaires

tombé par hasard sur ton blog...
tres sympa
bonne continuation !
A+

Ecrit par : Ibid Norio | lundi, 28 juillet 2008

Ibid Norio : Merci beaucoup^^

Ecrit par : Scheharazade | lundi, 28 juillet 2008

ahlala, quelle belle histoire, je vois très bien les palmiers.
La suite ?

Ecrit par : modelshop | lundi, 28 juillet 2008

Oui, il y a une suite. Patience^^

Ecrit par : Scheharazade | lundi, 28 juillet 2008

ça me fait penser à une version féérique des documentaires "des trains pas comme les autres" ...
bisous!

Ecrit par : Mam'zelle Poupée | lundi, 28 juillet 2008

j'aime ton récit qui me fait voyager!

Ecrit par : lilia | lundi, 28 juillet 2008

Merci de ton passage sur mon blog et merci de ton commentaire :)
Tu sais toujours raconté tes histoires avec cette féérie.
Et la suite...

Ecrit par : fërykat | lundi, 28 juillet 2008

j'adore ton petit roman ça donne vraiment envie de savoir la suite. en plus je découvre un Hercule Poirot que je ne connaissais pas visiblement .
en tout cas profites en (moi rien, nada, que dale niveau vacances!!!!!!!!!)

Vivement la suite!!!!!!!!!

Ecrit par : coming soonn | lundi, 28 juillet 2008

profites bien de tes quelques jours de liberte!!!

PS : j'adore lire tes histoires!

Ecrit par : lilli | lundi, 28 juillet 2008

Mam'zelle Poupée : ah oui, tiens^^ kisuu

lilia : merci^^

fërykat : de rien^^ La suite vient bientôt, je vous laisse déjà savourer cette première partie^^

coming soonn : he, he, he, elle arrive. Cet Hercule Poirot est pas mal, lis le il a un parfum de vacances^-^ chuuu
Ce n'était pas des vacances, plutôt un weekend, mais ça fait plaisir quand même après le boulot ! chu

lilli : merci, c'est gentil ^^

Ecrit par : Scheharazade | lundi, 28 juillet 2008

oh, tu étais tout près de chez moi !! ;)

Ecrit par : Steph | mardi, 29 juillet 2008

J'attends la suite, alors...
Bisous

Ecrit par : Ephemeria | mardi, 29 juillet 2008

Merci pour ton passage chez moi :)

J'aime bien comme tu racontes les choses, c'est sympa. Et ça me rappelle que ce week-end moi aussi je pars 3 jours au sud de la France, youhou! ;)

Ecrit par : crazy li | mardi, 29 juillet 2008

Oh, vivement la suite!
Tu es sûre de ne pas avoir aperçu notre cher Hercule?
Bon séjour et ramène nous des photos :)
Bises.

Ecrit par : lili | mardi, 29 juillet 2008

Ah.. Cannes, ca me rappelle de tres bons souvenirs!
Et j'adore quand tu ecris "Tudieu", je t'imaginerais presque en train de le dire.. ;)
En tous cas, merci de nous faire partager ce voyage avec toi!

Ecrit par : Oopsgal | mardi, 29 juillet 2008

Steph : Ah oui ? La prochaine fois, si je reste plus longtemps je te rendrai visite !^^

Ephemeria : he, he, he. chu

crazy li : bon séjour alors !^-~

lili : mmm qui sait ... Oui, il y a des photos à venir^^

Oopsgal : lol, j'aime bien cette expression. Elle est savoureuse !^^ kisu

Ecrit par : Scheharazade | mardi, 29 juillet 2008

Super une escapade à Cannes !
je deteste les trains de nuit , j'ai peur , je suis incapable de dormir , j'ai peur qu'on vole toutes mes affires , j'ai l'impression de ne rien contrôler
je reviens lire la suite ..

Ecrit par : Jeanne | mardi, 29 juillet 2008

Jeanne : C'est la première fois que j'en prenais un. J'ai plutôt somnolé vu que ce n'était pas très confortable. Mais j'avais mon sac à main près de moi^^

Ecrit par : Scheharazade | mardi, 29 juillet 2008

Le train bleu, je ne vois pour moi que le TGV, hélas ...
Si il y en a un autre je veux le prendre !!

Ecrit par : rosemary | mercredi, 30 juillet 2008

J'espère que tu as passé un bon séjour là-bas... bon, c'est assez fric mais on peut aller se baigner simplement. Bon dimanche.

Ecrit par : elisabeth | dimanche, 17 août 2008

Ecrire un commentaire

 
The Princess Code