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samedi, 03 juillet 2010

La guerre ?

 

 

 

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« La jungle vestimentaire de la réserve [était] une sorte d’usine virtuelle comme celle de Willy Wonka, mais pour fashionistas. »

 

[Lauren Weisberger]

 

 

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Cest la guerre. Le théâtre des affrontements prend les allures d’une petite boutique bien proprette. En temps de paix, les fanfreluches de soie reposent élégamment sur des présentoirs de bois. Les Petites Mains virevoltent allègrement entre les portants, petits soldats en jupons, prêtes à servir l’aimable clientèle. L’ensemble n’est qu’une débauche de couleurs, de propreté et d’harmonie.

 

Mais, aujourd’hui c’est la guerre. L’échoppe est un champ de bataille dévasté : les étagères sont chancelantes, les portants  sont bousculés, les piles de vêtements autrefois savamment ordonnées gisent à terre. L’harmonie s’est muée en pagaille. On ne voit point de bataillons de soudards armés mais des hordes de harpies qui vocifèrent. Nul guerrier ne s’affrontent à l’épée mais des mégères se crêpent le chignon. Comme arme, point de lance, point de sabre, point de bouclier mais des ongles acérés, des mains hargneuses et des talons pointus. On n’entend aucune exhortation virile, aucun cor de chasse, mais plutôt des cris stridents entrecoupés d’invectives rageuses. A terre, aucun cadavre ne gît, mais des lambeaux d’étoffe et quelques souliers perdus côtoient des prises de guerre. Les butins se composent de soie, de dentelle et autres colifichets. Là où il y avait ordre, harmonie et beauté se trouvent désormais confusion, chaos et désordre.

 

« Mais c’est une révolte ?

- Non Madame. Ce sont les soldes. »

 

dimanche, 27 juin 2010

"Partir là-bas"

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« Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une œuvre d'art. »


[Le voyage de Condottière, André Suarès]

 

 

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La ville rutilait sous les ors flamboyant de l’astre solaire. Les pavés brillants réfléchissaient des images incertaines, tels des miroirs de pierre. L’asphalte brûlant exhalait une odeur âcre et doucereuse. Les grands arbres quant à eux, tordaient leurs branches décharnées vers l’astre incandescent, tandis que leurs racines se tortillaient au sol à la recherche d’une goutte d’eau. Partout l’atmosphère était moite et la cité semblait vivre au ralenti.

 

 Petite Scheharazade soupira en regardant le spectacle qui s’offrait à elle. Les hordes de pachydermes aussi rustiques qu’inélégants avaient de nouveau envahi la sacro-sainte piscine bien vide cet hiver. L’élégant ballet aquatique s’était mué en une inesthétique cacophonie. Tant pis. Prenant garde de ne pas envoyer par le fond quelques néophytes loquaces, la Demoiselle plongea dans l’eau fraîche pour une course revigorante. Il suffisait d’imaginer que l’eau chlorée devenait salée, que les perches se métamorphosaient en palmiers et que le dallage glissant était du sable chaud. C’était dans ces moments là que des désirs d’évasion vers des horizons lointains lui prenaient…

 

Dehors, la ville paraissait toujours assoupie sous sa couverture chauffante.

jeudi, 10 juin 2010

Fête foraine

 

 

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« Si on s'apercevait que la terre tourne, les manèges feraient faillite. »

 

[Mafalda, Quino]

 

 

 

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C’est un monde coloré où tourbillonnent décadence et naïveté.

 

 

Le mur semblait parcourir plusieurs lieux.  Il serpentait sinueux, zigzagant autour des arbres. Dans l’enceinte qu’il formait on voyait se dresser d’étranges bicoques aux toits bariolés de rouge, de jaune, parfois de vert. D’immenses chapiteaux rouges et blancs paraissaient vouloir concurrencer la cime des frondaisons dans la course au firmament. Du dehors parvenaient des bruits sourds. Parfois un cri strident déchirait l’air. Puis, les rumeurs assourdissantes reprenaient de plus belle.

 

 

Le mur s’ouvrait en un seul endroit, sorte de petite cicatrice zébrant cette enceinte parfaite. Deux grilles noires marquaient la porte vers cet autre monde. Devant elles, deux cerbères se tenaient droits et l’œil peu amène. L’un bombait le torse tandis que son comparse scrutait l’horizon, comme pour mieux y distinguer les minuscules silhouettes qui s’y dessinaient. Petite Scheharazade jeta un coup d’œil discret à son compagnon. Celui-ci conservait un visage impassible. Il passa devant les deux cerbères et franchit la grille. Pas un ne cilla. La Demoiselle inspira puis, bien vite, passa elle aussi devant les deux sentinelles et pénétra à son tour dans l’enceinte.

 

 

C’est un monde bigarré où tourbillonnent décadence et naïveté.

 

 

C’était un univers débridé, grotesque et chamarré qui s’offrait aux yeux avides des nouveaux venus. Les baraques de carton-pâte rivalisaient de couleurs criardes alors que des montagnes de fer se disputaient l’honneur de posséder les méandres les plus tortueux. De petits wagonnets étincelants transportaient les quidams. Mais parfois c’était d’étranges chevaux au sourire figé qui assuraient le voyage.  Un manoir biscornu dressait ses abracadabrantes tours vers l’azur. Sur son parapet on pouvait voir de curieuses créatures aussi cocasses qu’ensanglantées, bien qu’il sembla à Petite Scheharazade qu’elles tentaient d’être effrayantes.

Le bruit sourd que l’on percevait au-dehors était un mélange de clameurs, de cris, de rire et de ce qui essayait de ressembler à de la musique. L’air embaumait le sucre chaud, le chocolat, la cannelle et la sueur. Une faune hétéroclite ondoyait entre les  différentes cahutes. Une femme échevelée, les jambes en peau de serpent, s’échappa d’une masure en vociférant. Plus loin, un gorille de série B tentait d’attraper les imprudents qui passaient à sa portée.

 

 

Dans cet univers fantasque, Petite Scheharazade glissait légère, un sourire aux lèvres, une gaufre chocolatée à la main. Pour quelques heures, elle se laissa submerger par cette folle effervescence.

 

 

C’était un monde coloré où tourbillonnaient décadence et candeur.

lundi, 07 juin 2010

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« On ne meurt pas d’une overdose de rêve. »

 

[Grégoire Lacroix]

 

 

 

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Dans vos songes enfantins sommeillent certainement quelque grand dragon disgracieux ou quelque hideuse hydre. Tapis dans les méandres des souvenirs ils patientent, assoupis, les yeux mi-clos et les naseaux quasi frémissants. Ils se délectent d’avance des craintes nocturnes de leur hôte puisqu’ils pourront alors déployer leur abjecte carcasse et faire renaître les terreurs d’autrefois. 

 

 

Pour l’heure, ce n’était point une chimère onirique que devait affronter Petite Scheharazade mais une créature bien plus vile. Dépourvue de corps apparent, mais tout aussi mauvaise, elle avait trouvé refuge dans l’ordinateur de la demoiselle. De petites bacilles s’étaient infiltrées jusqu’au disque dur, se frayant un chemin dans le labyrinthe alambiqué des composants électroniques.

Jour après jour la machine tressautait, toussotait, crachotait. De la fumée semblait s’échapper de chacun de ses orifices. Parfois de violentes secousses s’emparaient d’elle ; elle s’éteignait alors dans un râle discordant. Faire usage de l’ordinateur s’avéra dès lors une tâche fort ardue. Il fallait tantôt cajoler, tantôt fulminer, tantôt implorer. Parfois le bougre paraissait bien en point et puis perfidement, il crachotait puis s’éteignait.

 

 

Enfin, après de longues lunes de lutte, Petite Scheharazade parut dompter le Malin. Les supplices qui tourmentaient la machine semblèrent s’apaiser peu à peu. La Demoiselle put reprendre sa plume virtuelle et poursuivre son labeur de conteuse.

 

22:24 Publié dans Toile d'araignée | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : retour

mercredi, 03 mars 2010

Happy Birthday

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«Il l'a bâti. Et quel palais ! Il avait une centaine de chambres et tout y était en chocolat, tantôt clair, tantôt sombre ! Les briques étaient en chocolat, le ciment qui les faisait tenir était en chocolat, les fenêtres étaient en chocolat et tous les plafonds étaient faits de chocolat ; ainsi que les tapis, les tableaux, les meubles et les lits ; et quand on ouvrait les robinets de la salle de bain, il en coulait du chocolat chaud. »

 

[Charlie & la chocolaterie, Roald Dahl]

 

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Le Troisième jour du Troisième mois Petite Scheharazade prend de la hauteur.

 

Elle enfile ses vertigineux souliers en chocolat ; les trois brides enserrent son pied et les petites boucles d’or scintillent un moment. La voilà parée pour entamer avec majesté sa  journée. Mais avant,  elle croque dans un morceau de chocolat crémeux tout droit sortit de la fabrique du Sieur Willy Wonka. Anniversaire ou pas elle adore ça.

 

Et c’est l’esprit dans les nuages et la tête dans les éthers que Petite Scheharazade entra dans sa nouvelle année.

Et c'est la démarche flottante que Petite Scheharazade célèbre Hinamatsuri.